JMJ 2011 à Madrid

Présentation

Je présente ici les JMJ 2011, auxquels j'ai la chance de participer, avec le groupe Los Locos de Dios qui rassemble des membres de plusieurs aumôneries, dont celles de l'Université Catholique et de Villeneuve-d'Ascq. Le diocèse de Lille envoie plus de 750 jeunes, soit 11 autocars !

Préparation

Samedi 8 janvier

L'aumônerie des étudiants de Villeneuve-d'Ascq organise un concert de préparation des JMJ à l'église Notre-Dame-de-la-Nativité de Villeneuve-d'Ascq.

Concert de l'Épiphanie à l'église Notre-Dame-de-la-Nativité de Villeneuve-d'Ascq.

Samedi 16 avril

À l'occasion de la fête des Rameaux, l'aumônerie des étudiants de Villeneuve-d'Ascq organise un second concert de préparation, à la cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille de Lille.

Concert des Rameaux à la cathédrale de Lille.

Jeudi 2 juin

En cette fête de l'Ascension, le diocèse de Lille organise la Marche du Grand Vent qui, cette année, est le lancement officiel des JMJ pour le diocèse.

Cette marche a lieu dans les environs de Bailleul et a réuni cette année près de 600 jeunes du diocèse. À la fin de la messe de l'Ascension, célébrée en l'église Saint-Vaast, notre évêque, Monseigneur Laurent Ulrich a envoyé les jeunes à Lourdes et aux JMJ, deux voyages auxquels il participera.

Après la messe, divers spectacles ateliers étaient proposés et la soirée s'est terminée par un très sympathique bal folk.

Pauses de discussion par petits groupes. Pauses de discussion par petits groupes. Pauses de discussion par petits groupes. Messe en l'église Saint-Vaast de Bailleul. Marche finale après la messe. Bal folk.

Trajet et rassemblement

Lundi 8 août

Nous nous sommes réunis à 5 h 30 devant la Catho pour un départ matinal à 6 h 30. Le trajet s'est bien déroulé et nous sommes arrivés à Toulouse vers 19 h 30.

Après la présentation de nos animateurs et une prière dans le car, nous sommes répartis en différents groupes pour les services (aide à la cuisine, respect du timing, vaisselle, animation, rangement). Nous avons ensuite pu finir notre nuit et pique-niquer ensemble.

L'après-midi, nous avons vu le film Le nom de la rose, que j'avais déjà vu. Ce film prend beaucoup de libertés avec l'histoire et les époques et contient de nombreux clichés sur la vie religieuse médiévale, notamment sur l'Inquisition. Il a cependant permis de lancer un débat sur la richesse et la pauvreté dans l'Église et nous avons commenté certaines citations du film : « Avec le rire, plus de peur. Sans la peur du diable, plus besoin de Dieu ». Nous avons plutôt conclu : avec la peur, pas de confiance ni de liberté ; sans rire, pas de joie.

Le film suivant était un documentaire sur Saint Dominique, car deux frères dominicains font partie de notre groupe, que nous serons accueillis le soir par des sœurs dominicaines et que toute la journée de demain sera consacrée à la vie de ce saint qui a fondé son ordre à Toulouse, en pleins conflits entre Catholiques et Cathares. Saint Dominique et ses prêcheurs affrontaient les prêcheurs cathares dans des disputes pour faire émerger la vérité.

Après un repas commun chez les sœurs dominicaines, nous nous sommes rassemblés pour une veillée festive (mimes et improvisation) où nous ont été distribués nos chapeaux verts, qui seront notre signe distinctif. Nous avons terminé la journée par une prière dans la chapelle.

Pique-nique « en plaine aire » ! L'arrivée à Toulouse. L'arrivée chez les sœurs. La veillée.

Mardi 9 août

Après une nuit plus ou moins reposante (tapis de sol sur du carrelage...), le petit déjeuner était bienvenu ! Nous nous sommes répartis en deux groupes pour visiter la maison Pierre Seilhan puis le couvent des Jacobins.

La maison Pierre Seilhan a été offerte par lui au futur Saint Dominique en 1215 pour qu'il puisse y vivre et y établir l'ordre des Dominicains. Nous avons pu admirer ce qui était autrefois la chapelle du lieu, dont le plafond est orné de quinze tableaux du 18e siècle, formant comme une bande dessinée et représentant divers moment de la vie de Saint Dominique, de sa naissance à sa mort en passant par sa rencontre avec le Pape et différents miracles qu'il a accomplis. Nous nous sommes ensuite rassemblés dans la chambre de Saint Dominique (bien qu'il ait la réputation de ne pas avoir sa propre chambre de passer la nuit à prier dans la chapelle).

Les sœurs dominicaines qui nous hébergent se sont ensuite présentées et nous ont parlé de leurs activités d'enseignement et de service, de recherche de la vérité. Institutrices (« prof' et sœur ! ») pour la plupart, certaines nous ont parlé de la conciliation entre rigueur scientifique et vérité, entre la raison et la foi, de la quête du sens. La vie dominicaine mène à être toujours en route, à témoigner en étant dans le monde signe de Dieu.

Notre mascotte est un mouton voyageur (il est allé jusqu'en Terre Sainte) qui s'appelle Eddy ! Il a même sa page Facebook : « Eddy aymes des geaeis ».

Le couvent des Jacobins est le couvent dominicain qui a eu le plus d'importance jusqu'à la Révolution. Partiellement détruit, en ruines, ayant servi d'écuries après la Révolution, il sera restauré jusqu'en 1950 et son cloître rebâti d'après les plans et les morceaux de pierres retrouvés dans les villages alentours. C'est un des deux frères dominicains de notre groupe qui nous a fait une visite passionnante et complète de ce lieu. Qui de mieux qu'un frère dominicain pour nous présenter le troisième couvent fondé par cet ordre ?

Nous avons ensuite marché jusqu'à la basilique Saint-Sernin, où se trouve le tombeau de ce Saint, appelé plus généralement Saint Saturnin, gaulois, premier évêque de Toulouse, martyrisé près de là en 250. Nous y avons célébré avec un jour de retard une messe consacrée à Saint Dominique. Nous nous sommes « installés » (littéralement : assis dans les stalles), dans le chœur. Notre frère dominicain nous a enseigné dans une homélie sur la folie dont se réclame notre groupe, c'est-à-dire la sainteté. Nous découvrons cette semaine des saints espagnols qui peuvent nous paraître exotiques, mais leur sainteté devrait nous paraître au contraire ordinaire puisque nous y sommes appelés par Dieu dès aujourd'hui. Les moyens proposés pour l'atteindre sont la fréquentation de Dieu le plus souvent possible, par la prière et les sacrements, la formation par la catéchèse et le don de notre temps dans l'ouverture aux autres.

Après un temps libre pour le dîner que mon petit groupe a pris devant la cathédrale, nous sommes retournés à la basilique pour une visite guidée privée, passionnante, qui nous a permis de découvrir le déambulatoire qui se trouve à l'étage, les chapiteaux, les très nombreux reliquaires et l'autel consacré en 1096 par le Pape Urbain II. Nous avons fini la journée par une rapide promenade nocturne le long de la Garonne.

La chambre de Saint Dominique. Rencontre avec les sœurs dominicaines. Notre mascotte, Eddy. Devant le lycée Pierre de Fermat, au couvent des Jacobins. Visite du cloître du couvent des Jacobins. Visite de la salle du chapitre du couvent des Jacobins. Messe dans les stalles de la basilique Saint-Sernin. Visite de la basilique Saint-Sernin.

Mercredi 10 août

Nous avons repris la route, vers Saint-Sébastien, sous un beau soleil et avons pu admirer les Pyrénées. Nous avons déjeuné à Pasaia - Pasajes derrière une église puis fait une longue marche jusqu'à Saint-Sébastien. Le temps était magnifique et l'Océan d'un bleu parfait. Nous avons fait des jeux pour mieux connaître les prénoms des 56 personnes du groupe. La partie du groupe dans laquelle j'étais s'est un peu égarée, ce qui permet également de découvrir les autres.

Après une messe dans l'église en haut du mont Urgull, une partie d'entre nous avons pu nous baigner dans la baie de Saint-Sébastien, récompense bien agréable après une après-midi à transpirer ! Nous avons même nagé jusqu'au plongeoir, à la limite de la zone de baignade. Excellent moment !

Nous sommes hébergés cette nuit dans les locaux d'une patinoire (qui dispose d'un très bon réseau wifi !), avec d'autres Français, du diocèse de Bayeux. C'est le premier jour que nous rencontrons d'autres JMJistes, après des Australiens plus tôt dans la journée devant une église de Saint-Sébastien.

Départ de la marche à Pasaia. Entre Pasaia et Saint-Sébastien. Les plages de Saint-Sébastien. Messe en haut du Mont Urgull.

Jeudi 11 août

Nous avons quitté Saint-Sébastien à 9 h pour partir à Azpeitia où nous avons visité la basilique Saint-Ignace de Loyola, de style baroque et magnifiquement décorée. La maison où est né et où a vécu Saint Ignace jouxte la basilique. Nous l'avons visité, guidés par un Jésuite français et y avons célébré la messe, dans la chambre où Ignace a connu sa première conversion, salle depuis transformée en chapelle. Nous avons continué les rencontres de JMJistes, d'abord avec des Autrichiens puis avec des Belges et des Chinois de Hong-Kong.

Les Jésuites nous ont très bien reçu et nous avons ainsi pu manger à table (!), avec de la vaisselle (!) et nous dormirons ce soir dans des lits (!) ce qui ne nous était pas encore arrivé cette semaine !

Nous avons pratiqué le dialogue contemplatif (lecture et partage d'un passage d'Évangile selon la méthode de Saint Ignace) en petits groupes avant d'aller découvrir un peu plus Azpeitia. Nous avons décidé d'une chorégraphie pour notre groupe :! un haka modifié dont les paroles sont les suivantes : « Lillois ! Lillois ! Unis dans la foi ! ¡Somos, somos, los locos de Dios! Unis, unis pour les JMJ ! ». Dîner et soirée tranquille.

Visite de la maison de Saint Ignace. La chorégraphie de notre groupe.

Vendredi 12 août

Nous avons continué notre périple en nous rendant à Burgos, lieu où a vécu un autre saint espagnol : Saint Raphaël Arnaïz, au XXe siècle. Nous sommes hébergés au musée régional militaire, qui est en fait une caserne où vivent les militaires qui nous accueillent.

Nous avons regardé le film Des hommes et des dieux dans le car. Après le pique-nique, nous sommes allés visiter la cathédrale de Burgos, somptueuse, avec un débordement de raffinement et de décorations que je n'ai jamais pu observer dans une cathédrale française : même les voûtes de la coupole et de certaines chapelles sont percées de dentelle de pierre, on y trouve de nombreux retables baroques chargés d'or, des gisants valant ceux de la basilique de Saint-Denis et des stalles valant celles de la cathédrale d'Amiens. Tout simplement impressionnant !

Par une température de 38°C, mon petit groupe est allé déguster une glace devant le château de Burgos, avant le rassemblement de tout le groupe pour un enseignement et les vêpres dans l'église Saint-Gil.

Nous avons ensuite rejoint plusieurs milliers de pèlerins pour une messe en plein air devant la cathédrale. C'était réellement exceptionnel : des dizaines de nationalités, plus d'une dizaine d'évêques qui concélébraient, de très beaux chants, du recueillement et une homélie en espagnol, simple mais profonde sur le sens de notre vie et la vocation au sens large. À la fin de la messe, notre groupe s'est mis à danser devant la cathédrale, tandis que la chorale continuait de chanter ¡Alegría! (joie !). Des habitants de Burgos nous ont rejoint et nous sommes certainement passés à la télévision régionale, car la caméra chargée de filmer la messe était braquée sur nous pendant ces 10 minutes.

Après un pique-nique dans le centre de Burgos, pour lequel des militaires volontaires qui nous hébergent ont bien aidé, nous nous sommes réunis dans une église pour une très rapide prière avec quelques chants de Taizé puis un enseignement sur quelques saints de la région. Nous étions ensuite censés participer à une marche nocturne, qui a finalement été remplacée par des illuminations racontant les vies de ces saints par des projections sur des façades. Épuisés, nombre d'entre nous sont rentrés avant la fin, mais très heureux de la journée !

Messe en plein air devant la cathédrale de Burgos. Passage d'un ruban parmi l'assistance. Danses devant la cathédrale. Prière de Taizé dans une église de Burgos.

Samedi 13 août

Les militaires qui nous ont hébergé nous ont gentiment proposé de visiter le musée régional de l'armée puis nous avons petit-déjeuné dans la caserne.

Nous avons roulé jusqu'à Ségovie où nous avons pique-niqué, entourés de plusieurs centaines de Chiliens. Par un temps toujours au beau fixe, nous avons visité la magnifique cathédrale de la ville, pas aussi riche que celle de Burgos, mais toujours plus que beaucoup de cathédrales françaises. Le centre-ville de Ségovie est piéton et la ville possède aussi un très bel aqueduc. Nous nous sommes assis à un café pour déguster une glace avant de reprendre le car pour Ávila.

C'est à Ávila que nous rejoignons l'organisation diocésaine des JMJ, alors que les jours précédents, nous étions plutôt un groupe indépendant. Nous sommes hébergés dans un centre paroissial et de jeunes volontaires (des collégiens et un adulte) qui nous sont affectés nous mènent à travers la ville.

Les douches sont glacées et nous dormons de nouveau par terre, mais cela nous rappelle que nous sommes en pélerinage et pas en vacances de tourisme. La ville a organisé pour les milliers de JMJistes présents une très belle projection lumineuse et sonore sur les remparts, pour nous raconter l'histoire religieuse de la ville et des universités catholiques de par le monde.

Enfin, certains d'entre nous avons terminé la soirée dans un bar animé ou nous avons pu danser et brûler les dernières calories qui nous restaient !

Chez les militaires de Burgos. Avec les Chiliens à Ségovie. Repas dans le centre paroissial d'Ávila. Petite soirée entre JMJistes dans un bar d'Ávila.

Dimanche 14 août

Lever à 9 h pour récupérer un peu. Nous avons célébré la messe à la cathédrale, d'une manière tout-à-fait privilégiée puisque nous avons rejoint la paroisse mais que c'était notre prêtre qui présidait, en espagnol et en français.

Nous avons ensuite visité plusieurs lieux thérésiens : le couvent San José (premier couvent fondé par sainte Thérèse d'Ávila, avec un musée et son cercueil, et où des carmélites ont prié pour notre voyage et nous ont offert des scapulaires), le couvent de l'Incarnation (où elle a passé 40 ans), le couvent Santa Teresa.

Nous avons pris notre pique-nique vers 15 h (plus tard encore que l'heure espagnole !) au milieu d'autre Français, du Var, avant de visiter la ville. Ávila est entourée de très beaux remparts visitables, où nous avons croisé des JMJistes de tous horizons. Nous étions environ 5000 JMJistes aujourd'hui dont 3000 français. Des Grenoblois nous ont offert du jus d'orange à la Chartreuse.

Le soir, nous nous sommes tous regroupés pour le dîner dans un grand hangar où l'on passait de la musique. Certains d'entre nous ont dansé le rock tandis qu'un petit groupe dont je faisais partie a rejoint notre conducteur de car pour lui apporter son repas et dîner avec lui.

Nous avons fini la journée par une prière mariale, en français et en espagnol, dans une grande et belle église. J'étais assis à côté d'un Espagnol de 86 ans qui parlait assez bien français et a pris plaisir à prier avec nous.

Ávila et ses remparts. Visite d'Ávila en petits groupes. Les environs d'Ávila vus des remparts. Repas en grand comité.

Lundi 15 août

Nous nous sommes levés tôt pour prendre part à la superbe messe de l'Assomption qui a eu lieu au pied des remparts d'Ávila. Comme à Burgos, de nombreux évêques étaient présent et la messe était animée par une chorale dynamique. Nous avons un peu souffert de la chaleur, car nous étions en plein soleil... Nous étions plusieurs milliers de JMJistes en plus des habitants de la ville qui nous avaient rejoints nombreux. Les congrégations de la ville ont apporté leurs bannières et une statue de la Vierge.

Nous avons faits nos adieux aux gentils volontaires qui nous ont accompagnés pendant ces deux jours puis partagé un pique-nique à l'ombre du palais des congrès, avant de reprendre le car pour Madrid. Sur la route, nous avons pris une heure pour faire le bilan de la semaine passée et échanger sur ce que nous avions vécu.

À Madrid, nous sommes hébergés dans un gymnase près de la station Hortaleza. Nous avons la moitié d'un terrain de volley (couvert), l'autre moitié étant réservé à un groupe d'Allemands qui devrait arriver prochainement. Avant de nous coucher, nous avons profité de la température extérieure très agréable pour danser comme dans un bal folk et un peu de rock.

Des JMJistes français à la messe à Ávila. La messe au pied des remparts d'Ávila. Photo de groupe avec les volontaires d'Ávila. Notre gymnase, à Madrid.

Mardi 16 août

Nous nous sommes réveillés un peu avant 9 h, afin de récupérer et aborder cette nouvelle semaine avec assez d'énergie. On nous a donné quelques règles pour vivre dans le gymnase (pas d'entrée ni de sortie sauf à 10 h 30 le matin et de 22 h30 à minuit le soir). Nous n'avons en revanche eu que la moitié de notre équipement de pèlerin (sac avec un T-shirt, un éventail, une bière sans alcool, une carte de transports et un carnet de chèques-déjeuner mais pas de Youcat ni de pass pour les musées ; ça arrivera plus tard).

Ce mardi est une journée d'adaptation pour que nous puissions visiter la ville pendant que tous les groupes finissent d'arriver. Les enseignements et animations ne commenceront que demain. Nous avons visité la cathédrale, pleine de monde, et son quartier avant de déjeuner dans un petit restaurant en utilisant les chèques-déjeuner. La qualité et la quantité étaient au rendez-vous. Nous nous sommes promenés dans le centre-ville et dans le Parque del Buen Retiro. Nous avons croisé un grand groupe de Chinois du Hebei, ce qui m'a fait plaisir, car je n'étais pas sûr que la liberté religieuse du pays soit suffisante pour qu'ils puissent participer à un tel rassemblement.

En raison de la densité de la foule, mon petit groupe n'a pas pu rejoindre le reste des nôtres pour la messe près de la banque d'Espagne. En revanche, nous avons rencontré par hasard les jeunes de Villeneuve-d'Ascq et notre aumônier et avons assisté à la messe en leur compagnie. J'ai moins apprécié la messe qu'à Burgos et Ávila, car il est difficile de se recueillir avec plusieurs centaines de milliers de personnes autour... La prise de son était mauvaise et l'homélie trop longue et dite trop rapidement... Nous étions entourés de pèlerins de nombreuses nationalités et avons pu partager ce moment avec eux.

Après la messe, qui s'est finie après la tombée de la nuit, nous avons dû marcher près de deux heures pour trouver un restaurant tellement les rues étaient pleines de monde et les restaurants surchargés ou en manque de nourriture. Nous en avons finalement trouvé un et y avons mangé des spaghetti en quatrième vitesse pour finalement arriver en retard au gymnase, comme la plupart des membres du groupe... Nos responsables avaient heureusement gardé les portes ouvertes. C'était le premier jour et les suivants se passeront sans doute un peu mieux car nous serons plus habitués aux conditions de restauration et de transport.

Visite de la cathédrale de Madrid. Groupe de JMJistes Français à Madrid. Messe en plein air près de la banque d'Espagne. Messe en plein air près de la banque d'Espagne.

Mercredi 17 août

Le vrai programme des JMJ commence aujourd'hui : le matin est consacré à des catéchèses par les évêques parlant notre langue et l'après-midi à diverses activités au choix de chacun. Ce matin, la catéchèse nous a été faite par un évêque suisse et a été suivie d'une messe. L'église était très moderne, mais son acoustique catastrophique : on entendait moins bien dans la nef que dehors, malgré les systèmes de haut-parleurs... Je n'ai rien compris à l'exposé de l'évêque, seulement ses réponses aux questions, car je me suis déplacé entre les deux. L'enseignement a été suivi d'une belle messe à laquelle participait la communauté de Saint-Jean, toujours avec ce problème d'acoustique.

Après la messe, nous avons encore rencontré le groupe de Villeneuve-d'Ascq ainsi qu'une journaliste lilloise qui travaille pour la radio RCF. Je l'ai aidée à interviewer un restaurateur espagnol, en traduisant ses questions. Celui-ci nous a dit que faire partie des restaurateurs acceptant les chèques-déjeuner des JMJ était très profitable : en cette période de vacances où ses clients habituels ne viennent plus, il sert, grâce aux JMJistes, 400 repas au lieu de 80. Il nous a indiqué employer quatre garçons supplémentaires pour faire face à l'afflux de clients. Il est possible d'écouter l'interview en ligne. Nous avons d'ailleurs déjeuné là juste après.

Une manifestation anti-catholique aurait eu lieu dans Madrid cet après-midi, mais nous n'en avons eu que de vagues échos. Nous nous sommes promenés près du Palais royal, de la place d'Espagne (avec sa statue de don Quichotte) et de la plaza de la Villa. Mon petit groupe est ensuite allé rendre visite aux sœurs et frères de la Communauté de l'Agneau, dont certains passent parfois par Lille. Nous avons assisté à leur témoignage, sommes partis dîner dans un restaurant mexicain puis sommes revenus pour l'office du soir où ils invoquent le Saint-Esprit par des chants magnifiques. La communauté compte 70 membres dont 35 chanteront pendant l'office du soir avec le Pape.

Catéchèse avec un évêque suisse. Eddy devant le palais royal. Chez les petites sœurs de l'Agneau. Groupe de français dans le métro.

Jeudi 18 août

C'est Monseigneur Aubertin, évêque de Tour, qui nous a enseigné la catéchèse de ce matin, « Enracinés dans le Christ ». L'évêque nous a parlé de l'Église comme signe pour le monde, de la nécessité de (re)découvrir la Parole de Dieu et de mobilier notre intelligence au service de notre foi. L'enseignement a encore été suivi par une messe, animée par le groupe MAGIS (jeunes ignaciens).

Après un repas reposant dans un restaurant bien climatisé, nous sommes allés nous promener au Parque del Buen Retiro où nous avons été impressionnés par le nombre de confessionnaux (plusieurs centaines, dans une multitude de langues). Les volontaires, très accueillants, distribuaient des livrets en anglais et en espagnol pour aider à l'examen de confiance et rappeler le déroulement d'une confessions. Nous y sommes allés en petit groupe, en nous attendant et nous encourageant mutuellement. Sur la photo, chaque mat vertical est un confessionnal !

Nous sommes allés nous asseoir sur le passage du Pape, où des milliers de JMJistes chantaient et dansaient. J'ai bien pu photographier la Papamobile lorsque le Saint-Père est passé, mais malheureusement, un reflet sur la vitre empêche de le reconnaître. Nous l'avons en revanche très bien vu, de près, de nos yeux.

Nous avons repris le métro pour retourner dans le très bon restaurant mexicain d'hier soir. Les plats étaient toujours aussi bons et accompagnés d'un mélange de jus de fruits original qui change tous les soirs. Enfin, nous sommes allés prier l'office du soir avec les petites sœurs de l'agneau.

Enseignement et messe à l'église Sainte-Marie-Madeleine. Les confessionnaux au parc du Retiro. La foule de pèlerins attendant le Pape. Benoît XVI dans sa Papamobile.

Vendredi 19 août

Ce matin, nous avons essayé de suivre la catéchèse du cardinal Barbarin, mais nous n'avons pas pu rentrer dans l'église, tellement nous étions nombreux. Nous avons donc échangé entre nous sur l'évangile du jour, dans un partage biblique. Certains d'entre nous sont partis dans une autre église pour la messe, mais, par chance, j'ai pu rentrer et être assez bien placé pour les questions de la fin de la catéchèse et la messe, très priante.

Après la messe, nous avons rencontré un petit groupe de français qui nous a conseillé un très bon restaurant : gaspacho, pizza au choix parmi une quinzaine, glace et boisson pour un chèque déjeuner. Avec le restaurant mexicain des deux jours précédents, c'est le meilleur que nous ayons testé. Je n'ai malheureusement pas noté l'adresse.

Nous avons rejoint le millier de jeunes du diocèse de Lille pour un enseignement et une prière avec notre évêque Laurent Ulrich. L'ambiance était très bonne (quoique surchauffée malgré les dizaines de ventilateurs dans l'église). Certains ont rejoint le Pape pour un chemin de croix, mais deux amies et moi avons préféré le faire dans l'église où nous étions, pour nous recueillir davantage que dans une foule d'un million de personnes.

Après un goûter dans un jardin public, nous sommes allés nous promener encore une fois dans le Parque del Buen Retiro, où nous avons vu le Palais de cristal et le plan d'eau devant lui où un enfant espagnol s'amusait à attraper les tortues qui s'y trouvaient ! Nous avons dîné près d'une station de métro avant de rentrer à notre gymnase.

Enseignement par le cardinal Barbarin. Messe avec le cardinal Barbarin. Enseignement et prière avec Mgr Ulrich. Eddy au parc du Buen Retiro.

Samedi 20 août

Après une grasse matinée pour récupérer de la semaine, nous sommes allés chanter les laudes avec la paroisse qui nous accueillait. L'office était très animé, avec des guitares et des chants en français, espagnol et polonais et s'est fini par une danse exprimant notre joie.

Nous nous sommes ensuite dirigés vers l'aéroport militaire de Cuatro Vientos. Évidemment, les métros étaient bondés et il était très difficile de se retrouver en montant dans des rames différentes. Nos petits groupes se sont finalement retrouvés sur leurs emplacements respectifs, après une longue marche sous un soleil écrasant. Nous ne sommes pas trop mal placés, on peut entendre, voir grâce aux écrans géants et apercevoir l'autel en se levant. Il est situé sous une sorte de champignon assez surprenant.

Juste au début de la célébration de lancement par le Pape, il s'est mis à pleuvoir intensément, avec des vents violents et un orage non loin de l'aéroport. Pendant les quelques minutes d'adoration, la pluie s'est arrêtée pour reprendre juste après ! Le Pape a commenté notre résistance à la pluie et nous a consacrés au Cœur de Jésus. L'office a été suivi d'un feu d'artifice.

Les conditions de vie sur les parcelles ne sont pas excellentes... Le sol est sablonneux et nous soulevons beaucoup de poussière ; l'herbe séchée au sol colle aux vêtements ; tout est humide et nous dormons les uns sur les autres tellement nous sommes serrés... Cependant, nous sommes heureux et acclamons le Pape par ¡Viva el Papa! ¡Viva! et ¡Benedicto!.

Prière avec la paroisse d'accueil. Marche vers l'aéroport. Des JMJistes devant l'écran géant. Le Saint-Père pendant l'office.

Dimanche 21 août

Nous avons passé la nuit à la belle étoile sur l'aéroport de Cuatro Vientos. Il n'a pas fait très froid, mais l'humidité restant de l'averse du soir était un peu gênante. Nous avons été réveillés entre 7 et 8 h et avons écouté les petites sœurs de l'Agneau chanter les laudes.

Le Pape est arrivé peu après pour célébrer la messe, qui a duré un peu plus de deux heures. Le recueillement était modéré, à cause de la chaleur écrasante. La plupart des pèlerins n'ont pas pu communier, car l'orage d'hier a endommagé les grands tentes dans lesquelles devaient avoir lieu d'autres consécrations. Le Saint-Père a confirmé le lieu des prochaines JMJ, secret (de Polichinelle !) jusqu'alors : elles auront lieu à Rio de Janeiro en 2013 !

Après la messe, tout le groupe s'est retrouvé pour un rapide pique-nique puis s'est divisé en différents groupes pour rentrer au gymnase. Le métro était plus que bondé et au moins une ligne était fermée. Mon petit groupe a mis 5 h 30 pour rentrer, en étant obligé de marcher entre certaines stations de métro dont les correspondances n'étaient pas assurées... La douche froide en rentrant au gymnase était bienvenue, d'autant plus que nous étions couverts de la poussière du tarmac !

Pour réduire les embouteillages, les cars des groupes ne peuvent partir qu'à des heures bien précises. Nous attendons donc dans le gymnase qu'il soit 23 h pour notre créneau de départ. Nous nous attendons à une route de 20 à 22 h d'affilée pour le trajet de Madrid vers Lille. Il faudra prendre son mal en patience, mais, épuisés, nous dormirons certainement la plus grande partie du temps.

La nuit sur le tarmac. La messe avec le Pape. Drapeaux de différentes nationalités. Des pèlerins brésiliens étendent leur drapeau.

Lundi 22 août

Le voyage du retour s'est bien passé. Il a duré presque 23 heures ! Nous en avons profité pour regarder le film Mission.

Mardi 23 août

Ce matin : interview à la Croix du Nord, avec trois autres membres du groupe. Une manière de partager plus largement ce que nous avons vécu. J'ai aidé au rangement à la Catho et à rendre la camionnette d'intendance à Douai.

© 2008-2018 Pierre-Yves Guerder