Stage à Shanghai

Introduction

Présentation

Cette page constitue mon journal de bord pendant mon stage au SICCAS, à Shanghai, qui doit avoir lieu du 1er octobre 2009 au 30 juin 2010. Il est destiné à ma famille, mes amis et mes professeurs. Je le mettrai à jour fréquemment tout au long du stage, dans la mesure du possible.

La Chine

Quelques informations utiles sur la Chine :

  • Il y est 6 heures plus tôt qu'à Paris en été, 7 heures en hiver
  • La monnaie est le Yuan et 1 Yuan vaut environ 10 centimes d'Euro

Mon stage

Quelques informations sur le SICCAS :

  • SICCAS signifie Shanghai Institute of Ceramics, Chinese Academy of Sciences
  • C'est un institut de recherche scientifique qui dépend de l'Académie des Sciences
  • Sa spécialité est l'étude des céramiques (structures cristallines ou vitreuses, non-métalliques) et de leurs propriétés

Mon stage tournera autour du dépôt en couche mince de matériaux piezzo-électriques.

La vie à Shanghai

Quelques ressources utiles pour ceux qui se rendraient à Shanghai :

Septembre 2009

Mardi 22 septembre

Bon, je commence ! Il faut bien commencer à un moment, au cas où quelqu'un se demanderait où je suis ! Eh bien je suis toujours en France et en train de m'occuper de toutes les formalités pour le voyage. En effet, pour avoir un visa, il faut une lettre d'invitation ; pour avoir cette lettre, il faut une attestation d'assurance et pour avoir cette attestation, il faut un certificat de scolarité.

J'ai obtenu ce certificat le 14 septembre à l'École, et je suis en attente du document de l'assurance. Ça risque de prendre encore plusieurs semaines, et je ne suis pas sûr de pouvoir partir le 30 septembre, comme c'était prévu... Affaire à suivre.

Octobre 2009

Jeudi 8 octobre

Je suis allé à l'ambassade de Chine ce matin. Comme l'ambassade n'accepte qu'un nombre limité de personnes par jour, il est fortement conseillé d'arriver très en avance, si possible deux heures avant l'ouverture. Il faut ensuite attendre tout ce temps sur le trottoir devant l'ambassade. Une fois la porte ouverte, des tickets numérotés sont distribués, et le passage est très rapide.

Le document envoyé par l'Institut semble suffire pour obtenir un visa, mais seulement pour 6 mois. Je devrai donc le renouveler là-bas. Je dois retourner à l'ambassade jeudi prochain pour retirer mon passeport avec le visa.

Mon départ est donc prévu pour le 20 octobre.

Samedi 10 octobre

Le billet d'avion est acheté (chez Air France) et je partirai finalement le 21 octobre 2009 pour revenir le 29 juin 2010.

Jeudi 15 octobre

L'ambassade m'a bien délivré mon visa de 6 mois ce matin. Comme pour le dépôt du dossier, il faut arriver au moins deux heures avant l'ouverture et attendre dans le froid pour être sûr de passer.

Jeudi 22 octobre

Le vol s'est bien passé. Envol vers 14 h, dîner à 17 h, nuit de 18 h à minuit, petit-déjeuner à 0 h 30, arrivée à 1 h du matin : drôle de planning... Je n'ai dormi qu'une heure au total.

Je suis bien arrivé à Shanghai ce matin et j'ai pu prendre le bus sans problème. Il a mis plus d'une heure et demie pour aller de l'aéroport jusqu'au SICCAS.

Là, j'ai été accueilli par le professeur Wang et trois collègues, avec qui j'ai mangé ce midi (riz, piments verts très forts, poulet et tofu).

J'ai eu accès à ma chambre et elle est super, plus grande qu'à Lille, et je n'ai pas de colocataire. J'ai donc une entrée/salon avec une télé, une chambre avec un grand lit et un meuble informatique, une cuisine dans laquelle je n'ai pas le droit de cuisiner pour des raisons de sécurité, mais où je peux prendre mon petit-déjeuner et salle de bains, assez petite, mais avec une baignoire, des toilettes et de l'eau chaude.

Je suis au quatrième étage sans ascenseur. Il n'y a pas de chauffage, mais deux climatisations, une dans le salon et une dans la chambre. A priori, je ne les utiliserai pas, car il fait 25°C dehors, température agréable. D'après mes collègues, la température descend peu en dessous de 10°C en décembre/janvier.

L'isolation sonore a l'air bonne, car fenêtre ouverte, le bruit est celui d'une grande ville industrielle avec plusieurs autoroutes. Fenêtres fermées, c'est calme. Je verrai cette nuit.

Pour boire, on ne peut pas prendre l'eau du robinet, mais les chambres sont équipées d'une fontaine à eau, qui donne de l'eau chaude pour le thé et de l'eau à température ambiante.

Seul bémol : a priori, je n'ai pas Internet dans ma chambre (et il n'y a pas de réseau wifi ouvert à portée). Je peux me connecter à Internet avec mon PC portable depuis l'open space où je vais travailler.

Je posterai bientôt des photos du logement et de l'Institut (après m'être reposé, car s'il est 13 h 30 à Shanghai, mon horloge interne est à 7h30 et je n'ai presque pas dormi).

Ce soir, dîner entre collègues dans l'open space (où ils vivent de 8 h à 23 h, sauf d'habitude pour les repas). Les ordinateurs de mes collègues restent sans protection dans l'open space, qui ferme à clé. Je n'ai pas de support fixe auquel accrocher mon antivol...

J'ai prévu d'aller demain à la banque et au consulat.

Quelques photos de mon appartement :

Mon salon Mon salon Ma chambre Ma cuisine et ma salle de bains

Vendredi 23 octobre

On m'a donné le planning : petit-déjeuner à 7 h, début du travail à 8 h, pause de 11 h 30 à 13 h 30, fin du travail à 17 h puis quartier libre. Pas de travail le WE, ce qui fait donc... 35 h par semaine !

Il n'y a en fait que 6 h de décalage horaire. Sauf erreur de ma part, ça fera 7 h lorsque vous passerez à l'heure d'hiver. Il fait nuit à 17 h, ce qui est un peu frustrant. Je visiterai la ville le WE.

Ce matin, petit-déjeuner : riz gluant formant une sorte de soupe (pas terrible), pain de riz au sésame frit fourré d'une pâte de haricots rouges (ça passe), gros ravioli avec de la viande (bof bof) et œuf dur. Pas trop mon style de petit-déjeuner. J'avais pu prendre un café et une barre de céréales dans ma chambre avant.

Le Center sub-branch d'HSBC m'a bien reçu et m'a donné mon code PIN. Je peux faire des retraits de Yuans sans frais. J'ai ensuite pu aller au consulat. Accueil correct et un formulaire à remplir. Il faut revenir avec des photos d'identité (j'en ai) pour obtenir une carte justifiant l'enregistrement au consulat.

Un collègue m'a accompagné pour ce déplacement. Aller-retour en métro (moderne, vaste et sécurisé : scan des bagages aux rayons X à l'entrée ! 3 Yuans le déplacement de 4 stations). Pour aller de la banque au consulat, on a pris le taxi : 15 Yuans pour 4 kilomètres.

La conduite dans Shanghai est un peu hasardeuse : il faut forcer le passage et donner beaucoup de coups de klaxons, mais la signalisation est respectée. À pieds, pour traverser, il faut faire très attention aux gens qui tournent aux intersections et ne cèdent pas le passage aux piétons.

Cet après-midi, on a fait les présentations et j'ai assisté à deux exposés (en chinois !) sur les travaux de deux de mes collègues. Tout notre groupe (entre 12 et 15 personnes de 23 à 27 ans) travaille sur les matériaux piezzo-électriques. L'open space constitue les bureaux. Les laboratoires sont dans le même étage du bâtiment.

Tout le monde vit dans ce qu'ils appellent le « campus ». C'est un ensemble de bâtiments qui doivent prendre un espace de 100 m × 200 m. D'après eux, on est entre 600 et 700 personnes au total sur le site (200 dans l'usine au Nord-Ouest de la ville).

Le bâtiment où je travaille est à 25 m de celui où je dors, et les deux sont à 50 m de celui où l'on mange. Il y a plusieurs autres bâtiments, pour le logement et le travail. Le week-end, ça doit fonctionner pareil (repas et accès aux bureaux).

J'ai détecté 3 fuites d'eau sur l'évier et le lavabo ! C'est signalé et ce sera réparé lundi ! La dame qui tient le bâtiment m'a prêté une serpillière...

Ce soir, le professeur Wang a invité tout le groupe au restaurant. Il y avait beaucoup d'ambiance. On a mangé une dizaine de plats, disposés sur un plateau circulaire, qu'on fait tourner pour piocher dans chaque plat.

Ils boivent beaucoup d'alcool et se lancent des défis (boire « cul sec » plus vite que l'autre). J'ai participé, mais très modérément ! L'alcool (10°, aromatisé au miel et à la prune !) était servi tiède !

Quelques vues de ma fenêtre :

Vue de ma fenêtre (salon) Vue de ma fenêtre (salon) Vue de ma fenêtre (salon) Vue de ma fenêtre (chambre)

Samedi 24 octobre

Ce matin, grasse matinée jusqu'à... 7 heures. Réveillé par des bruits de travaux (poutrelles métalliques, ouvriers qui crient, etc.). Je suis donc arrivé dans l'open space à 8 heures et mes collègues m'ont rejoint vers 9h30.

On a échangé nos adresses MSN, et ils m'ont fait créer un compte sur QQ, l'équivalent chinois de MSN. Avec Pidgin, il est possible de se connecter simultanément à plusieurs comptes MSN, Google Talk et QQ.

J'ai finalement réussi à fixer mon câble antivol à mon bureau. Dans la journée, la seule protection contre les vols est un gardien en uniforme, qui « filtre » les gens qui veulent entrer sur le « campus ». Je ne pense pas qu'il connaisse les 600 à 700 visages, donc ça ne doit pas être si difficile de s'introduire dans les bâtiments... La nuit, idem, sauf que la porte de l'open space ferme à clé.

Ce midi, repas dans le bâtiment habituel. Crevettes (avec une sauce rappelant les crevettes à la plancha, miam !) et chou chinois. Comment manger des crevettes avec des baguettes ? Facile : on attrape la tête avec les baguettes et on mange le reste. Ça croustille !

J'ai maintenant un nom chinois, donné par mes collègues : « 高兴 », qui se prononce « Gao Xing » (« Gao » parce que ça commence par « G » comme « Guerder » et « Gao Xing » parce que ça veut dire « content » ou « joyeux » !).

Ils m'ont ensuite emmené faire une copie de la clé du bureau : 2 Yuans la copie, faite en 30 secondes ! Si vous avez des copies de clés à faire, n'hésitez pas à me demander ! Nous sommes ensuite allés à Carrefour (« Jia Le Fu »). Ça ressemble assez à un supermarché européen, mais les produits sont assez différents. Impossible de trouver une serpillière (à part des balais se terminant par des bandes de tissus) ou des biscuits « classiques » (sauf dans le rayon « produits du monde », très bien fourni, mais plus cher qu'en France). À part ça, de très nombreuses vendeuses dans les rayons ; elles vont même jusqu'à vous mettre le produit de leur choix dans la main lorsque vous hésitez entre plusieurs !

D'après mes collègues, la nourriture est plutôt mauvaise, le soir, à la cantine ; c'est pour ça qu'ils n'y vont que le matin et le midi. Ce soir, on est allés dans un restaurant de raviolis chinois. J'ai pu goûter à plein de types de raviolis différents. Pas mal du tout ! Prix intéressant : 76 Yuans pour 7 personnes, soit moins d'un euro dix par personne !

Après le restaurant, partie de « Bashi Fen », un jeu de cartes avec des règles pour le moins complexes (règles en anglais sur Wikipédia). On joue à quatre, en équipe, avec 2 jeux (25 cartes en main au début). On marque des points en remportant certaines cartes d'un pli (les 5, les 10 et les rois), et 80 points permettent de monter en niveau. Les cartes maîtresses dépendent du niveau et le nombre de cartes jouées par pli peut varier... J'aurai besoin d'entraînement. Apparemment, ils ne jouent pas au Mah-jong.

En fin de soirée, nous sommes allés grignoter dans une sorte de boulangerie qui vend différentes sortes de sandwichs et de brioches (très bonnes, un peu plus sucrées qu'en France), accompagnées de lait de soja tiède pour eux et de thé glacé pour moi.

Quelques vues de Shanghai :

Vue de Shanghai Vue de Shanghai

Dimanche 25 octobre

Les travaux dans l'immeuble d'en face me réveillent à heure fixe (6h45, précisément). C'est beaucoup plus fiable et efficace qu'un réveil, sauf qu'on ne peut pas régler l'heure !

Trois de mes collègues ont tenu à m'accompagner à la cathédrale, mais ils n'ont pas assisté à la messe, qui a duré une heure et demie (avec une homélie d'une bonne demie heure !). La cathédrale Saint-Ignace a un style un peu médiéval, avec des grandes flèches noires entourées de quatre flèches bien plus petites. L'extérieur est revêtu de briques et l'intérieur est peint en blanc avec une voûte sur croisée d'ogives. Apparemment, il est interdit de prendre des photos à l'intérieur et même sur le parvis.

Presque tout était en chinois, donc je n'ai quasiment rien compris. Heureusement, le Magnificat et le Kyrie étaient en latin, donc j'ai pu chanter un peu. Les fidèles ont applaudi à la fin de l'homélie (bizarre) et le geste de paix était fait à la manière asiatique (on s'incline successivement, mains jointes, vers chacun de ses voisins). Très beau Gloria en chinois. Pas de quête (bizarre aussi). J'ai quand même pu suivre les lectures, traduites en anglais sur de grands écrans.

Ils m'ont ensuite emmené voir l'une des deux grandes universités de Shanghai, l'Université Jiaotong où nous avons mangé à la cafétéria (poisson entier avec une sauce qui avait un peu le goût de caramel, pas mauvais et plat composé très épicé, avec, comme d'habitude, du riz).

Dans les rues, on peut voir de nombreuses affiches (et même des bâtiments déjà prêts) pour l'Exposition universelle de 2010. Elle commencera le 1er mai. La mascotte est une sorte de cube bleu arrondi, avec des bras et des jambes. Il s'appelle « 海宝 » (« Haibao ») ce qui signifie « trésor de l'océan ». Sa forme est celle du sinogramme 人 (« ren ») qui veut dire « être humain ».

La cathédrale Saint-Ignace de Shanghai Vue de Xujiahui La mascotte de l'Expo 2010 : Haibao Un de mes collègues et moi devant l'Université Jiaotong

Lundi 26 octobre

Le professeur Wang m'a emmené à une réunion au sommet (en chinois) où j'ai dû me présenter (en chinois et en anglais). Un peu difficile quand on ne sait ni à qui on s'adresse, ni pourquoi on est là... Il m'expliquera sans doute demain ce que je ferai précisément pendant le stage.

Ce soir, restaurant avec quatre collègues, avec un concept un peu original : le « huoguo », ou « hot pot ». Au milieu de la table, il y avait une sorte de plaque à induction (avec un régulateur électronique et plein de boutons) sur laquelle était posée une sorte de marmite à deux sections (une peu épicée, l'autre beaucoup plus ; je n'ai goûté que la première).

Au début, la marmite contenait une sorte de soupe épicée, avec des morceaux de poisson. Nous les avons mangés, puis remplacés par des morceaux de mouton, qui ont cuit dans la même eau. Idem ensuite avec des boulettes de porc, puis du poulet, puis de l'estomac de bœuf (!) puis des œufs durs de caille puis des feuilles, un peu comme de l'oseille.

C'était donc un peu étrange, d'autant plus que comme le contenu bout en permanence, l'eau s'évapore et donc les épices se concentrent ! Heureusement, c'était servi avec du jus de prune (très bon et très doux) et des sortes de crêpes indiennes sucrées.

J'ai trempé le bout de mes baguettes dans l'autre partie, dans laquelle flottaient des piments rouges, pour voir, et j'avais vraiment la bouche en feu ! Très bon souvenir quand même. J'aurais bien voulu prendre des photos, mais j'ai oublié d'emporter mon appareil... Resto un peu plus luxueux que d'habitude... 30 Yuans !

Après le restaurant, longue discussion avec mes collègues à propos des téléphones mobiles, bien moins chers qu'en France (0,1 Yuan le SMS par exemple). Les HTC G1 et G2 valent environ 2200 Yuans, mais ce sont des produits de contrebande (HTC ne commercialise pas officiellement en Chine) ! Mes collègues ont des téléphones plutôt classiques, pas des smartphones, pour l'instant un peu trop chers.

Les fuites d'eau dans ma salle de bain ont été réparées : ils ont carrément changé tout le système (2 petits robinets et un mitigeur) ! Les femmes de ménage et les ouvriers entrent dans les appartements en notre absence pour vider les poubelles et faire ce genre de réparation.

Mardi 27 octobre

Ma tâche pour aujourd'hui est de chercher sur Internet et lire toutes sortes de publications à propos du dépôt de KNN (K0,5Na0,5NbO3) en couche mince. Heureusement, tout est en anglais, ça aide ! Voici un lien pour avoir une idée de ce dont il s'agit. J'ai passé ma journée à lire des PDF !

Ce soir, repas à la cantine où nous avons mangé du riz et du chou chinois (comme d'habitude) avec, cette fois-ci, du confit de canard. Miam ! Toujours pas de dessert (ni à la cantine, ni au restaurant)...

Après le repas, promenade dans le quartier avec un collègue (by night puisqu'il fait nuit à 17h30). Nous sommes allés dans Zhongshan Park (au bout de la rue, à 200 mètres). Il faudra que j'y retourne de jour, histoire d'y voir quelque chose !

Un collègue que je ne connaissais pas est venu chez moi pour qu'on parle de la France. Il admire beaucoup les travaux réalisés par l'École Polytechnique et voudrait y effectuer ses travaux de post-doctorat. Il va me faire visiter Shanghai et m'apprendre le chinois et en échange, je vais (essayer de) lui faire découvrir la culture et la langue françaises.

La cantine du SICCAS La cantine du SICCAS Shanghai by night Shanghai by night

Mercredi 28 octobre

Ce matin, une collègue m'a montré comment utiliser la machine de « pulvérisation cathodique » ! Ça a l'air très performant. Ça permet de déposer de fines couches de matériau (400 nanomètres) sur un échantillon, en utilisant un jet de dioxygène et d'argon dans une cuve sous vide. Ça se passe dans une « salle propre » où l'atmosphère est nettoyée de ses poussières et où l'on porte des tenues spéciales. On prend une « douche d'air » avant d'entrer, pour enlever les poussières.

Cet après-midi, on m'a emmené ouvrir un compte en banque chez ICBC. Le professeur Wang m'a dit que c'était nécessaire pour recevoir mon salaire... J'ai proposé de donner un RIB de mon compte chinois, mais ils m'ont dit qu'il fallait absolument le faire avec ce nouveau compte...

J'ai donc discuté avec un collègue qui m'a montré ses six cartes de crédit ! Il m'a expliqué qu'il était très courant, en Chine, que les gens aient beaucoup de comptes bancaires différents, y compris dans la même banque. Apparemment, dès qu'on change d'établissement scolaire ou d'entreprise, l'institution dans laquelle on arrive crée un nouveau compte bancaire pour ses opérations financières avec la personne. Mon collègue a été surpris quand je lui ai dit que je n'avais en France qu'un compte bancaire et qu'une seule carte !

L'open space où je travaille Moi à côté de la machine de pulvérisation cathodique

Jeudi 29 octobre

Journée studieuse que j'ai passée à lire des publications sur le KNN. Rien de particulier.

Ce soir, on a fêté les 26 ans de ma collègue qui va partir en France en décembre. On a donc chanté « joyeux anniversaire » en français et « sheng ri kuai le » en chinois. Il est d'usage que la personne prie ou fasse un vœu avant de souffler ses bougies.

Le gâteau d'anniversaire

Vendredi 30 octobre

J'ai signé mon contrat de travail (en chinois) expliqué par le professeur Wang. Je suis payé comme prévu 1500 Yuans par mois (soit 150€). Bonne nouvelle : la nourriture (150 Yuans par mois sur ma carte de cantine) et le logement ne sont pas déduits de ce prix : ils sont fournis en plus du salaire par le SICCAS.

Avant de travailler sur le KNN, je vais travailler sur le PZT (PbZrxTi1-xO3), plus connu et mieux maîtrisé (toujours en couches minces). Je dois donc recommencer mon travail de recherche et de lecture de publications.

Cet après-midi, conférence faite par un chercheur chinois. Celui-ci revenait de l'Université de Rennes, accompagné d'un chercheur français avec qui j'ai pu discuter un peu. Ça fait plusieurs années qu'il vient et il m'a dit que les conditions de vie s'étaient beaucoup améliorées à Shanghai au cours des deux dernières années.

Il m'a aussi précisé qu'une part importante des activités du SICCAS étaient dédiées à la recherche pour le domaine militaire, principal financeur de l'Institut (c'est le cas aussi dans un certain nombre d'instituts français). Je n'ai bien sûr aucune possibilité d'accéder aux laboratoires classés secret-défense.

Ce soir, restaurant avec quatre collègues. Comme d'habitude, on nous sert de nombreux plats dans lesquels tout le monde pioche (omelette, foie de bœuf, porc, poulet aux cacahuètes, aubergines et soupe de poisson (entier !) au tofu). Avec ça, on a bu une sorte de jus d'orange sucré, très anglo-saxon !

J'ai aussi goûté à la première des deux canettes de bières chinoises que j'ai achetées à Carrefour. Pas mal, assez doux, 3.7°.

Bières chinoises Au restaurant Shanghai by night

Samedi 31 octobre

Aujourd'hui, journée très complète, très intéressante et assez fatiguante ! Je me suis promené dans Shanghai avec un collègue qui m'a fait découvrir plusieurs lieux d'intérêt. Nous sommes partis à 9 heures du matin et revenus à 19 heures.

Le premier lieu dans lequel nous sommes allés est appelé « Xintiandi ». C'est un ensemble de bâtiments à deux étages construits au début du XXè siècle, et qui ont conservé leur aspect extérieur style années 1920/1930. On y a croisé beaucoup de touristes, de tous les continents.

Nous avons ensuite visité le bâtiment dans lequel a eu lieu la première réunion du parti communiste chinois (dans le même quartier). Ce bâtiment a été reconverti en musée, et il y a une reproduction grandeur nature de cette réunion, avec 13 personnages en cire autour d'une table. Très réaliste, mais il était interdit de prendre des photos. Le reste du musée présente l'histoire des mouvements et rébellions successives qui ont conduit à l'instauration du nouveau régime. Certains textes ou explications étaient en anglais, et, pour le moins, extrêmement peu objectives (toujours à la gloire des révolutionnaires, etc.) !

Ensuite, déjeuner dans un petit restaurant. Pour le dessert, nous avons acheté des fruits appelés « dazao ». Ça a la forme et la consistance d'une pomme, mais ça fait la taille d'une petite prune et ça a un noyau ! Pour le goût... un peu comme une pomme peu goûteuse. Sympa.

Après avoir pris le métro, nous nous sommes longuement promené dans le quartier de « Pudong ». C'est un peu comme la Défense, mais des dizaines de fois plus grand, avec des buildings bien plus hauts. On y voit entre autres la Perle de l'Orient (468 mètres), la Jin Mao Tower (421 mètres) et le Shanghai World Financial Center (492 mètres). C'est très impressionnant.

J'ai pris beaucoup de photos (difficile de choisir lesquelles publier ici !), dont un certain nombre avec un réflex numérique (Canon EOS 1000D) qui appartient au groupe de travail de mon collègue. Nous avons traversé le fleuve Huangpu en ferry, pour arriver à un lieu appelé le « Bund » d'où, d'habitude, on voit très bien Pudong et ses gratte-ciel. Toute la rive est malheureusement en travaux pour l'Exposition universelle, donc on ne pouvait rien voir...

Nous avons marché dans des rues très animées et peu touristiques (encombrées, avec des boutiques de tous types et des enfants qui jouent), vraiment dépaysant. On y a quand même trouvé une boulangerie qui vendait des croissants que je lui ai fait goûter. Nous avons fini par une promenade dans « Nanjing Road », une rue très célèbre, piétonne et très commerçante, un peu l'équivalent des Champs-Élysées. Il y avait énormément de monde, et de nombreuses animations (saxophoniste, personnes costumées...). On a mangé un met traditionnel (boulette de pain de riz avec de la viande à l'intérieur) et des sortes de bonbons, comme de la confiture de prune, mais avec le noyau au milieu ! Une dernière vue de Pudong de nuit, puis nous sommes rentrés en trolley-bus.

Le quartier Xintiandi Le bâtiment de la première réunion du parti communiste Des « dazao »
La Perle de l'Orient Les tours du Shanghai World Financial Centre et Jin Mao Gratte-ciel de Pudong Gratte-ciel de Pudong
Bateau sur le fleuve Huangpu Le fleuve Huangpu vu du ferry Pudong vu du ferry Pudong vu du Bund (en travaux) Rue animée de Shanghai Vendeurs de grillades Nanjing Road Vue nocturne de Pudong

Novembre 2009

Dimanche 1er novembre

Cette nuit, il a beaucoup plu (pour la première fois). Ce matin, la température avait bien baissé (environ 15°C) et il y avait beaucoup de vent.

Première sortie seul : je suis allé à la messe à la cathédrale en bus et j'en suis revenu. Il y a quelques indications en anglais dans les bus, mais assez peu. J'ai dû me repérer au nom des rues qu'on traversait, avec un plan en anglais.

L'évêque (assez âgé !) était présent. Mêmes chants que la dernière fois. Seul l'évangile était traduit en anglais sur les écrans. À la fin de la messe, beaucoup de gens prenaient des photos, malgré l'interdiction, donc j'en ai profité !

Ce midi, je suis allé me promener à Zhongshan Park, où se tenait une sorte de fête sino-suédoise pour l'Exposition universelle. Des enfants dessinaient une très longue banderole et les repas étaient gratuits ! J'ai très bien mangé : plat de nouilles et salade de crudités dans des portions individuelles. Le parc est très grand, avec des attractions, des fleurs et des gens qui jouent au Mah-jong (jeu très célèbre où l'on doit former des combinaisons, suite/brelan/carré, à l'aide de sortes de dominos).

Ce soir, dîner dans ce qu'ils appellent un « fast-food », qui est en fait un restaurant self-service dans lequel on mange des plats chinois (poulet au caramel pour moi !).

Intérieur de la cathédrale Saint-Ignace La chorale de la cathédrale Saint-Ignace Zhongshan Park Joueurs de Mah-jong

Mardi 3 novembre

La température a beaucoup baissé : il fait environ 12°C avec du vent. Ça change de la semaine dernière...

Mon sujet de stage a encore changé : j'étudie à présent le PST (Pb1-xZrxTiO3). Le professeur Wang m'a donné des objectifs, donc je pense que ça ne changera plus.

J'ai donc recommencé mes recherches et lectures de publications. Je vais apprendre à fabriquer cette céramique et à étudier ses propriétés piezzo-électriques.

Vendredi 6 novembre

Il fait de nouveau doux (environ 20°C) et le temps est beau.

Je continue mon travail sur le PST. Je suis en train d'apprendre à synthétiser cette céramique à partir des oxydes métalliques, par plusieurs cuissons successives. Pour l'instant, je regarde faire mes collègues, mais je serai bientôt capable de réaliser moi-même les opérations.

Comme tous les vendredi, conférences sur les matériaux. Malheureusement, c'est en chinois la plupart du temps... Ça se passe dans le bâtiment le plus haut du SICCAS. J'ai pu accéder à la terrasse et prendre quelques photos du quartier. On peut y voir le nombre impressionnant d'immeubles et aussi la pollution atmosphérique qui en masque la plupart. Pudong se situe à une dizaine de kilomètres vers l'Est, mais n'est pas visible depuis ce bâtiment.

Ce soir, partie de « 乒乓 » (« ping pang ») avec mes collègues depuis ce même étage du même bâtiment puis initiation à la calligraphie, avec de vrais pinceaux en poils de cochon et de la vraie encre de Chine. Demain, promenade avec un collègue dans d'autres lieux touristiques de Shanghai.

Shanghai vu depuis le SICCAS Shanghai vu depuis le SICCAS Shanghai vu depuis le SICCAS Shanghai vu depuis le SICCAS

Samedi 7 novembre

Excellente journée, que j'ai passée avec un collègue au Shanghai Museum. Ce musée, dont l'entrée est libre, est situé près de Nanjing Road. Il est assez comparable au British Museum et présente d'importantes collections de toutes les époques, concernant l'histoire et la culture de la Chine.

Pour aller au musée, nous sommes passés par un parc appelé « People's Square Park ». Ce qu'y font les gens est vraiment étrange et inimaginable avant de l'avoir vu : de nombreux adultes, plusieurs centaines, se tiennent derrière des feuilles de papier posées sur le sol. Sur celles-ci sont écrites des descriptions (âge, taille, entreprise) de jeunes hommes et de jeunes femmes d'une trentaine d'années que leurs parents essaient de marier. Ce sont d'autres parents qui parcourent les allées, lisent les descriptifs et discutent ou argumentent avec les premiers... Vraiment étrange... Je connais plusieurs personnes que ça choque carrément, mais en Chine, il est assez mal vu de ne pas être marié(e) passée la trentaine...

Nous avons ensuite commencé notre visite du Shanghai Museum par les objets en bronze, datant de -1500 à -400. Ce sont principalement des récipients pour la nourriture et, chose curieuse, ils ont tous trois pieds (peut-être pour des raisons de stabilité ?). Certains sont remarquablement ouvragés, avec des figures animales ou d'autres motifs.

Ce midi, déjeuner dans Nanjing Road, toujours aussi bondée. On a mangé des sortes de galettes de riz, assez épaisses, avec un œuf au plat dedans. En dessert, différents nougats chinois (délicieux !).

Cet après-midi, retour au Shanghai Museum (avec beaucoup de queue à l'entrée cette fois). Nous avons d'abord vu la collection de calligraphie. L'écriture chinoise a beaucoup évolué avec les époques et est devenu un art à part entière : certains documents sont qualifiés de chef-d'œuvre simplement parce que l'écriture est belle et parfaite et que personne d'autre que leurs auteurs ne sait écrire aussi bien.

Souvent, les calligraphes étaient aussi dessinateurs et poètes. Les œuvres que nous avons vues ensuite sont donc composées à la fois d'un poème dont l'écriture est très travaillée et d'une illustration, réalisée à l'encre de Chine. Les différents niveaux de gris sont obtenus en utilisant différentes dilutions de l'encre. Ça s'appelle du lavis et c'est donc semblable à de l'aquarelle, mais avec une seule couleur.

Par la suite, nous avons admiré les collections de sceaux puis d'objets en jade. Les sceaux sont ceux de notables, mais les plus beaux (les sceaux impériaux) se trouvent à Pékin. Nous avons terminé notre visite par les meubles, en bois ouvragé et parfois laqué et enfin par les monnaies (pièces, mais aussi avec des formes plus exotiques...).

Ce soir, dîner dans un restaurant de pâtes et de raviolis (servis dans un grand bol contenant aussi du bouillon). Les photos ont encore été prises avec le Canon EOS 1000D.

Descriptions de jeunes à marier Le Shanghai Museum Bronze au Shanghai Museum Calligraphie au Shanghai Museum Meubles au Shanghai Museum Pièces de monnaie au Shanghai Museum

Dimanche 8 novembre

Ce matin, comme d'habitude, messe à la cathédrale, avec aller et retour seul en bus. Ensuite, déjeuner dans le restaurant self-service situé près du SICCAS.

Cet après-midi, travail sur la machine de pulvérisation cathodique avec ma collègue qui va partir pour le campus de Villeneuve-d'Ascq en décembre. Puisqu'on passe notre temps dans l'open space, on est amenés à travailler le week-end lorsque cela est plus pratique...

On a ensuite longuement discuté de la vie à Lille et des différences avec celle au SICCAS. Parmi les points majeurs, l'absence de commerces dans les environs immédiats de la Cité Scientifique (ici, on a 50 restaurants et 100 boutiques à moins de cinq minutes de marche !) et le nombre de repas servis par jour dans les restaurants universitaires (ici, 3 par jour ; en France, souvent seulement le midi, parfois le soir)...

Par contre, pour les transports (TGV, métro), c'est clairement mieux en France ! Surtout pendant la Fête du Printemps, où l'on compte, m'a-t-elle dit, 1,3 milliard de passagers en deux jours. Les trains sont tellement bondés qu'il est fréquent de ne pas pouvoir monter dedans même en ayant acheté son ticket... Pour cette fête, le SICCAS offre trois semaines de vacances (c'est d'ailleurs les seules semaines que j'aurai). Il va falloir que je planifie avec précision mes déplacements pour éviter les pires journées. J'aimerais bien visiter Pékin et Xi'an (ancienne capitale, ville historique et lieu où se trouve l'armée de terre cuite du premier empereur chinois).

Matériel de calligraphie Restaurant près du SICCAS

Lundi 9 novembre

Aujourd'hui, j'ai commencé la préparation de ma première céramique. Il s'agit d'un disque qui servira de source de PST à la machine de pulvérisation cathodique. La fabrication prend plusieurs jours car la céramique doit cuire et être broyée et filtrée plusieurs fois d'affilée.

La préparation requiert la manipulation de poudre d'oxyde de plomb pure. Comme chacun le sait, ce métal est très toxique et peut s'accumuler dans l'organisme et causer diverses maladies, dont le saturnisme. Nous portons des gants et des masques pendant la manipulation, pour éviter toute inhalation ou ingestion de poussières contenant du plomb. Ces mesures m'ont l'air assez adaptées et je pense que la sécurité est assurée pendant les manipulations. Paradoxalement, j'ai plutôt l'impression que les risques sont plus importants tout le reste du temps (c'est-à-dire hors manipulation). En effet, les gens présents dans la pièce mais qui ne manipulent pas ne portent aucune protection. Ensuite, les gants, masques et déchets de plomb sont simplement jetés dans une poubelle de bureau sans couvercle... Ça me paraît un peu limite, et les femmes de ménage n'ont sans doute aucune idée de la toxicité des poubelles qu'elles vident. D'autres substances plus dangereuses sont peut-être manipulées dans cette pièce sans que je le sache. J'essaie donc de poser beaucoup de questions, mais sans forcément avoir de réponse satisfaisante (c'est du type : « non, je crois que ce n'est pas si dangereux que ça... »)... Enfin, les béchers et autres récipients contenant des résidus de plomb sont lavés dans l'évier. On m'a assuré que l'ensemble de l'eau sortant du bâtiment était retraitée avant d'être rejetée dans les égouts. J'espère que c'est bien le cas... Bref, je me méfie et j'évite de rester dans le laboratoire plus que nécessaire.

À part ça, tout se passe bien ! J'ai pu goûter de la soupe d'algues. C'est un peu surprenant, avec une odeur et un goût de fraîchin... Ce soir, temps extrêmement chaud et pluie dense.

Mercredi 11 novembre

Le travail sur la céramique continue, avec des manipulations sous la hotte. Le masque produit une condensation énorme sur mes lunettes et je n'y vois rien ! Le nettoyage des récipients se fait avec une bassine d'eau dans laquelle on verse de l'acide chlorhydrique hyper-concentré (35 % en masse). Ce produit est manipulé sans aucune protection (pas de masque ni de lunettes) et la bassine est stockée assez près du sol et risque d'être renversée d'un coup de pied. Le dégagement gazeux de chlorure d'hydrogène peut brûler irrémédiablement les yeux. Ça n'a pas l'air d'inquiéter mes collègues outre mesure... Le nettoyage proprement dit se fait en portant des gants de cuisine.

Ce soir, discussion avec ma famille en VoIP (téléphonie par Internet). La solution utilisée est Pidgin, qui implémente le protocole Jingle d'XMPP. Pour l'instant, ça ne fonctionne qu'entre deux clients Pidgin tournant sous Linux... Les comptes XMPP utilisés sont des compte Google Talk. N'hésitez pas à tester ! Il suffit d'installer Linux et Pidgin ! La qualité de son est excellente dans un sens et très instable dans l'autre. C'était déjà le cas avec les deux ordinateurs dans la maison, donc c'est peut-être dû à ma carte son...

Enfin, deux photos des nougats chinois achetés samedi dans Nanjing Road et dégustés avec mes collègues.

Le magasin de Nanjing Road Nougats chinois

Jeudi 12 novembre

Je vais bientôt changer d'appartement. En effet, des problèmes de fuite d'eau à l'étage d'au-dessus ont mis hors service l'éclairage de ma salle de bain (décidément, les fuites d'eau dans ce bâtiment !) et il faut faire des travaux pour réparer. Je vais donc passer du cinquième au troisième étage. J'ai pu visiter mon futur appartement, qui est une copie conforme du précédent. L'état a l'air bon. Déménagement prévu lundi prochain.

Ce week-end, mon groupe de travail et moi allons faire du tourisme à Changzhou, à un peu moins de 200 kilomètres au Nord-Ouest de Shanghai. Il s'agit d'une ville de 3,5 millions d'habitants qui dispose d'un lac et de sources d'au chaude. Le voyage est offert par le SICCAS. Plus d'informations et des photos dimanche soir prochain !

Samedi 14 novembre

Notre groupe s'est rassemblé avec d'autres personnes du SICCAS (plusieurs professeurs, certains en retraite), ce qui faisait une cinquantaine de personnes. Nous sommes partis à 7h30 du SICCAS en direction de Changzhou, par l'autoroute. Celle que nous avons prise est construite en hauteur, « sur pilotis » comme aux États-Unis et avait l'air très récente. Le car paraissait récent aussi mais ça secouait plus que d'habitude. Le voyage a pris environ quatre heures, pendant lesquelles j'ai pu observer le paysage. Tout au long du chemin, on pouvait voir des bâtiments industriels très nombreux (en plus ou moins bon état), énormément de barres et de tours pour le logement (souvent très hautes) et partout, des chantiers de bâtiments en construction. Beaucoup d'eau aussi, entre des étangs où il semble qu'ils élèvent des poissons et de nombreuses rivières naviguables avec des péniches et barges. En arrivant près de Changzhou, je croisais souvent le regard de Chinois se trouvant dans les rues et ils avaient l'air tout étonnés de me voir !

Nous sommes allés déposer nos bagages à l'hôtel, très confortable, chambres pour deux personnes avec une télévision, une bouilloire électrique et des lavabos design, transparents ! Pour le déjeuner, nous sommes allés dans un restaurant très proche de l'hôtel, où nous avons mangé en plusieurs petits groupes, chacun dans sa propre pièce numérotée ! Comme d'habitude, de nombreux plats sont disposés sur un plateau tournant et tout le monde pioche dedans.

Nous avons ensuite dû faire un choix entre deux activités : baignade dans un établissement de bains situé sur des sourcs thermales, ou excursion en bateau sur un lac et différentes îles. J'ai choisi la deuxième option. L'autocar a donc déposés successivement les deux groupes aux lieux prévus après environ une heure de route dans des petites villes où les gens s'affairaient. Parmi les curiosités, j'ai pu voir plusieurs des sortes de tricycles dont le moteur, à l'avant, entraînait une courroie, le tout sans aucune protection. Les gens cultivaient tous les espaces non-construits, d'où la présence parfois de potagers sur le trottoir ! Quelques chiens errant au milieu des maisons. Il était malheureusement trop difficile de prendre des photos depuis l'autocar en mouvement. J'espère avoir l'occasion de revoir ce genre d'endroit, assez inhabituel pour moi.

La promenade en bateau s'est déroulée dans une sorte de parc d'attraction assez moderne où les gens viennent se balader. Outre le lac de retenue, il y a quelques points d'intérêt (très relatif) : sculptures, rongeurs en cage, ponts suspendus, reproduction de pompes agricoles manuelles chinoises ou de bateaux traditionnels, mais globalement, l'attrait culturel ou historique est quasi-nul. C'est au mieux divertissant. J'ai aussi vu la plus grande théière à couvercle du monde : 2,7m3, 3,5 mètres de haut, 980 kg. Passionnant... Le mieux était encore la vue depuis le lac, mais le temps n'était pas extraordinaire, et il faisait froid.

Retour à l'hôtel et dîner dans une grande salle du même restaurant que ce midi. Mes collègues n'avaient pas bu une seule goutte d'alcool depuis la dernière fois, mais cette fois-ci, c'était impressionnant ! J'avais lu que dans la culture chinoise, il fallait absolument porter un toast à quelqu'un avant de boire de l'alcool. Mais là, comme il y avait beaucoup de gens importants, il fallait porter un toast à chacun d'entre eux ! On a fait cela avec de l'alcool fait à partir de blé et de maïs, à... 52° ! Heureusement, il était possible de n'en boire qu'un tout petit peu à chaque toast, même si les professeurs vidaient leur verre régulièrement. Ma table (10 jeunes) a quand même vidé une bouteille d'un demi-litre. Je me suis débrouillé pour ne boire au total qu'un seul verre. Heureusement, l'ambiance était bonne et les professeurs ont apprécié que je parle un peu chinois. Ils ont même tenu à m'initier au dialecte de Shanghai (par exemple, « ni hao » (bonjour) devient « non hao ») !

Mes collègues et moi ne nous sommes pas attardés et sommes allés dans nos chambres pour discuter (à propos du système éducatif français et de la visite d'Obama à Shanghai ces dimanche et lundi).

Vue d'une fenêtre de l'hôtel Le déjeuner La banlieue de Changzhou Notre bateau, sur le lac Les ponts suspendus Roue hydraulique Bateaux traditionnels La chambre d'hôtel

Dimanche 15 novembre

Ce matin, petit-déjeuner à 7h au restaurant près de l'hôtel, avec, entre autres, du jus d'orange chaud (fumant) !

L'activité de ce matin était la visite d'un parc nommé « l'océan de bambous ». Il est situé dans une petite vallée, entourée de montagnes/collines couvertes de bambous. Nous sommes montés au sommet de l'une d'entre elles, le mont « Wuyuediyi », qui s'élève à 509 mètres. La montée peut s'effectuer par téléphérique, mais nous avons préféré prendre l'escalier de mille marches, assez abrupt et éreintant. Tout la montée se fait dans une forêt de bambous, le long d'un petit torrent. Au sommet, où la vue était malheureusement bouchée par la brume, on pouvait faire sonner un énorme gong, et certains accrochaient des rubans porte-bonheur à des supports prévus à cet effet. Les amoureux gravent leurs noms sur des cadenas et les accrochent à des chaînes qui en sont couvertes !

Nous sommes redescendus par un autre escalier avant d'aller déjeuner dans le restaurant le plus proche. Encore plein de plat, dont de la soupe de poulet (entier dans la marmite, tête comprise !) et des pousses de bambous (salé, coriace, mais le goût est bon !).

L'autocar a ensuite pris l'après-midi pour nous reconduire à Shanghai. Tous ces paysages industriels sous la pluie étaient un peu sinistres. Heureusement, il n'a pas plu pendant les balades. Ce soir, dîner dans le self-service habituel, près du SICCAS.

Dans le parc de l'océan de bambous La forêt de bambous Vue du sommet Cadenas d'amour Rubans porte-bonheur Paysage industriel

Mercredi 18 novembre

Plusieurs chercheurs français sont arrivés au SICCAS aujourd'hui. Je n'ai pour l'instant pu rencontrer que M. Rémiens, de l'IEMN, que je connaissais déjà. Je devrai faire une présentation en anglais sur le PST vendredi matin devant les chercheurs chinois et français.

Je suis bien installé dans ma nouvelle chambre, mais il commence vraiment à faire froid (environ 5°C). La climatisation permet de chauffer le logement, mais son efficacité ne m'a pas encore convaincu...

J'ai pu goûter de nouveaux mets chinois, à savoir une boisson chaude fabriquée à partir de poudre de noix et de sésame, plutôt bon et un plat de lamelles d'algues, qui a à peu près le même goût que la soupe d'algues de l'autre jour (pas mauvais). J'ai aussi acheté une grande bouteille de jus de kiwi !

Jeudi 19 novembre

J'ai passé une nuit assez terrible. En effet, ma climatisation, après une heure de fonctionnement, a réussi à faire passer la température de ma chambre de 12°C à 13°C (mais elle m'annonce fièrement 25°C !). À mon réveil, il faisait 9°C. Mon chauffe-eau marche tout aussi mal et j'ai donc pris une douche froide juste après. Puis mes collègues et moi nous sommes rendus à l'Université Normale de Shanghai, sur un campus situé à environ une heure de métro. Là, il neigeait (très peu et ça n'a pas tenu) !

Nous avons assisté à un workshop sino-français entre plusieurs instituts chinois, dont le SICCAS, et le CNRS, représenté par l'IEMN. Nous avons passé la matinée à écouter plusieurs interventions sur les recherches en cours dans les différents instituts (matériaux, microélectronique, nanotechnologies, etc.).

À midi, tout le monde a mangé sur place, où l'on nous a servi des plats vraiment excellents et très variés (crabe, crevettes, sole, canard, champignons, etc.). C'était bien meilleur que tous les restaurants précédents, qui n'étaient pourtant pas mauvais !

Cet après-midi, suite des conférences. Le niveau d'anglais est assez variable selon les participants, et ce ne sont pas les Chinois les pires ! J'espère que tout se passera bien pour ma présentation sur le PST, qui aura lieu demain matin au même endroit.

Ce soir, dîner sur place, tout aussi bon que le déjeuner. Ensuite, un bus nous a déposé à environ une demi-heure de marche du SICCAS. Certains ont pris un taxi, mais ma collègue qui ira en France en décembre et moi avons préféré rentrer à pied.

L'Université Normale de Shanghai Les participants au workshop Le repas Les serveuses

Vendredi 20 novembre

En ayant laissé ma climatisation chauffer ma chambre toute la journée et toute la nuit, il faisait environ 16°C quand je me suis couché et à peu près autant au lever. C'est donc supportable.

Ce matin, suite du workshop avec les professeurs chinois et français et de nombreux doctorants chinois. Mon speech s'est bien passé. Ce midi, encore un très bon repas, avec encore du crabe, des crevettes panées et tout plein d'autres choses que je ne sais pas définir mais qui étaient très bonnes.

Cet après-midi, deux de mes collègues m'ont fait visiter l'Université Normale de la Chine de l'Est, dont le niveau est comparable à nos Écoles Normales Supérieures. Le campus est très grand, mais plutôt mal desservi : c'est à plus d'une heure de car du centre de Shanghai, et il n'y a pas de métro à proximité.

Nous sommes rentrés en car puis en taxi. Après le repas, j'ai aidé un collègue à partitionner son disque dur pour qu'il puisse installer Linux dessus. Mandriva va bientôt s'installer en Chine !

Ma présentation au workshop Panier de crevettes panées Décor fleuri sur le campus de Minhang de l'Université Normale de la Chine de l'Est Mes collègues devant la bibliothèque de l'Université Normale de la Chine de l'Est

Samedi 21 novembre

Aujourd'hui, j'ai visité un quartier de la banlieue de Shanghai, appelé « Qibao old town ». C'est un ensemble de maisons assez anciennes séparées par des rues très étroites et pleines de monde ainsi que par deux canaux, comme à Venise mais en plus petit.

Les rues principales sont très touristiques, et on y trouve toutes sortes de boutiques-souvenir et énormément de nourriture à emporter. J'ai donc pu goûter une friandise très appréciée, une brochette faite de sortes de petites pommes, mais avec de gros pépins, le tout recouvert d'une sorte de caramel. Ça s'appelle « Bing tanghulu ».

Dans les rues secondaires, c'est beaucoup plus dépaysant, et l'on peut voir les arrières boutiques, avec, parfois, des canards vivants, des chiens errants et plein de gens qui travaillent.

Nous avons déjeuné dans un bon restaurant avant d'aller visiter un temple bouddhiste. Il y avait là de nombreuses statues au-dessus d'autels couverts d'offrandes (souvent des fruits et parfois de l'encens) et des gens en prière. L'accès coûtait 5 Yuans, mais nous n'avons pas pu accéder à la tour à côté du bâtiment principal.

Ensuite, nous avons fait un tour en bateau sur le canal, très reposant ! Une dame assez âgée godillait pendant une vingtaine de minutes. La plupart de mes collègues ne savent pas nager, et monter sur un bateau ne paraissait pas si anodin dans ce cas !

Nous avons enfin fini notre promenade par d'autres petites rues. Désolé pour ceux que ça va choquer, mais il y avait sur un étal les deux pattes postérieures d'un chien de taille moyenne. En discutant avec mes collègues, les réponses ont été assez diverses quant au fait de manger ou non du chien en Chine. L'un m'a dit que c'était très rare et l'autre que plus de la moitié des chinois mangeaient du chien au moins une fois dans leur vie. Le second en avait déjà mangé et m'a conseillé de goûter du serpent (on verra...). Je pense qu'il est courant de manger du chien dans certaines provinces et pas dans d'autres.

Ce soir, courses à Tesco. Ça change de Carrefour, mais c'est à peu près équivalent. J'ai acheté des sortes de petits pains, similaires à ceux qu'on trouve en France, et du beurre de cacahuètes (miam !).

Qibao old town Rue très touristique Fabrication d'une couette Personnes brûlant de l'encens dans le temple bouddhiste Pagode du temple bouddhiste Rue commerçante En bateau sur le canal Étal présentant du chien

Dimanche 22 novembre

Ce matin, messe à la cathédrale. Ensuite, je suis allé dans les magasins d'informatique qui sont situés juste en face d'elle (pratique !).

Ces magasins sont tout simplement impressionnants ! Le premier a à peu près la même superficie que Surcouf, mais fait six étages ! À chaque étage, chaque marque a son propre stand et ses propres vendeurs (un peu comme dans un salon d'exposition). C'est très problématique, car on ne peut pas comparer des produits similaires de différentes marques sans aller à chacun des stands. Évidemment, tous les cinq mètres, un vendeur vient chercher le client pour l'emmener vers son stand... Et à côté de ce magasin, il y en a plusieurs autres tout aussi grands, avec les mêmes marques. J'y étais vers midi, et c'était rempli de monde.

Je suis ensuite allé au MacDo, même si je n'aime pas ça, car je ne suis pas encore capable de choisir et commander des plats en chinois dans un restaurant... Ça viendra !

Cet après-midi, j'ai continué ma visite du Shanghai Museum, avec, cette fois-ci, les sculptures et les céramiques. Je suis rentré par Nanjing Road, pleine de monde, comme d'habitude.

Ce soir, restaurant de raviolis avec mes collègues.

Intérieur du Shanghai Museum Céramique du Shanghai Museum Céramique du Shanghai Museum Centre-ville près du Shanghai Museum

Lundi 23 novembre

Désolé pour le retard dans la publication des nouvelles d'hier, mais j'ai été déconnecté d'Internet pendant plus de 24 heures. En effet, le SICCAS limite la bande passante de chaque utilisateur à 2 Go par moi, ce qui est un peu juste (et pourtant, je ne fais que surfer, pas télécharger). Il est vrai que les discussions en VoIP sont assez consommatrices de bande passante... Bref, je ferai plus attention à l'avenir.

Sinon, depuis hier, le temps est redevenu un peu moins froid et plus ensoleillé. Ma climatisation a été réparée (elle était en fait obstruée par de la poussière, d'où son mauvais fonctionnement).

Mardi 24 novembre

Aujourd'hui, temps de mi-saison : 18°C prévus et au moins 15°C observés. J'ai ouvert grand mes fenêtres. C'est plutôt surprenant, ces températures qui jouent au yoyo... Mes collègues m'ont dit que c'était dû à des masses d'air froid venant de Russie...

Ce soir, jeu en réseau avec mes collègues. On a fait deux parties de World of Warcraft, plus précisément la carte DotA, très appréciée à Centrale, d'après ce que j'ai pu observer. Sympathique, sauf que tout est écrit en chinois, donc ça complique la prise en mains. Je regrette de ne pas m'être entraîné à Centrale !

Mercredi 25 novembre

Ce matin, ma collègue qui partira travailler pour un an à l'IEMN est allée déposer ses documents de demande de visa au consulat de France. Visiblement, la procédure est encore plus compliquée pour se rendre en France depuis la Chine que l'inverse ! Elle a du rassembler pas moins de 24 documents, y compris des attestations faites par un notaire prouvant que les documents originaux sont authentiques...

Par contre, il est beaucoup plus facile de déposer ses documents au consulat de France à Shanghai qu'à l'ambassade de Chine à Paris. Son rendez-vous était fixé à 10 heures ; elle a pu entrer à 9 heures, attendre une demi-heure et le passage au guichet a duré moins d'un quart d'heure.

Je l'ai accompagnée car je devais donner une photo d'identité aux services consulaire, pour terminer mon enregistrement auprès d'eux. J'ai eu droit à une carte plastifiée résumant mon identité, les coordonnées du consulat et indiquant « Le titulaire de cette carte est placé sous la protection consulaire de la France ». Cool !

Samedi 28 novembre

Ce matin, courses à Carrefour. Je suis allé voir le rayon poissonnerie, où sont vendus des poissons vivants (rien d'exceptionnel), mais aussi de grosse grenouilles et des tortues vivantes avec une drôle de tête. Au rayon boucherie, les morceaux de viande sont stockés dans de grands réfrigérateurs sans couvercle et sans emballage, et les gens les touchent pour les choisir !

Cet après-midi, un collègue m'a emmené à la bibliothèque municipale, qui est la plus importante de Chine en termes de richesse du contenu. Elle est aussi classée parmi les 10 plus importantes bibliothèques du monde. Elle est composée de quatre étages accessibles, assez vastes, où il n'y a rien d'extraordinaire à part le nombre des titres de presse disponibles (plusieurs centaines) et le nombre d'ordinateurs pour consulter le catalogue (au moins cent), et également d'une tour, non-accessible au public, où sont stockés les collections. Si l'on souhaite consulter ou emprunter un livre non-accessible, il suffit de le demander au guichet, et il sera apporté par un système de wagonnets se déplaçant sur des rails horizontaux ou verticaux, le tout géré automatiquement. C'est très impressionnant à voir !

Ensuite, nous nous sommes promenés dans des rues proches de l'ancienne concession française (qui contenait entre autres la cathédrale Saint-Ignace). On y trouve quelques bâtiments de style européen et plusieurs consulats, donc ceux des États-Unis et de l'Iran, avec plusieurs gardes en uniforme. Enfin, photos de nuit et dîner dans un tout petit restaurant.

Rue près de l'ancienne concession française Maquette de la bibliothèque Salle de la bibliothèque Intérieur de la bibliothèque Système automatique de la bibliothèque Vue de nuit d'une rue de Shanghai

Dimanche 29 novembre

Ce matin, je suis allé à la messe de l'église Saint-Joseph, située près de Nanjing Road. La messe y est célébrée selon le rite tridentin (et donc en latin) une fois par mois. C'était un peu plus facile à suivre que lorsque c'est en chinois, mais au final, vu que les lectures et l'homélie sont là aussi en chinois, ça revient presque au même... Par contre, j'y ai rencontré un groupe de six jeunes Chinois catholiques, qui m'ont invité à les suivre toute l'après-midi pour aller visiter d'autres églises.

Ils avaient environ 26 ans et deux d'entre eux étaient très bien équipés photographiquement parlant. Nous avons mangé ensemble (riz cantonnais pour moi) avant de retourner dans l'église Saint-Joseph pour prendre davantage de photos. L'église date de 1860 et ses vitraux ont été conservés.

La première église que nous avons visitée, Saint-François-Xavier, était en travaux, c'est-à-dire totalement vidée de son contenu, et de nombreux ouvriers y travaillaient. Nous avons pu accéder aux combles et nous promener entre la voûte de la nef et le toit. C'était vraiment impressionnant, tout-à-fait exceptionnel, pas franchement sécurisé, mais je ne regrette pas du tout ! On a pu voir le mécanisme d'horlogerie (Gourdin-Sarthe, donc français et assez ancien) et les deux cloches.

Ensuite, nous avons pris un taxi pour aller à l'église Saint-Pierre, assez moderne, où avait lieu une messe coréenne. Le matin du 25 décembre, une messe y sera célébrée en français.

Enfin, nous avons marché jusqu'à une ancienne chapelle, dont les vitraux sont à présent murés, et qui a plus ou moins été transformée en musée. Plus ou moins, car on n'y expose rien, c'est en travaux, et des gens y vivent ! On nous a bien volontiers laissés entrer et nous avons pu admirer la vue sur le quartier depuis une terrasse. Ce bâtiment est située dans un quartier de l'ancienne concession française, et l'atmosphère y est très particulière : ce sont des maisons, pas des immeubles, entourées de jardins peu entretenus, avec beaucoup d'arbres et de nombreux chats errants. Le contraste avec la ville moderne est saisissant, mais je ne pense pas que les photos en rendront bien compte. Les conditions de vie des gens sont ici assez précaires, avec une seule pièce principale, plein de choses entassées, un état général du bâtiment plutôt mauvais et une cuisine aux murs pas vraiment propres...

Dans un parc, par lequel nous sommes passés, des adultes « jouaient » au cerf-volant, ou avec des sortes de diabolos qui faisaient du bruit en tournant. À des tables où des personnes âgées jouaient aux cartes en pariant de l'argent se rassemblaient des dizaines de personnes, pour suivre la partie. Le temps est assez froid, gris et hivernal, mais les gens semblent apprécier sortir de chez eux et se rassembler pour passer du temps ensemble. Ça m'a donc laissé une très bonne impression.

Intérieur de l'église Saint-Joseph Vitrail de l'église Saint-Joseph L'église Saint-François-Xavier Combles de l'église Saint-François-Xavier
Rue de l'église Saint-François-Xavier Intérieur de l'église Saint-Pierre Quartier de l'ancienne concession française Jardin de l'ancienne concession française

Décembre 2009

Mardi 1er décembre

Mon travail de préparation de cibles en céramique continue. Les cibles sont utilisées comme source de matériau pour la pulvérisation cathodique qui doit produire une couche mince de matériau sur un substrat. Il m'a fallu quatre semaines pour produire ma première cible, et l'atelier qui devait me l'usiner l'a cassée ! La température de cuisson que j'ai choisie avec l'aide de mes collègues devait être mauvaise. Heureusement, j'ai une deuxième cible qui devrait sortir du four demain. J'espère qu'elle aura plus de chance que la première...

Une cible mesure entre 7 et 8 cm de diamètre. La couleur rouge visible sur la photo est due au plomb (environ 65% de la masse totale).

Cible en céramique cassée

Jeudi 3 décembre

J'ai pu envoyer ma seconde cible en PST à l'atelier, et elle a été correctement usinée, ouf ! D'après ce que j'ai pu voir, ces personnes travaillent mains nues, sans protection, que ce soit pour le polissage des céramiques sur des surfaces abrasives ou pour leur découpe à la scie circulaire... Sans compter les poussières qu'elles doivent respirer...

J'ai commencé la préparation d'autres cibles, en LNO (LaNiO3) cette fois, qui serviront au dépôt en couche mince des électrodes sur le PST. Cette fois-ci, je le fais tout seul, car la procédure de préparation est très similaire à celle des cibles en PST.

Samedi 5 décembre

Ce matin, j'ai visité le temple Chenghuang avec un collègue (entrée : 10 Yuans). Ce temple taoïste, situé un peu au Sud de Nanjing Road, est consacré à des « divinités » locales, qui sont en fait des personnages historiques ayant défendu Shanghai. Le temple comprend plusieurs parties, avec de nombreuses statues représentant diverses divinités. Chacune a un rôle différent : l'une protège la ville, l'autre la santé, une autre la famille, symbolisent la force, la stratégie, etc. et la plus importante est censée fournir... l'argent ! Les fidèles s'inclinent plusieurs fois mains jointes devant chaque statue et font des offrandes d'argent ou d'encens. Il est possible d'acheter toutes sortes d'objets, principalement des porte-bonheur et des reproductions des statues (on m'a dit que beaucoup d'entreprises aimaient présenter la divinité de l'argent dans leurs locaux !). L'architecture est très traditionnelle, avec beaucoup de bois ouvragé et de très beaux toits décorés de statues et de dragons.

Nous avons ensuite marché dans des petites rues extrêmement touristiques, remplies de monde, où l'on trouve des vendeurs de clés USB et de cartes mémoires tous les 10 mètres. On se fait aussi souvent aborder par des gens qui veulent vendre des iPhones. Même mon collègue est d'accord pour dire qu'il s'agit de contrefaçons. Plus loin, un magasins ne vendait que des décorations de Noël. J'ai craqué pour une guirlande de LEDs bleues que je cherchais depuis longtemps. 25 Yuans pour 144 LEDs, c'est raisonnable, d'autant que j'ai pu tester son fonctionnement avant de l'acheter !

Nous avons ensuite déjeuné dans Nanjing Road, dans un restaurant de raviolis, pas trop mal et pas très cher, plus rapide qu'un restaurant traditionnel : là, on commande ce que l'on souhaite au guichet en arrivant, puis on va s'asseoir et une serveuse apporte les plats.

J'ai maintenant une carte de transport. C'est gratuit, contre une caution de 20 Yuans. Il faut ensuite la charger en donnant de l'argent liquide au guichet. Les transports coûtent ensuite le même prix, et la carte est débitée à la sortie du métro, en fonction du nombre de stations parcourues depuis l'entrée. Ça fait gagner énormément de temps, car on n'a plus besoin d'acheter de tickets. C'est d'autant plus pratique que les tickets s'achètent toujours un par un (ce sont des cartes électroniques récupérées par le tourniquet à la sortie).

Enfin, nous nous sommes promenés près du Nanpu Bridge, un très grand pont à haubans traversant le fleuve Huangpu. Il y en a plusieurs autres du même type à Shanghai.

Aujourd'hui, le temps était magnifique, sans un nuage. Le ciel n'est cependant pas aussi bleu qu'il le devrait et on voit clairement la chape de pollution quand on regarde au loin. Là où nous sommes allés aujourd'hui (mais les week-end précédents aussi), il y avait des travaux absolument partout. On sent que l'Exposition universelle approche, et sa devise est affichée sur tous les chantiers : « better city, better life » !

Le temple Chenghuang Autel d'une divinité Autel d'une divinité Offrande d'encens
Rue près de Nanjing Road Restaurant de raviolis Nanpu Bridge Le fleuve Huangpu près de Nanpu Bridge

Dimanche 6 décembre

Aujourd'hui, je suis parti me promener seul dans Shanghai. J'ai commencé par visiter la gare Sud (Shanghai possède deux gares principales, Nord et Sud). Elle est située assez loin du centre-ville et fait vraiment penser à un aéroport : elle a un dôme circulaire et il est nécessaire de passer des contrôles de sécurité (dont un scan des bagages aux rayons X) pour entrer. L'accès aux quais est presque aussi limité que celui de la salle d'embarquement d'un aéroport. Il est donc presque impossible de voir les trains si l'on n'a pas l'intention d'en prendre un...

Ensuite, marche de cinq heures (j'ai dû faire entre 12 et 15 kilomètres, d'après Google Maps) dans les environs de la gare, pour essayer de voir les trains chinois, sans beaucoup de succès (une seule photo) puis jusqu'à la cathédrale (pour la messe de 18h), en prenant mon temps pour regarder. Je suis tombé par hasard sur un marché, où j'ai pu photographier une cage de poules, pleine à craquer. Les commerçants sont plutôt sympathiques et aiment être pris en photos. Par contre, ce n'est pas très facile de discuter : ils me disent « hello », et quand je leur réponds « ni hao », ils croient que je comprends bien le chinois, continuent à me parler dans leur langue et je ne comprends plus rien du tout ! Bref, j'ai encore beaucoup de progrès à faire...

Intérieur de la gare Sud Cage à poules Magasin de boissons Rue traditionnelle

Mercredi 9 décembre

Ma collègue partira pour Lille demain soir. Ce soir, elle a invité le groupe de travail au restaurant pour fêter son départ. Je l'ai aidée à réserver un billet de TGV Paris-CDG/Lille. En effet, pour payer sur le site voyages-sncf.com, il faut une carte bleue ou compatible VISA. Or, les Chinois ont leur propre système, appelé « Union Pay », qui n'est pas accepté sur ce site. En revanche, les billets 'prems' imprimables sont évidemment extrêmement pratiques quand on veut les acheter depuis l'autre bout du monde.

Un point qui intéressera ceux qui voudraient venir en Chine : les prises électriques européennes et chinoises ne sont pas compatibles : en France, nous utilisons des fiches cylindriques ; en Chine, elles sont plates (comme aux États-Unis) et inclinées (voir photo). Par contre, contrairement aux nôtres, la plupart de leurs prises murales acceptent aussi bien le standard chinois que les standards européen et américain. Je n'utilise donc pas mes adaptateurs. Pour les rares prises murales qui n'acceptent que le standard chinois, il est possible d'acheter un adaptateur international vers chinois pour 15 Yuans à Carrefour. Quand je pense que j'ai acheté mon adaptateur international vers international pour 15€...

Prises murales acceptant les standards chinois, européen et américain

Vendredi 10 décembre

Ce matin, vaccination contre la grippe A au consulat de France. Il fallait prendre rendez-vous par téléphone la semaine dernière et nous n'avions pas le choix de l'horaire. L'accueil est bon et efficace et les personnes qui accueillent (dont certaines sont volontaires), sympathiques. Le vaccin utilisé est importé de France. Les Chinois ne semblent pas trop s'inquiéter de la grippe. On en entend parfois parler, mais beaucoup moins qu'en France avant mon départ.

Samedi 11 décembre

Comme tous les week-end, promenade dans Shanghai avec un collègue. Nous avons commencé par le « Shanghai exhibition center », bâtiment de style soviétique construit en 1955 pour symboliser l'amitié sino-russe. À l'intérieur se tenait le « Congrès international pour la nutrition ». L'entrée était libre et nous y avons dont jeté un coup d'œil. C'était minuscule : une trentaine d'exposants et autant de visiteurs... On nous a fait goûter une boisson à base de pousses de blé et de jus de citron... qui avait un goût de gazon, mais, au moins, c'était bio ! Dans le reste du bâtiment, des ouvriers installaient des équipements pour une autre exposition et nous en avons profité pour visiter les autres salles, entièrement vides, mais avec de jolis décors russes.

Ce midi, nous avons mangé près du stade de football Hongkou, dans un restaurant japonais de la chaîne Ajisen Ramen, spécialisée dans les soupes de nouilles. La mienne contenait aussi des crevettes, des morceaux de calamar et... des algues ! Le plat est accompagné de thé parfumé. Le personnel était chinois, mais on sent une atmosphère et une organisation différente. C'était délicieux et j'ai vraiment très bien mangé... pour 25 Yuans !

Ensuite, passage par un parc où les gens dansaient la valse, puis visite du mémorial de Lu Xun, l'écrivain chinois le plus important du 20e siècle. Le mémorial est un musée rassemblant de nombreux objets d'époque (journaux, affiches, etc.), dont certains ont appartenu à l'écrivain. Les différentes pièces racontent son histoire. Je pense que s'il est autant glorifié ici, c'est certes pour ses talents littéraires, mais aussi beaucoup parce que ses idées étaient proches de celles des communistes pendant la guerre civile chinoise (ses écrits ont été censurés par le pouvoir en place avant la guerre).

Enfin, nous sommes allés à l'Université Fudan, la plus prestigieuse de Shanghai, où se tenait une conférence sur l'art d'apprendre l'anglais en Chine. Malheureusement (et un peu paradoxalement), c'était complètement en chinois ! Nous nous sommes ensuite promenés sur le campus, très calme, avec de nombreuses bicyclettes et une grande statue de Mao. Ce soir, dîner dans un autre restaurant près du SICCAS.

Le Shanghai exhibition center Plafond décoré, de style russe Pièce du Shanghai exhibition center Chinois valsant dans un parc Mémorial de Lu Xun Restaurant japonais Ajisen Ramen Conférence sur l'apprentissage de l'anglais L'Université Fudan

Dimanche 12 décembre

Journée pluvieuse, pas de visites. J'ai juste photographié la gare Nord avant d'aller à la cathédrale.

Soirée consacrée à l'étude du chinois. Je connais déjà une cinquantaine de sinogrammes (forme, prononciation et sens), les plus simples, mais pas forcément les plus fréquents. On dit souvent qu'il faut en connaître 1500 pour pouvoir commencer à lire, et 3000 pour pouvoir lire presque n'importe quel écrit. J'en suis encore loin !

La gare Nord

Jeudi 17 décembre

Cet après-midi, tout mon groupe de travail s'est rendu dans un hôpital pour rendre visite à une collègue du groupe qui y a été admise hier, pour un problème respiratoire mineur. Nous étions à 10, donc on nous a interdit d'entrer tous dans sa chambre. Elle a dû venir dans le couloir pour manger avec nous les fruits que nous avions apportés (un collègue a acheté au moins 5 kilos de pommes, oranges et bananes hier et tout le monde peut se servir). Je n'ai pas une grande expérience des hôpitaux français, mais le bâtiment m'avait l'air très similaire à ce qu'on peut trouver à Paris (plus de 10 étages, des grands couloirs, ça semblait en bon état et assez moderne). La différence principale doit être le nombre de personnes par chambre : ici, toutes les portes restent ouvertes, et j'ai pu voir qu'ils étaient toujours au moins trois personnes dans une petite chambre, et jusqu'à huit dans une pièce moyenne (six lits contre les murs et deux au milieu, difficile de circuler).

Ma famille m'a envoyé un colis avec plein de bonnes choses (chocolat, nougat, thé, dattes...) ! Ça fait très plaisir ! Le rayon « produits du monde » de Carrefour a beau être relativement bien fourni (grande variété de produits, y compris français), le choix reste insuffisant (les produits français sont surtout de marque Carrefour) pour trouver ce qu'on veut, et ça m'a l'air plus cher qu'en France. Mes collègues apprécient aussi de goûter des produits français ! Ils m'ont déjà fait goûter pas mal de produits chinois, et on partage souvent la nourriture dans l'open-space.

Samedi 19 décembre

Aujourd'hui, je suis allé à She Shan avec un collègue. Il s'agit d'une colline située assez loin dans la banlieue de Shanghai, à une trentaine de kilomètres du SICCAS, mais accessible en métro et bus. À son sommet se trouve la basilique de She Shan, construite en 1935 mais actuellement en travaux. Elle est connue pour être la plus grande église en Asie de l'Est, mais j'ai quand même des doutes car, sans l'avoir visitée, elle ne me semble pas si grande que cela...

À côté de l'église se trouvent des bâtiments abritant un observatoire installé là par les Jésuites en 1899. Nous avons pu visiter le musée, qui présente l'histoire de l'astronomie, et voir l'ancien télescope et un mini-planétarium. Entre 1872 et 1899, l'observatoire était situé près de la cathédrale Saint-Ignace, qui est à présent en plein centre-ville. Le déplacer sur cette colline permet de gagner un peu en visibilité. L'observatoire est encore actif et dispose à présent d'un télescope bien plus grand, mais non-visitable. Nous avons ensuite mangé dans un petit restaurant, après une longue marche par -2°C. Le temps est splendide et il ne risque pas de neiger...

Au pied de la colline se trouvent de très grandes maisons appartenant à de riches propriétaires et parfois à des entreprises (on m'a dit que certaines propriétés valaient 40 millions de Yuans !). Presque au même endroit, d'autres maisons sont très modestes et appartiennent à des paysans ou artisans qu'on peut voir travailler sur des machines d'usage très semblables à celles qu'on utilise à Centrale en fabrication mécanique (certaines sont à commande numérique).

La basilique de She Shan Vue du sommet de la colline L'ancien télescope Siège de l'ancien télescope Riche propriété de China Mobile Maison modeste

Dimanche 20 décembre

Ça faisait longtemps que je voulais voir le Yangzi Jiang, le plus long fleuve d'Asie, qui coule au Nord de Shanghai. J'ai pu le voir aujourd'hui, accompagné d'un collègue, dans une zone surnommée « delta area ». Le Yangzi se déverse en effet dans la mer de Chine en un très vaste delta qui comprend plusieurs grandes îles. Peu avant son embouchure, il est rejoint par le fleuve Huangpu, très large, mais ridicule par rapport au Yangzi. En ce lieu se trouve un grand parc aménagé (Binjiang, entrée : 20 Yuans, accès en métro puis en bus) offrant une très belle vue sur le Yangzi et les innombrables bateaux qui y passent. Shanghai possède le plus grand port du monde en tonnage. L'activité maritime est donc impressionnante et des bateaux de toute taille passent sans cesse dans les deux sens. Le temps est magnifique, comme hier, et je pense donc que la visibilité était à son maximum ; malgré cela, on n'y voyait pas tellement loin et il y a un voile gris (pollution ?) sur les images. Vous pouvez voir les images avec des couleurs accentuées en passant la souris dessus.

Le parc en lui-même est assez semblable à ce qu'on peut trouver en France (du style du parc de la Courneuve, pour ceux qui connaissent). À la belle saison, les Chinois viennent y prendre le soleil et y louer des voitures à pédale et des pédalos. En hiver, c'est complètement mort : nous avions tout le parc pour nous tous seuls et nous n'étions que deux dans le restaurant ! Autour du parc, l'ensemble de la zone est très industriel, et on croise sans arrêt des camions transportant des conteneurs. Les boutiques vendent des pneus de camions, et ceux qui ne les conduisent pas les réparent sur place. Nous étions harcelés par des particuliers qui voulaient nous servir de taxi (très nombreux, en voiture et en moto, pour 15 Yuans la course), mais nous avons préféré prendre le bus.

En nous promenant, nous avons vu des demi-chiens qui séchaient au soleil... J'ai eu droit à d'autres explications de mon collègue. D'après lui, il est très courant de manger du chien, quelle que soit la province. C'est même un ingrédient de la médecine traditionnelle chinoise, en particulier contre les problèmes de reins. Il en a déjà mangé et aime bien ça ! Une seule race de chien est élevée et consommée ; les autres sont laissées tranquilles ou utilisés comme animaux de compagnie. Cette viande était exposée sur le bord de la route, sans surveillance et sans protection. Si on tient compte de la température (environ -2°C), ça fait un peu comme un frigo, les gaz d'échappement en plus !

Après deux mois sans pizza, j'étais vraiment en manque, donc je suis allé chez Papa John's (chaîne américaine), dans un gigantesque centre commercial, après la messe à la cathédrale. Les pizzas sont vraiment chères en Chine (prix de base : 63 Yuans alors qu'un bon repas au restaurant coûte 25 Yuans) ; évidemment, comparé au prix français, ce n'est pas le cas. Les Chinois n'installent pas de décorations de Noël dans les rues en décembre. Par contre, le centre commercial était très décoré et les magasins occidentaux mettent des pères Noëls partout.

Le parc près de l'embouchure du fleuve Huangpu Bateaux sur le Yangzi Jiang Bateaux sur le Yangzi Jiang Conteneurs et camion de transport Viande de chien Centrale électrique La crêche de la cathédrale Le centre commercial de Xujiahui

Lundi 21 décembre

Aujourd'hui, j'ai mangé du pitaya. C'est un fruit rose et écailleux au goût très doux, dont la chair fait penser à celle du kiwi, mais blanche.

Pitaya Chair du pitaya

Mardi 22 décembre

On m'a montré comment préparer le substrat sur lequel on effectuera la pulvérisation cathodique. Le décapage se fait en utilisant (entre autres) du trichloroéthylène pur, un solvant particulièrement dangereux (la vente aux particuliers est interdite dès lors que la concentration dépasse 0.1% ; là, on est à plus de 99% !). La manipulation se fait avec des gants et un masque de chirurgie. La hotte m'a l'air bien inutile, vu ce qu'elle aspire. Je pense qu'on est assez loin des recommandations européennes en la matière...

Pour respecter la tradition du solstice d'hiver, nous sommes allés manger dans un restaurant de raviolis.

Restaurant de raviolis Restaurant de raviolis

Jeudi 24 décembre

Ce soir, tout le groupe de travail est allé dîner au restaurant, pour fêter Noël. D'habitude, m'ont-ils dit, ils ne font pas cela, mais ils cherchent toujours de bonnes raisons pour aller au restaurant ! Ce n'est pas moi qui vais m'en plaindre, surtout que ce midi, la nourriture de la cantine du SICCAS était exceptionnellement mauvaise : j'avais le choix (en plus du riz) entre tofu, tofu et tofu... J'ai essayé deux sortes différentes de tofu... infect ! Le reste du temps, on mange très souvent du chou chinois et des cuisses de poulet ou de canard, ce qui est bien meilleur ! Au restaurant, parmi les nombreux plats, il y avait du cou de canard (surprenant !).

Ensuite, coiffeur ! Un collègue m'a accompagné pour donner les instructions au coiffeur et pour que je puisse utiliser sa carte de fidélité, grâce à laquelle la coupe coûte... 7,6 Yuans (et oui, je suis allé chez le coiffeur pour 76 centimes d'euro !) ! C'était un grand salon de coiffure, avec le personnel en smoking et du bois doré autour des miroirs ! Après la coupe, ils redouchent la tête, pour enlever les cheveux coupés !

Mes collègues, au restaurant

Vendredi 25 décembre

Ce matin, messe de Noël à l'église Saint-Pierre (près du quartier Xintiandi). La messe était en français, avec un prêtre français et une assistance française nombreuse et jeune. Il y a avait de nombreux jeunes couples et énormément d'enfants de moins de 8 ans. Le répertoire était constitué des chants de Noël les plus classiques en France, et ça m'a fait très plaisir de pouvoir enfin chanter ! J'ai quand même regretté le manque de dynamisme global pendant la messe. J'avais l'impression que peu de gens chantaient, et la chorale ne comprenait que six personnes... Le prêtre a mentionné le fait que de nombreuses familles rentraient en France pour les fêtes de fin d'année, et donc qu'il manquait du monde dans la chorale.

Le 25 décembre n'est pas férié en Chine, et j'étais donc au laboratoire cet après-midi. Ce soir, discussion audio en ligne avec ma famille. Joyeux Noël à tous ! Ou plutôt « sheng dan kuai le » !

L'église Saint-Pierre Vitrail dans l'église Saint-Pierre La crêche de l'église Saint-Pierre

Samedi 26 décembre

Cet après-midi, je suis allé me promener seul près du Yangpu Bridge, un autre pont à haubans, plus grand que le Nanpu Bridge, avec ses 602 mètres de portée. Malheureusement, on ne voit pas grand chose depuis l'endroit où j'étais.

Je suis encore tombé sur un marché, très grand cette fois-ci, où l'on vendait toutes sortes de fruits et légumes, viandes et poissons. La nourriture est parfois stockée à même le sol et les poules plumées en pleine rue !

Le Yangpu Bridge Une des halles couvertes du marché Vendeur fumant la pipe sur le marché Têtes de cochon sur le marché Vendeur de volailles Poule plumée dans la rue

Mardi 29 décembre

Aujourd'hui, j'ai réalisé ma première pulvérisation cathodique : du LNO sur du Silicium. Le processus requiert beaucoup de préparations sur la machine (environ une heure) puis la pulvérisation elle-même dure environ une heure... pendant laquelle j'ai dû l'interrompre (pas très bon pour le résultat) pour aller au restaurant ! Le SICCAS invitait en effet tous ses étudiants doctorants (et moi), soit environ 200 personnes dans un restaurant chic pour fêter le nouvel an avec quelques jours d'avance.

Comme d'habitude, il y avait sur chaque table un plateau tournant présentant de nombreux plats, avec diverses viandes, poissons, crustacés (et escargots !) et leurs accompagnements. Comme je n'ai été prévenu que 5 minutes avant de partir, je n'avais pas mon appareil photo... Nous avons dû trinquer plusieurs fois avec les personnes se trouvant autour, comme pendant le voyage à Changzhou, mais cette fois-ci avec du jus de fruits plutôt que de l'alcool à 50° ! Ça me convient beaucoup mieux !

Le vendredi 1er janvier étant férié, j'ai prévu de passer le week-end de trois jours à Hangzhou, avec un collègue. Nous avons réservé les billets de train et une chambre dans un logement universitaire.

Mercredi 30 décembre

Grâce à un ami chinois (qui parle très bien espagnol !) rencontré à la messe tridentine, je viens d'obtenir la liste des horaires des messes internationales à Shanghai. Il y en a en français et en anglais toutes les semaines. Je mets cette le lien ici, ça pourrait servir à d'autres.

Nous partons pour Hangzhou demain en début d'après-midi. Je passerai donc le réveillon là-bas. Je vous raconterai...

Jeudi 31 décembre

Le voyage à Hangzhou n'a pas très bien commencé, puisque mon collègue s'est trompé de gare. Pourtant, il n'y en a que deux à Shanghai... Le temps d'arriver à la bonne gare, le train était parti et nous avons dû acheter de nouveaux billets. Malheureusement, les trains suivants pour Hangzhou étaient complets. En Chine, cependant, il est possible d'acheter des billets « debout », c'est-à-dire sans place assise lorsque le train est complet. Ces billets sont au même prix que ceux donnant droit à un siège.

Comme je l'ai déjà dit, les gares chinoises font penser aux aéroports français : on est contrôlés plusieurs fois avant l'accès aux trains, l'attente se fait dans un espace particulier, différent pour chaque train et les appels font penser à l'embarquement dans un avion. J'ai enfin pu photographier des trains chinois comme je voulais le faire.

Nous sommes donc restés debout au milieu du wagon pendant les deux heures de trajet. Ce n'est pas très confortable car beaucoup de gens restent au milieu du couloir où trois chariots différents (pour vendre des boissons, des fruits et des jeux et magazines) passent fréquemment, ce qui oblige tout le monde à se pousser sur les côtés, quitte à écraser un peu ceux qui sont assis... Bonne expérience quand même ! Pour le reste, je pense que ce n'est pas très différent des trains Corail français. Il y a deux qualités de sièges : « dur » et « mou », les deux étant recouverts de tissus. J'ai pu essayer les sièges « durs » quelques minutes et ils m'ont semblé très acceptables.

Nous sommes enfin arrivés au campus de Yuquan de la Zhejiang University. Les chambres doubles pour les étudiants de passage coûtent 160 Yuans la nuit et il faut laisser 200 Yuans de caution. Pour ce prix, on a une vraie salle de bain avec un ballon d'eau chaude, deux lits assez larges, une télévision, une climatisation et un balcon. À l'intérieur du campus, on trouve plusieurs supérettes (prix similaires à ceux de Carrefour) et des restaurants à tous les prix. Nous sommes allés dans un restaurant musulman pour manger du poulet aux pommes de terres, un peu épicé. Notre bâtiment était celui des étudiants étrangers, nombreux, mais je n'ai pas eu le temps de discuter avec eux, dommage !

Le campus était très tranquille et nous n'avons pas réussi à trouver de rassemblement pour célébrer le réveillon. L'université est près du lac Ouest, la principale attraction de la ville. Nous sommes donc allés nous y promener, de 23h à minuit et demie. Certains restaurants devant lesquels nous sommes passés semblaient pleins et étaient très bruyants. À minuit pile, nous étions sur en chemin, et nous avons simplement entendu des feux d'artifice au loin. Drôle de passage à la nouvelle année !

Salle d'attente de la gare Sud Locomotive en gare Les cuisines du train, vues du quai à travers une fenêtre Intérieur d'un wagon

Janvier 2010

Vendredi 1er janvier

Nous nous sommes levés à 6h45, ce qui est un peu tôt pour le jour de l'an et nous avons continué notre tour du lac Ouest. L'endroit est très joli et aménagé en une longue promenade avec un grand nombre d'« attractions » chinoises : kiosques, sculptures, sortes d'arcs de triomphe, bateaux, tombes traditionnelles (gros monument cylindrique surmonté d'une demi-sphère), plantations de lotus, bâtiments traditionnels et ponts. Vu l'heure, c'était très calme ; le temps était ensoleillé.

Nous nous sommes ensuite rendus en bus dans la ville de Linan, où vivent plusieurs oncles et tantes de mon collègue et avons mangé un « hot pot » : la viande et les légumes sont mis dans une petite marmite qui bout au milieu de la table pendant tout le repas. Le serveur a placé sous la table une bassine métallique contenant des braises, pour nous réchauffer. Sympa, mais un peu dangereux ! Chose assez inimaginable en France, sa tante est sortie du restaurant au milieu du repas pour aller acheter des canettes de thé (oui, ça existe ; c'est bon mais un peu trop sucré) dans la supérette d'à-côté ! Pourtant, le restaurant en avait au frais...

Nous sommes passés chez eux quelques minutes. Les conditions de vie y sont assez précaires : une sorte d'immeuble à cent mètres d'une centrale thermique dans lequel vivent de nombreuses familles. L'appartement compte deux pièces : une entrée/cuisine/buanderie de deux mètres par quatre et une chambre de quatre mètres par quatre dans laquelle vivent quatre personnes. Il y a quand même un ordinateur récent avec Internet et une télévision. Les toilettes sont communes à tout l'immeuble, puantes et sans porte.

Nous sommes enfin allés au bord du fleuve Qiantang, malheureusement trop tard pour voir le mascaret, qui n'a lieu que deux fois par jour mais n'est visible que dans certaines conditions (aujourd'hui, c'était la pleine Lune, donc ça devait être bon). Cette vague remonte le fleuve à 40 kilomètres/heure et peut faire jusqu'à 9 mètres de haut (en octobre). Je l'avais vu dans un reportage très impressionnant de Thalassa cet été et j'aurais vraiment voulu le voir de mes propres yeux. Ce sera pour une autre fois...

Nous avons dîné à Pizza Hut, car mon collègue, à 26 ans, n'avait jamais mangé de pizza ! Il a bien apprécié. Nous avons terminé la journée par une promenade nocturne (et sous la pluie) le long du lac. C'est très animé et la municipalité propose même un spectacle de jets d'eau : des fontaines et éclairages immergés dans le lac fonctionnent au même rythme que la musique (marche de Radetzky et autres...). Ils écrivent même sur un mur d'eau avec des lasers, ce qui m'a fait penser à Las Vegas !

Vue du lac Ouest Porte près du lac Ouest Le temple de Yue Fei Hot pot Le fleuve Qiantang Écriture au laser sur un mur d'eau

Samedi 2 janvier

Nous nous sommes encore levés tôt et nous avons loué des vélos pour faire le tour du lac. La location coûte 10 Yuans les trois heures, avec une caution de 200 Yuans. La promenade est agréable, bien qu'il y ait un peu trop de monde pour faire du vélo dans de bonnes conditions. J'ai pu voir quelques oiseaux sauvages autres que des moineaux. Ça faisait longtemps !

Nous avons déjeuné sur le campus, avec une camarade de classe de mon collègue, qui nous a ensuite fait faire le tour des bâtiments... et admirer la statue de Mao Zedong. Le campus est très grand, avec des promenades et des espaces verts où les étudiants peuvent pique-niquer. Nous avons goûté à une spécialité d'Hangzhou : les racines de lotus fourrées avec un riz naturellement sucré. C'est très bon !

Nous avons visité le temple de Yue Fei, héros de l'histoire chinoise. Ce général du 12è siècle, totalement dévoué à sa patrie, est devenu un symbole de dévouement envers le pays pour les chinois. Accusé (à tort semble-t-il) de vouloir devenir empereur, il a été exécuté à la suite d'une dénonciation calomnieuse. Non-loin de sa tombe, les dénonciateurs sont représentés par des statues mises en cage, et les visiteurs leur crachent dessus !

Pour terminer la journée, nous nous sommes promenés dans des rues assez touristiques où nous avons vu une pharmacie traditionnelle : des médecins font des consultations, et les remèdes, souvent à base de plantes, sont vendus sur place.

Au retour, nous étions censés être debout dans le train, mais par chance, personne n'est venu réclamer les deux places que nous avons occupées. Les billets de trains sont contrôlés deux fois en gare de départ, une fois dans le train et une fois en sortant de la gare !

Oiseau près du lac Ouest Le lac Ouest Notre chambre Vue du campus Statues près de la tombe de Yue Fei Pharmacie traditionnelle

Samedi 9 janvier

Ce matin, mes collègues et moi sommes allés voir « Avatar » en 3D au cinéma. À Shanghai, les places de cinéma coûtent 110 Yuans, mais elles sont à moitié prix le samedi matin. Les cinémas chinois sont assez similaires aux cinémas français ou américains que j'ai pu connaître (à part peut-être les gens qui laissent sonner longtemps leur téléphone portable et qui se permettent de téléphoner longuement pendant le film !). Mon avis sur la 3D est trop long pour le détailler ici ; en gros, ce n'est pas mal, mais l'intérêt est assez limité.

Ensuite, bon restaurant où nous avons mangé plein de choses dont du gros intestin de porc (!) et bu du jus de maïs chaud (un peu bizarre). Le soir, restaurant de raviolis « Wu Da Niang ». Mes collègues ont apporté leur propre nourriture dans le restaurant, pour manger avec les raviolis : une salade composée de concombre, tofu, cacahuètes et kelp !

Dimanche 10 janvier

Ce matin, messe en français à l'église Saint-Pierre, puis MacDo, pour changer. Cet après-midi, promenade de deux heures sous la pluie dans le parc Changfeng, qui doit être très agréable au printemps (sous la pluie, pas tellement). Il ne fait pas très froid (5 à 10°C aujourd'hui). Pas de photos à cause du temps.

Mercredi 13 janvier

Sans doute certains d'entre vous l'ont-ils lu dans la presse d'aujourd'hui : il y a en ce moment une importante prise de bec entre Google et le gouvernement chinois. On peut lire dans la presse française que Gmail a été victime d'attaques informatiques venant de Chine et visant à accéder à aux comptes de militants des droits de l'homme chinois. Il n'est pas exclu que le gouvernement soit à l'origine de ces attaques. Google a riposté en arrêtant momentanément la censure de ses résultats de recherche et a annoncé ne pas exclure de quitter le marché chinois.

Visiblement, l'affaire fait également du bruit en Chine, puisque plusieurs de mes collègues m'en ont parlé pendant le dîner. D'après eux, des décisions devraient être prises cette nuit par le gouvernement chinois, qui risque de bloquer certains sites de Google. Certains sites, comme blogspot et picasa, sont déjà bloqués depuis quelques mois et d'autres, comme Google News, sont filtrés. Certains articles de journaux français parlant de l'événement en cours ne sont d'ailleurs pas accessibles.

Je serais assez ennuyé que Gmail soit bloqué dans les prochaines semaines, car je l'utilise intensément, à la fois pour les emails, la messagerie instantanée et la VoIP. C'est de loin le service d'emails le plus pratique qu'il m'ait été donné de tester, et, en plus, il est chiffré, ce qui évite la censure des emails affichés. Au cas où il serait bloqué, j'aurais toujours accès à l'adresse centralienne affichée en haut de la page, mais sans chiffrement.

Je suis persuadé que la Chine arrêtera un jour de censurer Internet — et en particulier Wikipédia. Les chinois ne sont pas idiots, et mes collègues savent que l'État cherche à cacher des vérités historiques. Je veux croire qu'un jour, tout le monde connaîtra l'histoire et que ce filtrage n'aura plus raison d'être. Cela dit, ce n'est sans doute pas pour cette semaine, ni même pour cette année !

Samedi 16 janvier

Depuis deux semaines, mes collègues sont trop occupés pour visiter Shanghai avec moi. C'est bien dommage ! Aujourd'hui, je me suis contenté d'aller voir le plus grand parc de Shanghai, Century Park, qui couvre 140 hectares. L'entrée coûte 10 Yuans. On peut se promener tout autour d'un grand lac ; c'est assez vert et on croise des espèces inhabituelles d'oiseaux et des bergeronnettes. J'ai pu apprécier le calme, même si la zone est entourée par la ville. Le parc est situé juste à côté du « Shanghai Science & Technology Museum », que je visiterai demain.

Le lac de Century Park Century Park Oiseau à Century Park Bergeronnette à Century Park

Dimanche 17 janvier

Je commence par une photo prise juste devant la porte du bâtiment où je dors : quelqu'un avait accroché à un fil, pour les faire sécher, ses vêtements et... quatre poulets plumés. Plutôt inhabituel sur un campus !

J'ai donc passé l'après-midi au Shanghai Science & Technology Museum, qui présente de nombreux domaines scientifiques et technologiques, de la zoologie au design en passant par la robotique, l'électromagnétisme, l'informatique, la géologie et l'exploration spatiale.

Le musée fait beaucoup penser à celui de la Villette ou au Palais de la Découverte et semble d'abord destiné aux enfants, avec beaucoup d'expériences manuelles et de maquettes. Les explications scientifiques sont assez minimalistes. Il y avait également une exposition sur les araignées, avec pas mal de bêtes empaillées et même quelques mygales vivantes dans des tiroirs transparents !

La section robotique est à mon sens la plus réussie et dépasse de loin ce que j'ai pu voir en France : on peut en effet interagir avec de vrais robots de type industriel (ABB et autres) et les défier dans différentes activités (jeu de go et tir à l'arc !). Un des robots a été programmé pour jouer du piano, un autre pour attraper, parmi plusieurs sacs à main, celui dont la couleur est énoncée (en chinois !) par le visiteur et un dessine des portraits d'enfants que l'on lui présente via une webcam.

Poulets et vêtements sur un fil Reconstitution d'une chèvre et de ses chevreaux Robot jouant au go avec un visiteur Maquette expliquant le design

Samedi 23 janvier

J'ai passé la journée à « Qibao old town » avec un autre collègue que ceux avec qui j'y étais allé la dernière fois. Le temps était beau et les rues toujours aussi animées ; il est difficile d'y circuler tellement il y a de monde. Nous nous sommes également promenés dans les rues secondaires, avec leurs maisons très modestes, y compris dans un quartier où elles étaient toutes peintes en vert pistache ! De très nombreuses boutiques de la rue principale vendent de la nourriture, dont du tofu fermenté, qui sent très, très fort et dont l'odeur est à mon goût très désagréable (imaginez des vapeurs de camembert bouilli pour un non-français...).

Nous avons mangé dans un restaurant avec, au menu, des aubergines très assaisonnées et une soupe au poulet et aux pousses de bambou. Plutôt bon. Pour le dessert, j'ai acheté du durian. C'est un fruit du Sud-Est asiatique, jaune et épineux, de la taille d'une pastèque, connu pour dégager une odeur assez infecte (lire l'article). En plein air, ça ne pose apparemment pas de problème (contrairement au tofu fermenté !) et on peut acheter une barquette d'une dizaine de morceaux pour 5 Yuans dans la rue principale de Qibao. Ça faisait quelques mois que je voulais en goûter. Verdict : le goût ne me rappelle rien de connu ; c'est croquant, pas mauvais, mais ça n'a rien d'extraordinaire...

Une rue secondaire Des maison le long du canal Pont sur le canal Un durian

Dimanche 24 janvier

Après la messe francophone, je suis allé une fois de plus au restaurant japonais « Ajisen Ramen », décidément très bon. La plupart de leurs plats est composée de nouilles dans un bouillon, accompagnées de divers légumes ou viandes et, dans mon cas, de fruits de mer, le tout servi dans un immense bol. Tout simplement parfait !

Cet après-midi, j'ai visité le temple de Jing'an, bouddhiste, situé à environ 2,5 kilomètres à l'Est du SICCAS. On peut y voir plusieurs statues du Bouddha et beaucoup de gens qui prient et font des offrandes (fruits et bâtons d'encens). Le prix est assez élevé pour ce que c'est, 30 Yuans. La plus grande statue du Bouddha, argentée, mesure plus de six mètres de haut et pèse 5 tonnes. Au milieu de la cour se trouve une sorte d'immense « tirelire » dans laquelle les gens lancent des pièces (avec plus ou moins de succès, car l'ouverture est à près de 4 mètres du sol...). Les bâtiments sont très beaux, dans une architecture traditionnelle et très décorée.

Le temple Jing'an Statue du Bouddha La cour du temple Jing'an Immense statue du Bouddha

Mardi 26 janvier

Aujourd'hui, mon autre collègue qui était en France depuis près d'un an est rentrée à Shanghai avec, entre autres, du vin français pour un professeur et une grande boîte de Pyrénéens pour notre groupe de travail ! Elle trouve que j'ai maigri depuis que nous nous sommes croisés à Lille, en juin...

Mon groupe et moi l'avons donc accompagnée au restaurant ce soir, où elle a retrouvé avec plaisir la nourriture chinoise (trop épicée pour moi !). Nous travaillons tous les deux sur la méthode de pulvérisation cathodique pour la fabrication des couches minces et elle pourra donc me donner quelques conseils.

Mercredi 27 janvier

Les vacances vont arriver très vite. Le SICCAS nous offre trois semaines, du 6 au 28 février. Je n'ai pas encore de planning précis sur les voyages que je voudrais faire, mais je suis en train de le mettre en place. Le problème, c'est que toutes les agences de voyage qu'on appelle répondent qu'elles ne sont pas habilitées à transporter et héberger des étrangers... Je vais finir par aller seul à Pékin, en réservant un hôtel à l'avance.

Mes collègues ont insisté pour que j'aie un téléphone portable en février car chacun d'eux sera dans sa famille loin de Shanghai et moi, en déplacement. Il m'ont donc prêté un combiné et j'ai acheté une carte SIM pour 60 Yuans. Elle permet d'appeler partout en Chine pour 49 centimes de Yuan (4,9 centimes d'Euro) la minute. Je m'en passerais bien, mais c'est pour les rassurer...

Ce soir, « hot pot » dans le même restaurant que la dernière fois, avec une petite variante, car le plat n'avait qu'une seule section. C'était quand même très épicé. Le plat contenait au départ du poisson (avec la tête !) et nous y avons fait cuire des tranches de mouton très fines (comme du jambon).

« Hot pot » « Hot pot »

Vendredi 29 janvier

Une semaine avant le début des vacances, de nombreux groupes de travail du SICCAS se sont retrouvés dans un restaurant haut-de-gamme pour fêter la fin de l'année chinoise. Nous étions plus de 200 personnes et le repas était très bon : crevettes, beignets d'aubergine, soupe de crabe (avec les pattes qui flottent !) et plein d'autres bonne choses !

C'était un excellent repas, jusqu'au moment où tout le monde s'est mis à boire et à trinquer avec les tables voisines, d'abord avec du lait (!) puis de la bière Budweiser puis ce qu'ils appellent du « vin jaune » qui est de l'alcool à 15°C dont je ne connais pas l'origine, mais qui a plutôt mauvais goût. Il était bien sûr indispensable de boire « cul sec » plusieurs fois avec chacun de nos supérieurs hiérarchiques, ce qui m'a fait ingurgiter en trois heures ma consommation annuelle d'alcool (bon, ce n'est pas énorme, mais là, ça faisait vraiment trop)... d'autant plus que nos supérieurs sont partis les derniers et que nous ne devions pas partir avant eux... Mais « c'est tradition chinois », donc on ne peut pas y couper. Ça m'a rendu HS pour l'après-midi et la soirée.

Mes vacances commencent à s'organiser : j'ai acheté mon billet de train pour Pékin que je visiterai du 7 au 15 février. L'hôtel est sur le point d'être réservé par un de mes collègues qui y est en déplacement.

Samedi 30 janvier

Cet après-midi, je suis allé au marché au thé de Tian Shan. Il se compose d'un bâtiment principal, de trois étages, rempli de boutiques de thé, un peu comme un centre commercial. On y trouve bien sûr toutes les sortes de thé, mais certaines boutiques sont spécialisées dans les services à thé, les tables à thé et tout ce qui a rapport à la culture du thé.

Certaines offrent des dégustations gratuites, autour d'une table où est placé un bar à thé : deux bouilloires électriques, de toutes petites tasses et un support avec un système d'évacuation de l'eau : la vendeuse nettoie d'abord les tasses avec du thé avant de verser celui que l'on va boire. J'ai pu participer à la dégustation avec une famille chinoise et avoir quelques explications dans un mélange d'anglais et de chinois.

Le marché au thé de Tian Shan Le marché au thé de Tian Shan Boutique du marché au thé de Tian Shan Dégustation de thé au marché de Tian Shan

Dimanche 31 janvier

Aujourd'hui, pas de messe francophone, mais anglophone et un peu plus vivante, avec un ou deux chants que je connaissais depuis Austin.

Cet après-midi, conférence d'un prêtre français qui travaille dans des villages de lépreux de la région de Canton. C'était très intéressant et nous avons vu beaucoup de photos montrant des conditions de vie extrêmement précaires. Le gouvernement chinois n'autorise ce genre d'action que depuis 5 à 6 ans. Auparavant, l'accès à ces villages était tout simplement interdit ! Je donnerais volontiers plus de détails, mais le prêtre conseille de rester discret car les libertés laissées par les gouvernements locaux pourraient changer défavorablement si la réalité se médiatisait.

Enfin, soirée chez une famille française, dans une magnifique maison, autour de plats apportés par chacun. Ça fait du bien de parler enfin à des francophones ! La communauté est assez dynamique et participe à une association venant en aide au même prêtre français en récoltant des fonds pour lui (le gouvernement ne donne quasiment pas de subventions à ces villages).

On m'a expliqué qu'il y avait plusieurs profils d'expatriés, mais beaucoup sont envoyés en mission ici par de très grosses entreprises françaises, d'abord pour deux à quatre ans, puis davantage pour ceux qui en réclament plus ! D'autres, au contraire, ont décidé d'émigrer pour fonder leur propre entreprise en Chine, ce qui, d'après ce qu'on m'a dit, est grandement facilité par le climat économique du pays où certains secteurs n'ont jamais besoin de démarcher leurs clients ! On m'a demandé si l'expatriation me tentait. « Pourquoi pas ? Mais en tout cas, pas à Shanghai : on en a vite fait le tour et j'ai vraiment envie de découvrir d'autres villes chinoises. »

Ma semaine à Pékin est bien planifiée et j'ai une réservation dans un hôtel tenu par un ami du frère de mon collègue. C'est un hôtel de bonne qualité, avec du personnel anglophone et situé à proximité du site olympique. J'ai pu avoir une très bonne réduction : 150 Yuans la nuit au lieu de 300 ! Je vous donnerai davantage lorsque j'y serai, dimanche prochain.

Février 2010

Jeudi 4 février

Mes vacances on commencé aujourd'hui et j'en ai profité pour visiter le temple du Bouddha de jade, assez célèbre. Il se situe près de la ligne 7 du métro de Shanghai, qui a ouvert en janvier 2010.

Le ticket d'entrée coûte 20 Yuans mais ne permet pas d'accéder à la statue en jade pour laquelle il faut un autre ticket, à 10 Yuans. Les bâtiments traditionnels sont joliment décorés et on peut voir de nombreux moines bouddhistes déambuler en chantant et en jouant de divers instruments. Je regrette quand même le manque total d'explications quant aux personnages représentés par les statues. Certains ont des têtes assez horribles, qui rappellent leurs homologues de la lamaserie de Tintin au T... (j'évite d'écrire ce mot, ça pourrait vexer certaines autorités) !

Comme d'habitude, les « fidèles » font des offrandes d'encens et de fruits et aussi de riz cuit pour les moineaux !

Le temple du Bouddha de jade Statue du temple Moines bouddhistes Moineau mangeant du riz

Vendredi 5 février

J'ai acheté mon billet de retour de Pékin. C'était vraiment le cirque, sans doute en raison du nouvel an chinois qui approche. Il a fallu aller à trois guichets différents et ça a bien pris 45 minutes au total. Heureusement que mon collègue m'a aidé. On peut aussi acheter ses billets de train sur Internet, mais c'est bien souvent... illégal car les boutiques qui font cela n'en ont pas l'autorisation...

Ensuite, veillée de louange avec le groupe de prière de l'Emmanuel, chez une famille française. Nous n'étions que cinq, mais c'était quand même une excellente soirée qui s'est prolongée par des discussions autour d'un bon gâteau (ce n'est pas encore carême) !

Dimanche 7 février

J'ai pris le train pour Pékin hier soir à 21h. Le billet coûtait plutôt cher (660 Yuans), mais ça valait vraiment le coup : le train (la plus haute qualité disponible en Chine, d'après ce qu'on m'a dit) était mieux que les TGV français : compartiment avec quatre couchettes, très silencieux, écrans de télé individuels (une seule chaîne, dommage !) avec casque fourni, couette et deux oreillers ! J'ai plutôt bien dormi et je suis arrivé à Pékin ce matin à 7h30.

Il fait très froid à Pékin et il y a de la neige partout. Le métro est très similaire à celui de Shanghai, à part le prix (2 Yuans quelle que soit la distance !). J'ai trouvé l'hôtel sans trop de difficultés, même si les gens à qui j'ai demandé mon chemin ne parlaient quasiment pas anglais. Un monsieur chinois anglophone a heureusement pu m'aider avec la réception de l'hôtel. La chambre est assez luxueuse et j'ai un accès filaire à Internet !

Je suis allé à la cathédrale de l'Immaculée Conception où il est censé y avoir une messe francophone tous les dimanche à 18h. On me l'a bien confirmé sur place, mais exceptionnellement ce dimanche et le suivant, la messe francophone est annulée pour cause d'absence du prêtre... J'en ai profité pour faire la connaissance d'un chinois non-initié mais très intéressé par le catholicisme et d'une étudiante du Burundi, francophone, sinophone très sympathique, qui étudie pour la deuxième année à Pékin, avec qui je suis allé manger une pizza !

La gare Nord de Shanghai Le compartiment couchettes Ma chambre d'hôtel La cathédrale de Pékin

Lundi 8 février

Ce matin, lever tôt pour la visite du monument le plus impressionnant de Pékin : la Cité Interdite, où j'ai retrouvé cette amie africaine. Nous avons passé quatre heures dans le palais sans parvenir à finir la visite tellement il y a de bâtiments à admirer et à visiter. La Cité Interdite se compose de plusieurs enceintes dont la hauteur décroît au fur et à mesure que l'on s'approche du centre, où les bâtiments sont à taille humaine.

Les enceintes les plus extérieures font penser à un château fort, avec des murs extrêmement hauts entourés de douves de plus de 50 mètres de large ! Les cours intérieures sont immenses et, ce matin, recouvertes de neige que de nombreux employés étaient occupés à enlever toute la journée. Une part importante de la visite se passe dehors (il devait faire environ -5°C) et on ne fait que contourner les bâtiments, en voyant leur contenu, ouvert à tous vents, mais sans pouvoir y rentrer. C'est un peu frustrant quand on est habitué au château de Versailles ! Plus loin, d'autres bâtiments ont été transformés en musées où les objets précieux sont exposés dans des vitrines (bijoux, argenterie, calligraphie...).

La fin de la visite est une exploration un peu désordonnée d'un dédale de « quartiers » : des groupes de bâtiments (souvent un bâtiment principal entouré par trois autres et un mur) protégés par une porte et ayant chacun leur fonction. Ce qui m'a le plus marqué est le jardin impérial, dont j'ignorais l'existence, qui contient des arbres tricentenaires. C'était plutôt inattendu pour moi de trouver de la verdure au milieu de cette « ville », plutôt sévère malgré les magnifiques décors de ses bâtiments.

Nous avions opté pour un audioguide (40 Yuans la location, en plus de l'entrée à 40 Yuans), assez utile car les explications affichées en anglais sont un peu maigres, mais j'ai beaucoup regretté son mauvais fonctionnement : le texte se déclenche tout seul, en théorie au bon endroit, mais en pratique plusieurs dizaines (centaines parfois !) de mètres avant ou après le bâtiment concerné, et il n'est pas possible de ré-écouter une explication... Dommage, pour un monument de cette envergure...

Nous avons enfin fait le tour de la place qui se trouve devant la Cité Interdite (vous connaissez déjà son nom et je ne suis pas sûr que les autorités acceptent que je l'écrive, en raison des mauvais souvenirs qu'il rappelle)... C'est absolument immense, et on peut y voir le mémorial de Mao Zedong, le « National Museum » et le « Great Hall of the People », trois monuments très massifs qui l'entourent.

Ce soir, « hot pot » non-épicé chez ma collègue de Pékin et son mari. Mouton, tofu, boules de poisson, champignons et lotus, le tout cuit dans l'eau bouillante tout au long du repas : excellent !

La Cité Interdite sous la neige La Cité Interdite sous la neige La Cité Interdite sous la neige Décorations d'un bâtiment de la Cité Interdite (échelle : environ 1,50 m) Bordure de toit dans la Cité Interdite Le jardin impérial de la Cité Interdite

Mardi 9 février

Aujourd'hui, je me suis promené seul dans trois lieux proches de la Cité Interdite : le parc Beihai, le quartier Hutong et le palais du prince Gong. Le parc Beihai est le principal parc de Pékin et jouxte la Cité Interdite. Il est constitué d'une promenade autour d'un lac (gelé en ce moment) ainsi que d'une petite île reliée à la berge par un pont. Le ticket à 15 Yuans permet de visiter la plupart des points d'intérêt tout autour du lac et sur l'îlot, qui sont très nombreux. Contrairement à Shanghai, on peut voir ici d'authentiques bâtiments du 18è siècle, en bois sculpté et peint, comme par exemple le « petit paradis de l'ouest » construit à la demande de l'empereur Qianlong pour sa mère en 1768. Les décorations ont été restaurées et sont somptueuses. Au bord du lac se trouvent cinq pavillons en bois datant de 1543 avec, encore un fois, de très belles décorations dorées et multicolores, semblables à celles de la Cité Interdite. J'ai ainsi pu passer toute la matinée dans plus d'une dizaine d'ensemble de bâtiments, temples et promenades aménagées pour différents empereurs. On y expose parfois de la calligraphie ou des peintures anciennes mais parfois des équivalents modernes, pour les vendre aux touristes ! J'ai pu y voir un court spectacle de danses chinoises. Dans le parc, des retraités ont formé une chorale autour d'un accordéon. Je pense qu'ils chantent des chants révolutionnaires, comme me l'a expliqué un collègue à Shanghai. On rencontre aussi de nombreux chats et de très beaux oiseaux très peureux ainsi qu'un pic beaucoup moins farouche.

J'ai mangé pour la deuxième fois seul au restaurant et j'ai pu expliquer en chinois que je voulais que le plat (normalement épicé) que j'avais choisi ne le soit pas. Ça marche ! J'ai ensuite marché vers Hutong en passant le long d'un autre lac gelé sur lequel les gens se déplaçaient soit sur des sortes de chaises à skis, soit sur des vélos dont la roue avant était remplacée par un patin, soit sur un traîneau tiré par... un mouton ! Le quartier de Hutong est célèbre pour ses nombreuses rues un peu étroites, bordées de petites maisons en pierre grise. On se fait interpeller tous les cinquante mètres par des conducteurs de tricycles qui font faire le tour du lac aux touristes. Pas le temps.

Le palais du prince Gong vaut lui aussi vraiment le coup (40 Yuans l'entrée, 70 Yuans en visite guidée avec dégustation de thé mais... pas de guide anglophone !). C'est immense (60 000 m², soit 100 mètres par 600, grosso modo) et aussi richement décoré que les bâtiments impériaux. Une seule différence avec ces derniers : ici, les toits sont verts et non ocre, justement pour marquer une différence de rang, ce palais ayant été la résidence d'abord d'un grand secrétaire (au 18è siècle), puis d'un ministre (jusqu'en 1898). Les nombreux bâtiments forment une quinzaine de petites cours carrées et l'ensemble s'ouvre sur un grand jardin avec des collines artificielles et même une mini-grande muraille de Chine !

J'ai terminé la journée par une visite rapide de la rue piétonne de Wangfujing, qui sont un peu les Champs-Élysées de Pékin. C'est très grand, très lumineux et on y trouve beaucoup de grandes marques (et un MacDo !). L'intérêt est limité, mais j'y reviendrai le 13 au soir, lorsque les Chinois célébront leur Nouvel An.

Le plafond du « petit paradis de l'ouest » dans le parc Beihai Danses chinoises dans le parc Beihai Un pic dans le parc Beihai Traineau tiré par un mouton ! Bâtiment de Hutong Bâtiment dans le palais du prince Gong Mini-grande muraille dans le palais du prince Gong La rue Wangfujing

Mercredi 10 février

J'ai visité aujourd'hui la grande muraille de Chine, avec mon amie du Burundi. Le lieu s'appelle Badaling et est la section la plus visitée de la grande muraille, restaurée de manière importante en 1957. L'accès est très simple depuis Pékin, car un bus municipal y emmène les touristes pour 12 Yuans, ce qui prend environ une heure par autoroute. L'entrée coûte ensuite 35 Yuans, mais il faut en débourser 60 pour emprunter les petits wagons qui vont du pied de la colline à celui du mur. On peut ensuite s'y promener en la parcourant d'une tour à une autre, au moyen d'escaliers parfois raides mais aussi de pentes très inclinées (jusqu'à environ 45° !) et en partie verglacées. À cet endroit, la muraille décrit des zigzag de sommet en sommet, et on a ainsi l'impression de revenir en arrière puis de repartir, en suivant la topographie. Malheureusement, aucune explication culturelle ou historique n'est fournie, ni sur les méthodes de construction, ni sur le rôle qu'a pu réellement jouer cette protection contre les invasions...

Nous avons mangé sur place avant d'aller admirer le site des jeux olympiques de 2008. Il s'agit d'une immense esplanade, d'environ un kilomètre sur deux cent mètres où l'on trouve les deux plus célèbres installations sportives de la ville, à savoir le stade national, surnommé « nid d'oiseau » et le centre aquatique, la piscine, surnommée le « cube d'eau ». L'hymne des jeux « one dream, one world » est passé en boucle sur les haut-parleurs. Comme près de la grande muraille, nous étions assaillis par les vendeurs de souvenirs, qui ont de nombreuses techniques pour forcer la main des touristes (vous mettre l'objet dans la main et vous demander de payer, baisser les prix jusqu'à -80%...) ! Enfin, dîner dans un restaurant du campus de l'université des langues. J'ai mangé mon premier sandwich depuis de nombreux mois !

La grande muraille à Badaling Les montagnes enneigées Le « nid d'oiseau » Le « cube d'eau »

Jeudi 11 février

Cette amie et moi avons visité ce matin le Temple du Ciel (entrée : 30 Yuans), un ensemble de bâtiments situé au Sud du centre-ville où les empereurs de différentes dynasties priaient et faisaient des sacrifices d'animaux pour demander au ciel une bonne récolte. Dans le parc, des dizaines de retraités s'étaient rassemblés pour jouer aux cartes et danser, malgré un froid difficilement supportable (en dessous de -5°C, avec pas mal de vent). Encore une fois, les explications en anglais sur les bâtiments étaient minimalistes. Il faut savoir lire le chinois pour bien comprendre !

L'après-midi, je suis allé seul au palais d'été. Il s'agit d'un ensemble de bâtiments touristiques, qu'il ne faut pas confondre avec l'ancien palais d'été, pillé et brûlé en 1860 par les troupes franco-britanniques en représailles à la torture et l'exécution de prisonniers européens et indiens et qui est resté à l'état de ruines. Les bâtiments que j'ai visités aujourd'hui devraient donc être appelés « jardin impérial de Pékin ». Ils ont eux aussi été détruits en 1860, mais reconstruits en 1886 (selon l'UNESCO, qui a classé le site au patrimoine mondial). Ils sont situés sur une colline d'où l'on peut voir une grande partie de la ville et sont pour certains assez mal entretenus. En hiver, l'ensemble est assez triste et les différents plans d'eau, dont le lac Kunming sont presque asséchés et complètement gelés. Toujours très peu d'explications, y compris dans les livres mal faits de la boutique souvenir. C'est joli, touristique, mais assez vide, culturellement parlant.

Comme pour la visite du matin, l'entrée est payante (20 Yuans). En raison du froid, j'ai préféré photographier les rares plaques explicatives plutôt que de prendre des notes en français dans mon carnet. Je m'aperçois à présent que ces textes ne sont pas de l'anglais : certains mots n'existent pas, les phrases sont décousues et manquent cruellement de sens... Ça ressemble à une traduction faite automatiquement par un ordinateur à laquelle on aurait rajouté des fautes de frappe... Certes, l'entrée de ces parcs et monuments n'est pas très chère. Mais savoir ce qu'on regarde et que cela soit écrit de manière compréhensible ne me paraît pas trop demander...

Entrée du temple du ciel Salle de prière du temple du ciel Bâtiments du jardin impérial de Pékin Statue devant le pavillon des fragrances bouddhiques

Vendredi 12 février

Un peu déçu par le nouveau palais d'été d'hier, j'étais très content de découvrir aujourd'hui le « vrai » palais d'été, ou plutôt ses ruines, dans le parc Yuanmingyuan. Les ruines se divisent en deux parties : celles des bâtiments de style purement chinois, en bois, dont il ne reste pour ainsi dire rien (une grande dalle pavée sur laquelle sont localisés les anciens piliers) et celles des bâtiments de style européen. Ces dernières laissent entrevoir la splendeur perdue de ce palais longtemps appelé le « Versailles chinois », dont la construction entre 1747 et 1759 a été orchestrée par le peintre italien Giuseppe Castiglione et le missionnaire français Michel Benoist. Les restes ont été mis en valeur et laissés volontairement à l'état de ruines (ça fait penser au forum de Rome) à l'exception d'un kiosque entouré d'un labyrinthe, reconstruits en 1987. C'est évidemment un lieu très triste, et cela l'est encore plus à la lecture des explications (nombreuses et bien traduites cette fois-ci !) qui décrivent les merveilles qui n'existent plus, comme une horloge qui indiquait l'heure grâce à des jets d'eau crachés par douze statues de bronze. Seules sept des têtes de ces statues sont localisées aujourd'hui. Certains blocs de pierre sculptés qui avaient été déplacés par des pillards vers d'autres villes chinoises ont récemment repris leur place d'origine.

La suite de la promenade dans le parc nous a donné l'occasion de goûter des spécialités locales : brochettes de porc et de calamar et gâteau composé de riz soufflé et de cacahuètes liés par du miel. Plus loin, les brochettes étaient composés d'autres viandes plus rares : scorpion, hippocampe, étoile de mer, grosses chrysalides, mille-patte et même... une sorte mygale noire recroquevillée ! Nous n'avons pas goûté et je n'ai malheureusement vu personne en manger... Autre détail surprenant : de très nombreux buissons du parc dépouillés de leurs feuilles par l'hiver portaient... des fleurs artificielles !

À plusieurs reprises, nous avons pu admirer des personnes costumées jouant des événements importants de la vie impériale chinoise (bénédiction par l'empereur, danses...) et d'autres liés au nouvel-an (avec de beaux costumes de dragons). Nous avons enfin parcouru les campus des deux plus grandes universités de la ville : l'Université de Pékin (surnommée « Beida » et l'Université Tsinghua. Les campus sont grands comme de petites villes, plus animés que celui de Lille et disposant de nombreux commerces et restaurants. Depuis hier soir, on entend de nombreux pétards qui explosent en pleine rue et dont le son se réverbère sur les façades des immeubles.

Pavillon européen et son labyrinthe reconstruits Ruines de l'ancien palais d'été de style européen Emplacement de l'ancien palais d'été de style chinois Le parc décoré et les fleurs artificielles Brochettes de scorpions Enfant dresseur de dragons Personnes costumées à l'impériale Statue sur le campus de Beida

Samedi 13 février

Je n'ai pas pu visiter le « National Museum » ni la lamaserie, fermés aujourd'hui. J'ai en revanche retrouvé mon amie burundaise pour une visite du parc Ditan. Tout le long des allées du parc, des exposants vendaient toutes sortes de gadgets et objets décoratifs, des peluches (tigres, pandas et autres), épées en métal, objets en bois, marteaux gonflables, etc. très « made in China » ! Côté nourriture, encore les mêmes brochettes qu'hier mais aussi des barbes-à-papa et même des churros ! Les prix sont plutôt élevés avec, par exemple, cinq beignets traditionnels pour 20 Yuans ! Toujours beaucoup de personnes costumées intervenant dans divers spectacles (jonglerie, théâtre...).

Nous nous sommes ensuite rendus rue Wangfujing où j'ai pu acheter quelques spécialités locales (confiseries à base de fruits et canard rôti de Pékin). Mes collègues vont faire de même, puis nous organiserons un grand repas au SICCAS, avec des plats venant de toute la Chine. Ce soir, je voulais aller voir le feu d'artifices municipal devant la Cité Interdite, mais les informations ont été très difficiles à obtenir, malgré l'aide amicale de chinois non-anglophones puis de sympathiques français tous rencontrés au MacDo. Quand je demande des informations à certains chinois à propos d'un événement dont je suis sûr de l'existence, ils commencent par répondre : « non, il n'y a pas de tel événement », plusieurs fois de suite ; ce n'est qu'au bout d'un moment et de nombreuses questions qu'ils finissent par admettre qu'ils ne savent pas (nous avions eu le même problème pour aller à la grande muraille : un responsable de la station de bus nous a affirmé qu'aucun bus n'y allait cette semaine en raison du nouvel an ; cinquante mètres plus loin, nous sommes montés dans un bus de la même ligne qui nous y a conduit !).

J'ai finalement rencontré d'autres francophones toujours très sympathiques, qui font des double-diplômes en écoles de commerce qui m'ont proposé de les accompagner dans le quartier de mon hôtel. J'ai pu goûter de l'alcool de riz puis nous sommes allés voir les feux d'artifices tirés par les habitants du quartier. C'était tout-à-fait impressionnant, d'abord parce que aucun feu d'artifice municipal français que j'ai pu voir (sauf à Paris et Versailles) n'égalait ceux-ci, ni en durée, ni en densité, et ensuite parce que les feux d'artifice, en France, sont toujours tirés depuis des espaces dégagés. Ici, nous étions entre quatre immeubles, et nous pouvions entendre les échos multiples de toutes les explosions, ce qui était par moment assourdissant. Évidemment, au niveau de la sécurité, ce n'était en rien comparable à la France, puisque chaque particulier apportait et faisait exploser ses propres fusées, en vente dans de nombreuses rues partout à Pékin. Tout le monde se tenait autour, à une distance presque raisonnable. Les fusées n'explosaient pas toutes très haut, et il arrivait que des projectiles rebondissent contre les murs ou les fenêtres des immeubles ! Les enfants participent bien sûr aussi, avec des bâtons à étincelles pour les plus jeunes, de petites fusées pour les autres. Quatre extincteurs avaient été placés à proximité. Le sol était ensuite jonché de débris de cartons, dans toutes les rues où je suis passé car des rassemblements similaires avaient lieu dans tous les groupes d'immeubles.

Pour finir, une pensée pour mon amie du Burundi. Elle n'aime pas les feux d'artifices. Elle n'en a même jamais vu. Elle vivait dans la capitale du pays et chaque explosion lui rappelle que son quartier a déjà été bombardé - le bruit est très similaire. Les rebelles se battaient tout autour de la capitale jusqu'en 2005. Ici, les feux d'artifice ont explosé intensément jusqu'à deux heures du matin et plus modérément pendant toute la nuit. Elle n'a pas dû très bien dormir...

Je vous souhaite à tous une très bonne année du tigre : 新年快乐 (xīn nián kuài lè) !

L'entrée du parc Ditan Exposants dans le parc Ditan Chinois costumés dans le parc Ditan Feux d'artifices tirés entre les immeubles

Dimanche 14 février

Je suis allé à la messe en anglais à la cathédrale, célébrée par un prêtre chinois. Il y avait des gens de toutes les origines et on pouvait suivre les chants sur de grands écrans. J'ai ensuite voulu visiter la lamaserie Yonhegong. C'était une mauvaise idée, car aujourd'hui, des dizaines de milliers de chinois s'y sont rendus, pour prier et faire brûler de l'encens afin d'avoir de la chance et la protection du ciel pendant toute l'année qui vient ! Par conséquent, le périmètre était bouclé, la station de métro fermée, et il fallait faire tout le tour du quartier pour entrer (environ 30 minutes de marche) puis autant d'attente. Dans le temple, c'était la cohue et les gens se (et me) bousculaient pour accéder aux pieds des statues pour s'incliner et déposer leur encens. Ça m'a beaucoup déçu, car finalement, il fallait payer 25 Yuans pour se faire bousculer pendant une demi-heure, d'autant plus que les photos étaient interdites à l'intérieur des bâtiments. Je pense que le lieu est intéressant et mérite une vraie visite, mais pas le premier jour de l'année lunaire ! Extérieurement, les bâtiments sont très beaux et l'un d'eux contient une statue du Bouddha de 26 mètres de haut, sculptée dans un seul arbre !

Je suis ensuite retourné au parc Ditan où l'on m'avait dit qu'il y aurait les manifestations classiques que l'on attend pour un nouvel an chinois : défilés de personnes costumées, musiques et surtout grands dragons portés par des dizaines de personnes... Hélas, je n'ai rien vu de tout cela. Le parc était rempli des mêmes commerces qu'hier (sauf qu'ils étaient plus nombreux aujourd'hui) et il était très difficile de circuler dans certaines allées en raison de la très forte affluence (encore plus qu'hier). Il y avait aussi plus de stands de nourriture, et j'ai pu goûter des fruits séchés dont je ne connais pas le nom, du thé et une sorte de soupe sucrée faite avec des racines bizarres...

Enfin, j'ai passé une excellente soirée à l'opéra de Pékin. La salle est un théâtre à deux tribunes qui, de l'intérieur, n'a pas l'air récente (on a plutôt l'impression de revenir quelques décennies en arrière, ce que j'ai apprécié) mais se situe dans un bâtiment moderne. Le spectacle a duré 2h45. Je n'ai évidemment rien compris des paroles, mais j'ai énormément aimé la mise en scène travaillée, les costumes sublimes (les acteurs jouent parfois même de dos pour que l'on puisse apprécier les motifs !) et les performances vocales des acteurs. Les répliques sont parlées ou chantées selon les moments, toujours avec des voix étranges et aiguës, et toujours accompagnées d'un orchestre composé d'instruments traditionnels (à cordes et à percussions). Ce devait être une comédie car le public a assez ri (même les personnages riaient bruyamment !). Je crois que l'histoire tournait autour d'une jeune fille, réclamée par deux prétendants. Comme dans le théâtre de Molière, certaines scènes montraient les relations entre maîtres et serviteurs, où chacun essaie de retourner la situation à son avantage et confie ses plans au public. Celui-ci a souvent applaudi, principalement à la fin de certaines répliques (lorsque l'acteur maintient une note pendant une dizaine de secondes tout en modulant sa voix), pendant les danses et pendant certaines performances musicales de l'orchestre (passages difficiles et mouvementés). J'en garde donc un excellent souvenir, même au bout de 2h45, on commence à trouver le temps long en entendant ces voix très aiguës et cette musique si inhabituelle !

La foule dans la lamaserie Yonhegong Vendeuse dans le parc Ditan L'opéra de Pékin L'opéra de Pékin

Lundi 15 février

J'ai fait toutes les visites que j'avais prévues, à l'exception de l'église Saint-Joseph de la rue Wangfujing où je suis donc allé ce matin avec mon amie africaine. La présence d'une église en ce lieu remonte à 1655, mais elle a été détruite et reconstruite à de trois reprises depuis. Le bâtiment actuel date de 1905.

Nous nous sommes ensuite promenés au sud de la Cité Interdite, dans une rue très fréquentée et décorée de nombreuses lanternes rouges, avant d'aller dans un restaurant où nous avons mangé une sorte de riz cantonnais. Nous sommes passés devant deux immenses portes, dont l'une, la porte Qianmen de 44 mètres de haut, est la porte originale de la ville et existe depuis près de 600 ans.

Je me suis enfin rendu à la gare sud pour prendre le train pour Shanghai. La gare est vaste et l'on peut s'asseoir dans des fauteuils confortables, autour de petites tables, pour jouer aux cartes ou utiliser son ordinateur en attendant son train. Je suis très satisfait de ma semaine ; Pékin est une ville extrêmement intéressante et agréable. Le principal point négatif était la température (c'est le cas de le dire !) et je ne conseille pas de visiter la ville en février. Le printemps ou l'automne sont plus adaptés mais l'été est, m'a-t-on dit, trop chaud (30°C).

Le train était presque vide (environ quatre places libres pour une occupée) : les chinois ne voyagent pas les premiers jours de l'année, mais profitent d'être en famille. Les sièges en seconde classe valent largement ceux des TGV français : on a beaucoup plus de place pour les jambes, les wagons sont plus larges, etc. On nous a même distribué gratuitement des petites bouteilles d'eau ! Là où ils en font trop, c'est qu'on a une télévision pour tout la voiture, qui passe le même programme inintéressant qu'à l'aller et que le son m'empêche de dormir. Ils ne l'ont éteinte qu'à minuit. Le reste de la nuit aurait pu mieux se passer, car les autres passagers utilisaient abusivement leur téléphone portable, en mettant la sonnerie à fond et en criant à leur interlocuteur jusqu'à une heure avancée de la nuit... Le train est finalement arrivé à 7h30 à Shanghai, soit avec 15 minutes d'avance. Il fait presque aussi froid qu'à Pékin (autour de 0°C).

L'église Saint-Joseph de Wangfujing La porte Qianmen La gare sud Geeking dans la gare sud

Mercredi 17 février

À midi, messe des cendres en anglais à l'église Saint-Pierre. J'ai ensuite accueilli Zhen, la Chinoise de mon groupe-projet, avec qui j'ai travaillé pendant les deux premières années à l'École Centrale de Lille. Elle est venue me chercher pour que nous allions passer quelques jours ensemble dans son village près de Lishui, au sud-ouest de Shanghai.

Nous nous sommes promenés dans Shanghai avant de prendre le car pour Lishui. Le voyage a duré cinq heures au lieu des sept habituelles, en raison d'une circulation particulièrement fluide. Les Chinois sont encore dans leurs familles. Nous n'étions d'ailleurs que quatre ou cinq dans le car !

Ses parents m'ont très gentiment accueilli et nous avons pu échanger quelques mots en chinois. Tout le monde parle bien sûr le mandarin standard, mais la langue locale est un dialecte dont la prononciation est assez différente et qu'il m'est donc impossible de comprendre. Les habitants manient donc les deux langues, selon les situations. J'ai été très surpris en arrivant de voir que toutes les fenêtres restaient ouvertes, malgré des températures extérieures négatives ! En effet, au sud du Yangzi Jiang, les maisons ne sont généralement pas chauffées et l'on y vit donc en manteau. Heureusement, mon lit a un matelas électrique chauffant, ce qui est bien utile dans ces conditions !

Jeudi 18 février

Ce matin, je me suis promené avec Zhen dans le village et les environs. Le village compte environ 500 âmes et deux types de maisons : les anciennes sont faites de gros galets, de terre et de bois et il y fait très sombre. Elles sont progressivement remplacées par des maisons modernes et bien équipées. Dans le village, on croise évidemment plein de poules et de chiens ; plus loin, ce sont des champs de cultures maraîchères, parfois sous serre, des bosquets de bambous (dont certains sont des cultures, car on en mange les pousses) ainsi que plusieurs porcheries, dont une que nous avons pu visiter ! J'ai été déçu de constater que dans le village et tout autour, les détritus (surtout des emballages en plastique) jonchent les rues et les chemins !

Nous avons mangé un très bon repas avec les oncles, tantes et cousins de Zhen : une dizaine de plats sur un plateau tournant (crevettes séchées, bœuf séché, lard de tête de cochon, lotus, soupe de bambou, etc.). Nous sommes ensuite allés visiter le parc de Dongxiyan, à environ une heure de voiture. Le long de la route, nous avons vu à plusieurs reprises des buffles dans les champs (un adulte avec une très grosse bosse, et des jeunes, très mignons !). Le parc consiste en plusieurs promenades autour et sur des formations géologiques diverses, comme des grottes, des gorges et des massifs rocheux assez impressionnants, nommés rocher de l'Est et rocher de l'Ouest. D'en haut, on peut contempler un paysage de collines, dont certaines ont été aménagées en des sortes d'escaliers pour les cultures (d'arbres fruitiers et non de rizières comme dans d'autres régions de Chine). Encore, et c'est regrettable, pas mal de déchets partout dans le parc. Les gens jettent tout par terre, malgré les poubelles. Nous en avons discuté et l'on m'a dit que les crottes de chien à Paris, ce n'est guère mieux (mouais...) !

Nous avons ensuite mangé dans le restaurant du parc et j'ai pu goûter de nouveaux plats : du taro (« yu mao », un peu comme une pomme de terre, mais avec une peau épaisse comme une écorce ; on trouve même des crêpes fourrées au taro au MacDo) et des boulettes faites avec une farine d'un riz spécial fourrées d'une pâte à base de haricot et très sucrée. Délicieux ! Il y avait encore de la soupe au bambou et plein d'autres légumes. Nous avons fini la journée par une promenade dans le centre-ville de Lishui où se tient un marché nocturne. Lishui est une petite ville de 200 000 habitants (!) auxquels s'ajoutent 100 000 travailleurs non-permanents. Le centre-ville contient donc des bâtiments d'entreprises et administratifs assez hauts et très éclairés la nuit. Sur le marché nocturne, nous avons mangé des brochettes de porc et de calamar et bu du « bubble tea », très célèbre dans les villes chinoises (c'est sucré et ça se boit avec une grosse paille, car il y a des morceaux de fruits ou de pâte gélatineuse à manger dedans !).

Maisons du village Cochons dans une porcherie du village Buffle près de Lishui Rochers du parc Dongxiyan Collines autour du parc Dongxiyan Centre-ville de Lishui

Vendredi 19 février

Zhen, sa famille, ses cousins et moi sommes allés visiter le parc de la montagne Dinghu, à environ une heure de route de Lishui. On peut y voir une colonne rocheuse de 170 mètres de haut d'origine volcanique (je pense qu'il s'agit d'un dyke) au pied duquel a été bâti un temple taoïste. La montée se fait en téléphérique (pas très rassurant !) et la descente à pieds par un long escalier. D'en haut, on peut voir un paysage très joli et varié, car la rivière, d'une belle couleur turquoise, forme des méandres.

Nous avons mangé une soupe de nouilles plates dans un restaurant et j'ai goûté une sorte de pain plat fourré, un peu comme une pizza, mais recouverte de pâte. Après le dîner, nous avons tiré un petit feu d'artifices devant la maison avant de jouer au Mah-jong puis aux cartes. Enfin, tout le monde a participé à la préparation des raviolis pour demain ! J'ai beaucoup apprécié de « mettre la main à la pâte » !

La montagne Dinghu Le temple taoïste Les parents de Zhen dans le téléphérique Vue du sommet

Samedi 20 février

Je me suis promené avec Zhen et son cousin le long du lac de retenue près du centre-ville de Lishui. Le lac est très long et peu large, donc ça ressemble plutôt à une rivière. La promenade a été très bien aménagée et se situe près des anciens remparts de la ville. Il fait bon s'y promener lorsqu'il y a du soleil comme aujourd'hui. La température a dû dépasser les 20°C alors qu'il gelait avant-hier !

Nous sommes ensuite allés manger dans un très bon restaurant où l'on nous a servi une soupe contenant des demi-crabes, à décortiquer, une salade de pousses de bambous, des brochettes de calamar, des champignons sauvages et du jus de maïs tiède. C'était vraiment excellent ! Ils m'ont ensuite raccompagné à la gare routière où j'ai pris le car pour Shanghai. Cette fois-ci, il était plein. Le voyage a duré 5 heures et demi et on nous a passé des films en chinois (trois films de guerre, dont deux contre le Japon, mais c'est souvent comme ça à la télévision aussi !).

Contrairement à l'aller, il faisait jour et j'ai pu admirer le paysage. Autour de Lishui et sur plusieurs centaines de kilomètres, ce sont des montagnes pas très hautes et souvent cultivées en escaliers. Entre les montagnes, ça alterne entre villages aux maisons modernes et énormément de cultures maraîchères, toujours faites à la main (pas de grand champ ni de tracteur). Plus on se rapproche de Shanghai, plus l'on voit de zones industrielles. Enfin, il y a partout (de Lishui à Shanghai) des bâtiments et équipements (routes, ponts et autoroutes) en construction. On sent vraiment une économie dynamique et un pays lancé à pleine vitesse vers son avenir. De nombreux Chinois ont repris le travail aujourd'hui, après leurs vacances de fin d'année lunaire.

Les remparts de Lishui La promenade le long du lac sur la rivière Oujiang Le centre-ville de Lishui Le repas au restaurant

Mercredi 24 février

Pas grand chose d'intéressant cette semaine : je reste au SICCAS pour me reposer et classer mes photos. J'en profite pour me renseigner sur l'histoire chinoise. À première vue, il n'est pas facile de s'y retrouver, quand on sait que le pays a compté des dizaines de régimes depuis le 22e siècle avant Jésus-Christ et pas moins de vingt dynasties ainsi que plusieurs royaumes depuis.

Cependant, c'est bien plus simple en pratique, car la plupart des monuments que l'on voit (à Pékin, entre autres) sont relativement récents et ne datent que rarement d'avant le 15e siècle. Or, seules deux dynasties se sont succédées depuis : la dynastie Ming a duré de 1368 à 1644 et la dynastie Qing de cette date à 1912. Le dernier empereur, Puyi, est mort sans descendance en 1967. On peut voir ses jouets d'enfants, dont une jolie locomotive miniature, dans la Cité interdite.

Il a fait un temps magnifique depuis samedi, mais ça a tourné à l'orage ce soir. Maintenant, il fait très humide et toutes les vitres sont couvertes de buée, même celles entre les pièces et le couloir des bâtiments !

La plupart de mes collègues sont rentrés et ont recommencé leur travail, quatre jours avant la fin des vacances ! Certains m'ont dit qu'elles étaient trop longues, d'autres les ont trouvées ennuyeuses, entre visiter ses proches et regarder la télévision. Difficile à concevoir après ces visites passionnantes de Pékin et Lishui !

La locomotive de Puyi

Dimanche 28 février

C'est aujourd'hui la fête des lanternes et le dernier jour des festivités du nouvel an chinois. Les pétards et feux d'artifice ont recommencé à éclater partout dans la ville et j'ai demandé à mes collègues quel était le meilleur lieu pour « voir des lanternes ». On m'a répondu (et j'y suis allé) : près du jardin Yu. Effectivement, les rues étaient très décorées et les toits traditionnels portaient des guirlandes. Il y avait un monde fou et c'était très difficile de se déplacer dans la foule. Comme d'habitude, de nombreux vendeurs ambulants vendaient toutes sortes de brochettes, tofu, pains traditionnels, etc.

Le centre des animations était dans un quartier de bâtiments aux formes traditionnelles mais tous les accès à ces rues étaient fermés, pour obliger les gens à passer par une entrée principale et à payer 50 Yuans. Pour ce prix, on pouvait simplement... marcher dans les rues au milieu d'une foule très compacte et acheter dans tous les magasins du quartier. J'ai été extrêmement décu par ces aspect uniquement commercial de la fête : tous les gens présents ne faisaient que manger, se bousculer et prendre des photos des bâtiments décorés par la municipalité. Il n'y avait aucune manifestation culturelle, aucun défilé, aucune personne costumée marchant avec des lanternes, bref : rien que de la nourriture, 50% chinoise, 50% américaine (Mac Donalds, KFC et autres...) et des gadgets lumineux sur les têtes (cornes du diable, oreilles de Mickey...) qui n'avaient à mon avis rien à faire là. En résumé, c'était comme le parc Ditan à Pékin : on paye pour avoir le droit de consommer et on n'a droit à aucun apport éducatif, historique ou culturel. Très dommage...

J'ai donc décidé de marcher dans les rues un peu au hasard, en me dirigeant vers le Bund (qui n'a toujours pas rouvert et dont les travaux continuaient même après 21h !). Là, c'était nettement plus intéressant car on voyait des dizaines de grandes lanternes qui volaient entre les bâtiments et même plus haut que les gratte-ciels : les gens mettent une bougie chauffe-plat dans une grande bulle de toile rouge et créent ainsi une montgolfière miniature qui s'envole et se laisse porter par le vent ! C'est très joli, traditionnel et... illégal ! En effet, les lanternes retombent et risquent fort d'allumer des incendies un peu n'importe où ! J'ai réussi à m'approcher de Chinois qui lançaient une lanterne et à prendre des photos. Malheureusement pour eux, un policier est arrivé et les a enguirlandés assez énergiquement ! La lanterne n'est finalement pas partie... Finalement, dans ce pays, c'est quand les choses sont illégales que ça commence à devenir intéressant !

Rue bondée près du jardin Yu Bâtiment illuminé près du jardin Yu
Le Bund, de nuit Envoi d'une lanterne-montgolfière

Mars 2010

Mardi 2 mars

Ce site était inaccessible de vendredi soir à hier soir, suite à un mauvais réglage sur le réseau de l'École. Le problème est maintenant résolu. Désolé pour le désagrément.

Samedi 6 mars

Il fait un temps horrible depuis plus d'une semaine : pluie presque sans interruption et temps menaçant le reste du temps. Il y a plusieurs visites que j'aimerais faire à Shanghai et dans les villes environnantes, mais comme tout est en extérieur, ça ne vaut pas du tout le coup. Aujourd'hui, je suis donc allé dans un des rares lieux intéressants et fréquentables par mauvais temps : le Shanghai Ocean Aquarium. Malgré le prix exorbitant (135 Yuans), il y avait énormément de monde toute la matinée.

L'aquarium comporte trois étages et les animaux sont groupés par continent et par type de milieu (récif corallien, mangrove, océan profond...). Dans certains cas, il y a des mises en scènes assez jolies où l'on peut voir le rivage au-dessus de la surface et les poissons qui vivent dans ces eaux peu profondes. Il y a pas mal de choses à voir, et pas que des poissons (crocodiles et alligators, petits manchots, méduses, iguane, limules...) et même un bassin où l'on peut caresser un bébé requin ! On parcourt également un long tunnel dans lequel on est entouré d'eau sur deux côtés et au-dessus. Pas mal. Les explications sont simples (un peu trop parfois) et tout est très accessible aux enfants. J'ai quand même plusieurs regrets : il y a un sens de visite imposé, de l'entrée à la sortie, et il est impossible de faire marche arrière (les escaliers automatiques ne permettent que d'aller dans ce sens) ! Après deux heures de visite, je n'en avais toujours pas vu assez, et j'ai dû argumenter avec le personnel pour qu'on me laisse faire le tour une nouvelle fois (j'ai bien fait car il était un peu plus de midi et c'était presque désert) ! Ensuite, toutes les plantes et algues sont fausses ! Elles sont toutes faites en plastique et ça donne un aspect très statique aux aquariums : on voit des poissons qui nagent dans un décor fixe et ça n'a pas toujours l'air très vivant. Enfin, il est fréquent de voir des poissons seuls ou en petit groupe dans de minuscules aquariums où ils se contentent d'attendre sans bouger. C'est assez triste, même si ça fait le bonheur des photographes, et moi le premier (j'ai fait quelques très bonnes photos en macro assez facilement).

Enfin, ce qui est assez pénible, c'est la mauvaise éducation des visiteurs (en particulier chinois) : ils tapent sur les vitres et photographient au flash alors que c'est explicitement interdit (bon, en France, j'ai vu ça aussi). Pour les enfants, c'est encore pire : ils hurlent sans raison, courent partout, bousculent les gens et crient dès que quelque chose ne leur plaît pas...

En fin d'après-midi, je me suis promené dans un « fake market » près de People's Square avec deux étudiantes françaises, de Lyon et de Nantes. On y trouve presque tout, surtout des vêtements, accessoires de mode, montres... pour la plupart des copies de grandes marques. Dans une boutique, un vendeur a essayé de me vendre une clé USB d'une capacité annoncée de 880 Go (!) pour... 2000 Yuans. Du délire total, d'abord parce qu'il n'y a aucune clé USB sur le marché qui dépasse 32 Go (peut-être 64 récemment) et ensuite parce que même si c'était vrai, j'ai acheté mon disque dur de 1 To à 140€ il y a plus d'un an. J'ai essayé d'expliquer au vendeur que c'était n'importe quoi et il m'a répondu : « d'accord, cette clé ne fait pas 880 Go... ce n'est pas grave, je peux vous la vendre moins cher » ! Mmmh... non merci, je préfère attendre d'être en France plutôt que d'acheter ici ce qui est reconnu par le vendeur comme une arnaque... On remarque et on regrette malheureusement un mépris réciproque entre certains touristes et certains vendeurs dans de tels lieux. Ce n'est pas un endroit où j'aimerais acheter quoi que ce soit.

Décor de plage tropicale Poisson de l'aquarium de Shanghai Méduse dans l'aquarium de Shanghai Le tunnel à requins

Dimanche 7 mars

Aujourd'hui, j'ai profité d'une éclaircie (mais avec un temps toujours très gris) pour visiter le parc Wusong (entrée : 5 Yuans), situé à la confluence du fleuve Huangpu et du Yangzi Jiang. Il ressemble assez au parc Binjiang de la rive droite dont il est le pendant sur la rive gauche. Là aussi, on peut voir un large panorama sur ce fleuve large comme une mer et sillonné de très nombreux bateaux. La visibilité était assez mauvaise et j'ai dû beaucoup accentuer le contraste sur la photo. Le parc est très vaste : 110 hectares et 2 km de côte. Il dispose de beaucoup de zones humides et de marécages qui doivent servir de refuges aux oiseaux (cependant, j'en ai vu assez peu, seulement 3 bergeronnettes). J'ai bien aimé cette promenade dans ce lieu assez calme et presque désert. Je pense que ça doit être encore plus agréable au printemps, quand il fait bon. Aujourd'hui, il faisait environ 10°C, mais avec un vent très froid. Les fleurs commencent à apparaître, notamment à l'Institut où j'ai photographié un arbuste fleuri assez inhabituel.

Promenade le long du Yangzi Jiang Bateaux sur le Yangzi Jiang Zones humides du parc Wusong Arbuste en fleurs

Mercredi 10 mars

Il a cessé de pleuvoir et il fait maintenant un temps magnifique. En contrepartie, les températures sont bien redescendues... Il a neigé lundi et aujourd'hui, il gèle.

Après le travail, je suis allé à la piscine pas loin de l'institut avec 3 collègues (entrée : 20 Yuans avec la carte de fidélité qu'un d'entre eux partage avec les autres). La plupart des chinois ne sait pas nager. Seuls ces 2 collègues sur les 12 ont appris et un troisième apprend. La première chose qui étonne beaucoup quand on va à la piscine pour la première fois est que... les gens sont tous nus dans les vestiaires ! Très surprenant quand on ne s'y attend pas ! Ma collègue m'a confirmé que c'était pareil du côté des femmes et qu'elle même avait été étonnée par l'attitude inverse qu'elle a observée en France !

Pour le reste, c'est très semblable à une piscine française, hygiène incluse. Le bonnet de bain est obligatoire pour tous mais le short de bain est autorisé. La piscine fait 50 mètres de long et une partie est réservée pour les nageurs expérimentés. Dans l'autre partie, je trouvais qu'il y avait beaucoup de monde (mais mes collègues m'ont dit que non, par rapport à d'habitude) et c'était difficile de nager droit car beaucoup de gens s'arrêtent à mi-distance ou en contresens... À la sortie, distribution gratuite de coton-tiges et même de gouttes pour les yeux !

Enfin, restaurant : bœuf, poisson, tofu, lamelles de pommes de terre et salade chaude. On a aussi mangé une sorte de pain, comme de la pâte à pizza sans garniture, venant de la communauté Ouïghour. Ça fait du bien de manger du pain, ça change du riz à tous les repas !

Vendredi 12 mars

Après le dîner, conférence sur l'encyclique de Benoît XVI, Caritas in Veritate à l'église Saint-Pierre avec la communauté catholique francophone.

Dans la soirée, je me suis décidé à rejoindre mes amies françaises pour découvrir la vie nocturne de Shanghai. Nous sommes d'abord allé au « Spot », une sorte de bar avec de la musique moderne très forte, pour rejoindre d'autres français (8 jeunes au total) avant d'aller tous ensemble au « Muse » et au « Sky », deux boîtes de nuit mitoyennes. La population est très cosmopolite, avec au moins 30% d'étrangers (Français, Italiens, Allemands pour ceux que j'ai rencontrés et sans doute aussi beaucoup d'Américains), surtout des 20-30 ans mais aussi quelques hommes d'affaires en costume qui frisent la soixantaine... La superficie de chaque bâtiment est immense (difficile à évaluer) et divisée en de nombreuses salles qui communiquent par des couloirs pleins à craquer et difficilement praticables, le tout à multiplier par le nombre d'étages (au moins 3 par bâtiment). Il y a pas mal d'endroits où s'asseoir (canapés et tables basses), ou tomber, tellement on est bousculé de partout ! J'ai été assez étonné par la quantité de personnel (videurs, serveurs, femmes de ménage qui balaient entre les pieds des danseurs...) et par les moyens sonores et lumineux (grands baffles au plafond tous les deux mètres, clips diffusés partout sur de grands écrans et une densité importante de lampes, lasers, stroboscopes dans toutes les pièces).

Mis à part ces détails, je pense qu'il n'y a que très peu de différence entre ces établissements et n'importe quelle boîte parisienne ou d'une grande ville américaine. Le niveau sonore est complètement déraisonnable et il n'y a nulle part où l'on puisse avoir un calme ne serait-ce que relatif pour parler à d'autres ou pour reposer ses yeux (le stroboscope toutes les 30 secondes pendant 4 heures, c'est assez pénible, voire douloureux...). Il n'y a pas grand chose d'autre à faire que de danser en s'abîmant les oreilles et en étant fréquemment bousculé. Pour la boisson, le Sky imposait un open-bar pour 100 Yuans. Le problème, c'est qu'à 0h30... ils n'avaient déjà plus de verre ! On a donc eu droit en tout et pour tout à... une bouteille de bière ! Dans l'autre club, on a eu un grand verre d'une boisson alcoolisée amère comme du Schweppes... bof. Bref, ce n'est pas du tout le genre d'endroit où je m'amuse et à 10€ la bière, ça fait cher, surtout en Chine !

Outre l'aspect ennuyeux pour ceux qui n'aiment pas les boîtes de nuit, il n'y a malheureusement ici aucune spécificité chinoise : la musique est américaine (et les quelques chansons intéressantes sont horriblement remixées), les styles vestimentaires et les coupes de cheveux aussi (beurk !) et même les serveuses au bar sont occidentales, pour pouvoir parler anglais aux clients... Pas besoin de voyager hors de son pays pour trouver un tel lieu. Évidemment, on trouve ici des gens de tous les pays avec qui il serait intéressant de discuter, mais toute tentative de communication se résume à hurler quelques mots en anglais dans l'oreille de l'autre ! Comme ouverture culturelle, on fait mieux...

Nous en sommes sortis vers 4h30. Comme il est impossible d'entrer dans le bâtiment où je dors au SICCAS entre 0h30 et 6h30 (sauf en réveillant une chambre du rez-de-chaussée pour passer par leur fenêtre), mes amies m'ont gentiment hébergé dans leur très bel appartement près de leur université (3 chambres pour elles et un grand salon avec un canapé confortable pour moi).

Samedi 13 mars

Aujourd'hui, Zhen est venue de Xi'An pour passer demain un examen d'anglais (assez réputé car plusieurs de mes collègues y participeront également). Pour la remercier de son invitation à Lishui et parce qu'elle m'a avoué que la nourriture française (et en particulier le fromage !) lui manquait, je l'ai invitée dans un restaurant français. J'avais réservé au « Café Montmartre ». Elle a mangé une salade au bleu et aux noix et une tarte tatin et moi des spaghetti au saumon fumé et des profiteroles ! C'était délicieux et nous étions tous deux très satisfaits du restaurant. Ça nous a coûté 218 Yuans au total, ce qui est cher comparé aux restaurants chinois mais assez raisonnable au vu des tarifs en France. Il est probable que j'aille à Xi'An le week-end du 1er avril.

Dimanche 14 mars

Rien de très intéressant aujourd'hui : pluie (presque) diluvienne le matin, qui m'a dissuadé de faire mon quart d'heure de marche à pied entre le métro et l'église. Cet après-midi, il a cessé de pleuvoir et je suis donc allé à pieds (2 heures de marche) à la messe en chinois à la cathédrale pour la première fois depuis janvier. J'ai compris quelques mots, mais toujours presque rien... Retour en métro et innovation étrange : à l'arrêt Jing'An temple, il y a maintenant deux petits aquariums dont l'un contient deux bébés requins à pointe noire. Très mignons, il faudra que je revienne avec un appareil photo !

Vendredi 19 mars

Il fait un temps magnifique depuis quelques jours. J'en ai profité pour aller me promener à Zhongshan Park, près du SICCAS, avec un collègue. Sur le chemin, nous avons gagné deux bouteilles de « Vitamin water », en répondant à des questions un peu bêtes (genre : « dans quelle ville sommes-nous ? »). Elles étaient posées en chinois, mais j'ai quand même su répondre !

Ce soir, dîner avec mes collègues dans un bon restaurant. Nous étions invités par un couple de collègues qui voulaient officialiser leur relation (un peu comme des fiançailles, célébrées avec leur groupe de travail). C'était très bon, avec, entre autres : lotus farci au riz sucré et de petits pains plats que l'on remplit d'une préparation aux champignons. J'ai moins aimé la soupe au poumon de porc... Il y avait une très bonne ambiance et nous avons bu relativement modérément, sauf le fiancé qui a dû trinquer plusieurs fois avec chacun ! Il n'était plus très en forme en sortant !

Samedi 20 mars

Ce matin, la sœur Emmanuel de Medjugorje est venue chez une famille française nous parler des apparitions qui y ont toujours lieu et de la prière. C'était passionnant et émouvant. Il y avait pas mal de familles françaises et de nombreux enfants. Nous avons ensuite partagé un sympathique repas dehors. La maison où nous nous sommes réunis est à environ 3 km de la plus proche station de métro et j'ai donc fait la distance en moto-taxi, pour 10 Yuans. Ce n'est pas très prudent, car le passager n'a pas de casque. J'ai dit au chauffeur dès le début de rouler lentement et il a à peu près respecté cette consigne. J'éviterai de recommencer (ou alors avec un casque), mais je me suis bien amusé !

J'ai passé l'après-midi dans le jardin botanique. L'entrée coûte 30 Yuans, à compléter par la visite de deux très grandes serres, également pour 30 Yuans. Le parc est immense et comporte plusieurs jardins : celui des bambous, des magnolias, des azalées, des roses, etc. Dans les serres, on peut voir de très belles fleurs de la famille des orchidées ainsi que des cactus. C'est un endroit très agréable pour se promener. Aujourd'hui, le ciel est devenu gris, même s'il est très lumineux. Ce n'est pas l'idéal pour les photos...

Le jardin botanique Arbres fleurs du jardin botanique La grande serre du jardin botanique Orchidée du jardin botanique

Dimanche 21 mars

Aujourd'hui, un collègue m'a proposé de visiter le zoo de Shanghai avec un groupe du SICCAS d'adhérents au parti communiste. Je les ai accompagnés avec plaisir car je voulais vraiment voir des pandas pendant mon séjour en Chine. L'entrée coûte 40 Yuans, mais nous avons bénéficié d'un tarif de groupe. Le zoo est vraiment immense, à mon avis 5 fois plus grand que celui de Lille ! Il présente plus de 600 espèces d'animaux, regroupés par famille, avec une très grande zone consacrée aux oiseaux (et même une volière dans laquelle on peut entrer), des aquariums, vivariums, etc. Les cages et les enclos sont de taille raisonnable ; je m'attendais à bien pire, mais c'est bien mieux que les zoos français que je connais. Une exception tout de même : les singes (gorilles, chimpanzés et orangs-outangs) et les lémuriens ne sont pas les mieux lotis : les premiers sont seuls dans une immense cage et s'ennuient visiblement et les seconds sont en groupe très nombreux dans une petite pièce carrelée où rien ne rappelle la nature...

Le vrai problème, c'est plutôt l'éducation des visiteurs chinois, très mauvaise, voire nulle : il est écrit partout en anglais et en chinois qu'il est interdit de nourrir les animaux, mais la consigne n'est pas du tout respectée et les gens lancent n'importe quoi dans les cages et vont même jusqu'à passer les barrières pour donner de la nourriture aux pensionnaires. À l'entrée du zoo se trouve pourtant un mémorial en mémoire d'une girafe morte des conséquences d'une mauvaise alimentation due aux visiteurs... Étonnamment, je n'ai vu aucun gardien parcourir le parc pour vérifier cela (alors qu'en Chine, il y a deux employés par bus, deux chefs de gare par station de métro et un policier tous les 200 mètres...). Les enfants sont tout particulièrement insupportables et j'ai été stupéfait de voir que certains étaient tenus en laisse ! J'ai vu à deux reprises des gamins d'environ 4 ans portant un harnais auquel était attachée une sangle tenue par leur mère !

Du côté des pandas, tout va bien. En tant qu'animal national, ils sont choyés et bien mis en valeur (avec une salle d'exposition qui présente en chinois toutes les actions de préservation). Il est par contre assez difficile d'approcher du très grand enclos où se trouvent les jeunes pandas, car les visiteurs passent des heures à les regarder. Ils sont agiles pour monter aux arbres et un peu maladroits pour redescendre, ce qui est toujours très drôle, de même que lorsqu'ils se chamaillent. Juste à côté et encore plus mignons, il y a les petits pandas, dont l'un sert de logo au navigateur Firefox. Chose curieuse pour un zoo, on trouve aussi un « pets world » où les cages contiennent des chiens ! Je n'ai pas de raison de penser qu'ils étaient destinés à être adoptés, donc ils devaient être là au même titre que les autres animaux... Il y a certes beaucoup moins de chiens dans les rues de Shanghai que dans celles de Paris mais c'est quand même étrange de les présenter comme des animaux sauvages...

J'ai mis environ 6 heures pour voir tous les endroits du zoo, mais on peut facilement trouver à s'occuper encore si l'on prend son temps ou si l'on assiste aux spectacles mettant en scène des éléphants et des otaries. Le temps était vraiment superbe. Ce soir, messe à la cathédrale où une amie chinoise a eu la gentillesse de me traduire en anglais une partie de l'homélie !

Vautour moine Toucan Gros nounours Panda un peu maladroit Panda roux Chameaux
Panda la tête en bas Enfant tenu en laisse

Mercredi 24 mars

Cet après-midi, mon groupe de travail s'est réuni pour un « coffee break » ou une « tea party », selon les sources, où nous avons partagé des spécialités rapportées par chacun de la ville où il a passé le nouvel an chinois. J'avais rapporté de Pékin du canard grillé (conservation : 45 jours à 20°C, 90 jours au frais, je ne sais pas comment ils font...). Les autres avaient apporté divers petits gâteaux dont certains ressemblent à des barres de céréales, de la mangue et de l'orange confites et du jus de lotus (pas mauvais !). Le directeur du service a longuement raconté des anecdotes du nouvel an, en chinois puis nous a tous invités au restaurant.

Le restaurant était très beau et deux pièces nous étaient attribuées. Nous y avons bu de manière assez excessive de l'alcool de riz à 52°... On a fini deux bouteilles de 50 cL à 8, ce qui fait en moyenne 125 mL par personne, moins pour moi (80 mL ?) car je suis passé dès que possible à la bière Tsingtao (ça passe beaucoup mieux). Nous n'étions qu'avec deux professeurs et l'ambiance était bien meilleure que lors des grands repas avec des centaines de personnes. Notre directeur de service s'est bien amusé et a même invité le gérant du restaurant à trinquer avec lui et toutes les serveuses avec moi ! On était tous hors-service en sortant du restaurant, d'autant plus (pour moi) que la nourriture était très épicée et qu'il était difficile de manger suffisamment. Cela dit, j'étais loin d'être parmi les pires et j'ai pu rentrer à pieds avec d'autres alors que certains n'auraient pas pu sans taxi...

La table Nos deux pièces Moi et les serveuses

Dimanche 28 mars

Premier après-midi en T-shirt depuis début novembre, ça fait du bien ! Il a fait plus de 25°C au soleil, un peu plus frais à l'ombre avec un petit vent frais. J'ai fait une longue promenade (4h30) avec deux collègues à travers Zhongshan Park puis sur deux campus près du SICCAS et jusqu'au parc Changfeng. Il y a énormément de Chinois dehors qui profitent du beau temps, mais aussi beaucoup qui travaillent, notamment sur les chantiers (qui commencent avant 7h et s'arrêtent après 23h) ! Hier, nous avons annulé une promenade dans un autre parc après avoir lu sur le Web que les fleurs sur les arbres étaient artificielles ! Dans les parcs où nous sommes allés aujourd'hui, elles étaient bien réelles et les Chinois adorent être pris en photos devant elles.

Autour du parc Changfeng, il y a de très hauts immeubles (30 étages, soit 75 m) très récents. Le prix du mètre carré y atteint 30 000 à 40 000 Yuans selon mes collègues. Très peu de Chinois peuvent se les payer. Nous avons longuement parlé des prix et des salaires français et chinois. C'était très instructif autant pour moi que pour eux. Nous avons ensuite mangé dans un restaurant des sortes de hamburgers chinois (de la viande dans du pain) et des plats de pâtes. Sur la deuxième photo, prise dans le parc Changfeng, j'habite à peu près au pied de la très haute tour tout à gauche. C'est un hôtel luxueux surnommé « le rêve du dragon ».

Canal et péniches près du SICCAS Le lac du parc Changfeng Rue animée du restaurant, devant le parc Changfeng Maquettes des riches immeubles modernes

Avril 2010

Jeudi 1er avril

Je suis bien arrivé à Xi'an aujourd'hui. Les trains chinois de milieu de gamme ne sont pas désagréables et je n'ai pas trop mal dormi. La principale difficulté est de savoir avec une précision correcte à quelle heure le train va arriver à sa destination. En effet, l'heure d'arrivée n'est pas indiquée sur le billet et les trains sont quasi-systématiquement en retard. Évidemment, quand on demande aux passagers, certains répondent 10h, d'autres 11h et encore d'autres midi... Merci pour la précision... On m'a finalement dit « avec une heure de retard par rapport à l'horaire prévu »... sur lequel les gens ne sont pas d'accord ! Tout compte fait, le train est parti à 20h et arrivé à midi. 16h pour une distance à vol d'oiseau de 1200 km, on peut mieux faire...

Zhen est venue m'accueillir à la gare et m'a emmené à mon logement. C'est une grande chambre d'étudiant, assez luxueuse, avec un grand lit, un canapé, une sorte de cuisine/balcon, une salle de bains et une connexion Internet. Je pense qu'on peut la louer à l'année. Moi, ça me coûte 100 Yuans par nuit. Xi'an est une ville de 4 millions d'habitants, mais sans métro. La construction de celui-ci progresse lentement, car partout où l'on creuse, on trouve des vestiges médiévaux ! Il y a donc énormément de bus et des taxis partout.

Zhen et son copain m'ont ensuite fait faire un premier tour rapide de la ville pour que je puisse la visiter seul demain. Nous avons vu le campus de l'Université Jiaotong, la pagode de la grande oie, les tours de la cloche et du tambour, le quartier musulman et les remparts datant de la dynastie Ming, très impressionnants. Nous avons mangé une spécialité locale dans le quartier musulman : c'est une sorte de soupe de pain et de mouton. Pas extraordinaire et un peu bourratif...

Ma chambre Ma chambre Vue de ma fenêtre Immeubles en construction

Vendredi 2 avril

Je me suis promené tout seul à Xi'an toute la journée. C'est une ville très intéressante, avec beaucoup de choses à découvrir. Elle a été la capitale de la Chine pendant de nombreux siècles pendant longtemps la plus grande ville du monde (quand seule elle et Rome dépassaient le million d'habitants) et il reste de nombreux vestiges de la dynastie Tang dans le musée de l'histoire du Shaanxi (la province où se trouve Xi'an, gratuit). La grande pagode de l'oie sauvage (qui a servi à réaliser et abriter la traduction en chinois du livre sacré du bouddhisme, 50 Yuans + 30 si l'on veut entrer dans la tour), les tours du tambour et de la cloche (40 Yuans les deux), la grande mosquée (25 Yuans) et finalement la cathédrale Saint-François où a eu lieu une célébration en chinois pour le Vendredi Saint et où aura lieu la messe de Pâques en anglais dimanche à 15h30. La célébration a duré plus de 2 heures et je n'ai presque rien compris. La cathédrale était pleine à craquer mais comme elle est plus petite que la plupart des églises françaises, il ne devait pas y avoir plus de quelques centaines de personnes dedans !

Ce soir, j'ai pu discuter avec Ye, une étudiante de l'Université Jiaotong qui fera un double-diplôme à Centrale Lille pendant deux ans à partir de septembre prochain. Après deux mois de cours (intensifs : 3 heures par jour), elle parle évidemment bien mieux français que moi chinois !

La grande pagode de l'oie sauvage Intérieur de la mosquée de Xi'an Rue du quartier musulman Spectacle dans la tour de la cloche

Samedi 3 avril

Aujourd'hui, cette étudiante et moi avons participé à une excursion organisée par une agence de tourisme chinoise pour 300 Yuans pour découvrir le mausolée de Qianling qui comporte, entre autres, la tombe de la seule impératrice à avoir régné sur la Chine : Wu Zetian. Ils ont commencé par nous faire visiter une reconstitution de village médiéval chinois, censé représenter la vie à l'époque de l'impératrice. C'était nullissime, avec une grande cascade totalement artificielle à l'entrée, deux malheureux ânes qui faisaient tourner des meules les yeux bandés et beaucoup d'épis de maïs qui séchaient ! Cultivait-on vraiment le maïs en Chine au 8è siècle ? J'en doute fort... La suite était assez décevante, car il y avait relativement peu de choses à voir, et toutes les explications étaient en chinois. La stèle funéraire mise en valeur date de 1950 ! On nous a aussi fait descendre dans un souterrain pour nous monter un grand tombeau de marbre qui serait celui du fils de l'impératrice. Ça m'a laissé une drôle d'impression car rien ne semblait vraiment authentique...

L'après-midi, par contre, m'a réservé une surprise de taille, car l'agence nous a emmené au temple Famen qui est tout simplement le plus grand complexe religieux que j'aie jamais vu. Le portail d'entrée à lui tout seul semblait aussi haut mais deux fois plus vaste qu'un stade olympique. L'esplanade fait plusieurs kilomètres de long et se parcourt en petit train ! On arrive finalement dans un bâtiment hyper-moderne au design assez inédit, de 148 mètres de haut dans lequel est exposée... une phalange du Bouddha qui aurait été déterrée de ce lieu il y a une vingtaine d'année. Le site comporte plusieurs statues d'une vingtaine de mètres de haut (du béton peint en doré, je pense) et aurait coûté 2,5 milliards de Yuans... Totalement démesuré, et ce temple hyper-moderne pour touristes écrase un peu le temple traditionnel qui se trouve juste à côté et qui contient un petit musée présentant les reliquaires (emboîtés les uns dans les autres) dans lesquels les os ont été trouvés. Totalement inattendu et très impressionnant !

Le mausolée de Qianling L'esplanade du temple Famen La nouvelle pagode du temple Famen Statue dans le temple Famen

Dimanche 4 avril

Aujourd'hui, le cousin de Zhen, que j'avais déjà rencontré à Lishui, m'a accompagné pour visiter (90 Yuans) le musée présentant l'armée de terre cuite de l'empereur Qin, premier empereur de Chine, qui a unifié le pays pour la première fois au 3è siècle avant Jésus-Christ. À sa mort ont été enterrés avec lui plusieurs milliers de statues, mais aussi toutes sortes d'objets et même des ouvriers et animaux vivants ! Des statues de terre cuite ont été découvertes par hasard en 1974 et depuis, les fouilles ont révélé une partie de l'immense mausolée qui se trouve sous le sol. Elles vont maintenant au ralenti, de peur d'abîmer les objets déterrés et dans l'espoir de l'émergence de technologies plus efficaces dans les années à venir.

Le site se compose de quatre bâtiments : trois fosses, dont une immense, et un musée. Entrer sous la voûte de la première fosse est réellement impressionnant, vus son étendue et les centaines de statues qui font face au public. Les deux autres fosses permettent de mieux comprendre comment les statues étaient organisées au moment où elles ont été enterrées. Enfin, le musée montre toutes sortes d'objets qui ont été trouvés autour des statues : armes, imitations en pierre d'armures, outils, etc. et explique que l'empereur a voulu se faire enterrer avec tout le nécessaire pour vivre dans l'au-delà comme il vivait sur terre, d'où ces gens enterrés vivants dans le mausolée ! Le tumulus abritant la tombe n'a toujours pas été exploré, toujours, paraît-il, pour des raisons technologiques. J'étais venu à Xi'an principalement pour voir ce musée et je n'ai pas été déçu !

Aujourd'hui et demain, les chinois sont en congés pour la fête de Qingming. Ils se rendent sur les tombes de leurs ancêtres et brûlent en pleine rue de faux billets qui, par ce moyen, arriveront jusqu'aux ancêtres qui pourront ainsi les utiliser. En raison de ces congés, il y avait énormément de monde dans les rues et au musée : la file d'attente pour prendre le bus dépassait le millier de personnes ! C'est heureusement bien organisé : il y a un bus toutes les 3 minutes pour le musée (qui se trouve à environ 1h30 de la gare) et des employés municipaux ordonnent la file d'attente. J'ai raté la messe de Pâques en anglais, mais j'ai pu aller à la suivante, en chinois. Je suis malheureusement arrivé en retard pour cause d'embouteillages et je n'ai rien vu de la messe...

La file d'attente pour le bus L'extérieur du musée de l'armée de terre cuite La première fosse de l'armée de terre cuite Soldats de terre cuite

Lundi 5 avril

Ce matin, Zhen et un de ses amis m'ont emmené admirer les remparts de la ville. Nous les avons parcouru sur des vélos loués. J'ai beaucoup aimé la promenade, d'autant plus que le temps était magnifique ! La majorité des grands bâtiments situés à l'extérieur de cette enceinte de 14 km de long date de moins de vingt ans. Ceux situés à l'intérieur sont vétustes et beaucoup sont en reconstruction. Le développement actuel de la ville semble rapide et l'on peut voir plusieurs ensembles de hauts immeubles en train d'être construits (voir les photos du premier jour). Il y a du monde partout, surtout autour de la gare et dans les zones touristiques.

Nous avons ensuite visité la « forêt de stèles » qui est un ancien temple confucianiste où sont conservées plus de 4000 dalles de pierre couvertes de sinogrammes. Elles ont été rassemblées en ce lieu par un grand nombre d'empereurs depuis l'an 1087. Certaines sont des œuvres de références écrites par Confucius ou d'autres penseurs et contiennent des préceptes et réflexions philosophiques, d'autres font référence à des actions militaires ou économiques et d'autres encore sont des pierres tombales qui racontent la vie de défunts en l'enjolivant. Un bloc très intéressant témoigne de la création d'une communauté chrétienne nestorienne en Chine en l'an 635.

Zhen et son cousin m'ont ensuite ramené à la gare, qui était totalement bondée, sans doute à cause de Qingming. Le train a mis 16 heures pour rentrer à Shanghai, comme à l'aller. Ici, il pleut !

Sur les remparts de Xi'an Le quartier animé de la gare La porte Sud de Xi'an La forêt de stèles

Mercredi 7 avril

Ce soir, dîner sympa entre centraliens. Nous étions une bonne vingtaine (mais seulement deux de Lille), une grosse moitié de Français expatriés, en emploi, en stage ou en double-diplôme et une petite moitié de Chinois qui avaient fait des double-diplômes en France les années précédentes. Nous avons mangé une fondue mongole, qui est en fait très similaire aux « hot pot » que j'ai déjà dégustés à Shanghai et Pékin, mais ici, l'eau n'est pas chauffée par une plaque électrique mais par de grosses braises placées dans une cheminée au milieu de la timbale. J'ai bien aimé le fait de discuter avec des Chinois francophones qui connaissent la vie à Shanghai et les sites intéressants des environs (il faut que j'aille découvrir Suzhou !).

Vendredi 9 avril

J'ai acheté aujourd'hui mes billets pour l'exposition universelle. Ils coûtent 150 Yuans pièce jusqu'au 1er mai et on peut les acheter dans les agences de voyages (qui fournissent alors une facture, ce qui protège a priori des contrefaçons). Pour ce prix, on peut visiter l'exposition le jour de son choix (sauf quelques dates précises) entre le 1er mai et le 31 octobre.

J'ai aussi entrepris des démarches pour renouveler mon visa. Cela peut se faire au bureau des entrées/sorties de Shanghai, au 1500 Minsheng Lu. Il faut en fait faire une nouvelle demande de visa et donc fournir plus de documents que ce que je pensais (formulaire avec photo d'identité, document d'enregistrement auprès du commissariat du quartier...). Il faudra donc que j'y retourne la semaine prochaine.

Samedi 10 avril

Je suis allé me promener sur le Bund, qui a rouvert récemment après de longs mois de travaux. Il y avait un monde fou. J'ai trouvé la vue de Pudong un peu décevante, sans doute à cause du temps brumeux et gris.

Pudong vu du Bund par mauvais temps Le Bund par temps gris

Dimanche 11 avril

J'ai déjeuné, passé l'après-midi et dîné chez une famille française rencontrée grâce au dîner entre Centraliens de mercredi dernier. Nous étions une dizaine de jeunes français (surtout des Centraliens et Gadzarts) et l'ambiance était très bonne ! Rencontrer des jeunes qui étudient sérieusement le chinois m'a fait prendre conscience une fois de plus qu'il fallait que je travaille davantage ce sujet !

Samedi 17 avril

J'ai passé une magnifique journée à Suzhou, petite ville de 2 millions d'habitants (!) située à une centaine de kilomètres à l'Ouest de Shanghai. Je me suis levé à 6h30 pour arriver à la gare avant 8h. Malheureusement, je n'ai pu obtenir de billet que pour le train de 9h30, qui est de type « K », c'est-à-dire le plus lent disponible (15 Yuans) ! En effet, le trajet a duré plus de 2 heures et le train était à l'arrêt plus de la moitié du temps, à mon avis pour laisser passer sur sa voie d'autres trains plus rapides. Pour tuer le temps, les voyageurs discutent entre eux et avec moi, en chinois ! C'est sympathique, même si je ne comprends et ne réponds qu'aux questions les plus simples ! L'un de mes interlocuteurs enfermait ses cigarettes dans une sorte de petite cage, ce qui lui permettait de fumer dans le train malgré l'interdiction : quand le personnel ferroviaire passait, il rangeait tout simplement sa cigarette allumée dans sa poche (d'où sortait donc de la fumée !) et il n'était jamais pris sur le fait ! Ça a beaucoup amusé ceux qui se trouvaient autour, moi y compris !

J'ai commencé par la visite de la pagode du temple Nord, une tour de 76 m d'où on a une vue splendide sur la ville. J'ai pris beaucoup de photos car le temple surplombe tout un quartier de maisons basses, blanches avec le toit gris. Au loin, on aperçoit un quartier d'affaires avec des tours immenses et très modernes. Le comportement d'une chinoise m'a intrigué. En effet, après avoir monté les nombreux escaliers pour arriver en haut de la pagode, elle m'a demandé de la photographier avec son appareil, ce que j'ai fait, puis elle est immédiatement redescendue ! Je l'ai bien observée : pas une seconde elle n'a regardé la vue du haut de la tour ! La seule chose qui semblait compter était d'avoir une photo d'elle prise à cet endroit. Bizarre, égocentrique, mais assez courant en Chine... Au pied de la pagode se trouve un temple et un jardin disposant d'un bassin avec des tortues. J'ai ensuite marché jusqu'à un autre temple, le Xuanmiao Guan, qui s'entremêle avec tout un quartier de boutiques pour touristes.

De là, on m'a emmené en vélo-taxi jusqu'à Pan Men. L'entrée est un peu chère (54 Yuans) mais vaut vraiment le coût car on a accès à un très beau jardin, délimité sur un côté par l'ancien rempart de la ville, avec de nombreux bâtiments traditionnels, un ensemble de bassins avec d'énormes carpes et surtout, une autre pagode, plus petite que la première (53 m), mais d'où la vue est aussi magnifique. En sortant, on traverse plusieurs ponts au-dessus de canaux qui entourent la ville historique.

J'ai ensuite voulu aller voir la cathédrale et j'ai pu demander en chinois des indications pour prendre le bus. La cathédrale a un style architectural assez unique : elle est faite de briques grises et ses portes sont encadrées de colonnes grecques avec des chapiteaux, mais ses bordures de toits sont relevés comme sur les temples bouddhistes, ce qui fait penser à des cornes ! La façade comporte des étages rectangulaires comme sur certains bâtiments chinois, mais les contreforts collés aux murs font penser à ceux des églises romanes...

Non-loin de la cathédrale se trouve le stade de Suzhou, dont une partie est en accès libre, et un canal sur lequel passait un flux quasi-ininterrompu de péniches ! C'est très impressionnant et la France a vraiment des progrès à faire en termes de transport fluvial ! Certaines péniches étaient des sortes de citernes flottantes, peut-être pour transporter du carburant. Les bateliers répondent gentiment lorsqu'on leur fait signe ! J'ai finalement marché un peu vers le quartier d'affaires et ses tours aussi grandes que certaines de Pudong, mais je n'en ai vu qu'une petite partie.

Pour le retour, j'ai pu avoir un billet pour un train « D » (26 Yuans), à grande vitesse, qui a fait le trajet en 40 minutes. Je n'ai vu aucun des jardins classés par l'UNESCO ni les canaux bordés de maisons typiques, mais j'ai bien l'intention de revenir au moins une fois pour continuer ma découverte de la ville. C'est vraiment proche, quand on réserve son billet à l'avance ! La ville est agréable et il y a des dizaines de lieux à découvrir. Plus je voyage en Chine, moins j'aime Shanghai !

Petites maisons vues de la pagode de Beisi Tours du quartier d'affaires vues de la pagode de Beisi La pagode de Pan Men Bâtiments de Pan Men Pont près de Pan Men La silhouette de la cathédrale de Suzhou Canal et péniches Le quartier d'affaires

Dimanche 18 avril

Après la messe francophone, j'ai acheté trois livres sur Shanghai (400 Yuans quand même !). Ils sont vendus par l'association « À pleines mains » et l'intégralité des bénéfices est reversée aux léproseries dont s'occupe le prêtre français rencontré le 31 janvier : Instantanés, instants de vie à Shanghai de Valentine Sorret, Promenades au cœur de l'ancienne concession française, par une équipe francophone locale, et enfin Shanghai en filigrane, par Diane Siraudeau qui m'a invité à déjeuner ce midi avec le père François de la communauté francophone, dans un très bon restaurant Thaïlandais (crevettes, brochettes, soupe de poulet et de noix de coco... miam !). J'espère que ces livres me permettront de mieux comprendre l'histoire de la ville et me donneront d'autres idées de promenades ici.

Contrairement à hier, le temps est pluvieux. Après-midi studieuse et lecture de « Instantanés, instants de vie à Shanghai . C'est un livre qu'il est difficile de quitter tellement il se lit facilement : c'est un recueil d'une cinquantaine d'anecdotes d'une ou deux pages, intéressantes et dans lesquelles je retrouve parfois ma propre expérience. Ce soir, j'ai mangé des mâcres bicornes, sortes de fruits d'une plante aquatique qui possèdent deux cornes, comme celles d'une vache ! Le fruit mesure environ 5 cm d'une pointe à l'autre. Il faut casser la coque avec les dents pour manger l'intérieur qui est blanc et fait penser à de la châtaigne (une espèce voisine est d'ailleurs appelée « châtaigne d'eau ». Intéressant !

Mardi 20 avril

J'ai enfin pu faire ma demande de renouvellement de visa. Heureusement, car c'était l'avant-dernier jour ! Moralité, si vous allez en Chine, rendez-vous au commissariat de police pour vous faire enregistrer, même si les Chinois vous disent que ce n'est pas la peine ! C'est effectivement inutile... sauf pour être en règle et pour renouveler son visa ! Le renouvellement d'un visa F pour 3 mois coûte 160 Yuans et nécessite beaucoup plus de documents que son obtention. L'Institut a mis plus de 10 jours pour les rassembler, d'où les délais serrés...

Jeudi 22 avril

« Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République française prie Monsieur Pierre-Yves Guerder de bien vouloir assister à la réception qu'il offrira en l'honneur de la Communauté française à l'hôtel Hyatt on the Bund le vendredi 30 avril 2010 à 16h45. » : je suis allé chercher mon carton d'invitation après avoir répondu assez rapidement à un email envoyé aux Français enregistrés au consulat. Il n'y avait qu'un nombre limité de places (quelques centaines, vu la longueur de la liste des heureux élus) !

Le 30 avril est la veille de l'ouverture de l'Exposition universelle et c'est aussi le premier des mes cinq jours de vacances ! Je vais peut-être aller voir la montagne jaune, à environ 400 km au Sud-Ouest de Shanghai, avec des collègues.

Vendredi 23 avril

Ce soir, le directeur du service a invité tout le groupe au restaurant. Nous sommes allés à « Ni hao ma ». Normalement, ça se traduit par « Comment vas-tu ?» mais là, c'est un jeu de mots, car c'est un autre « ma » et donc on peut traduire par « Salut, crapaud » (le logo est une jolie petite grenouille) ! Nous avons mangé différents plats dont un composé de grenouille-taureau ! Ça fait vraiment penser à du poisson, à part les os ! Pas mauvais, mais les plats étaient trop épicés... Il y avait aussi des crevettes aux pousses de bambous... très bon !

Samedi 24 avril

Je suis retourné à Suzhou aujourd'hui. Je n'ai pas eu le temps d'acheter mes billets à l'avance cette semaine, mais j'ai réussi à avoir un train « D » à l'aller et au retour. Ça n'a pas changé grand chose car je suis arrivé à plus de 11h ce matin... J'ai commencé par visiter le musée de Suzhou qui présente des collections assez similaires à celui de Shanghai (bronzes, poteries, céramiques...), mais aussi des objets plus originaux comme une défense d'éléphant sculptée et des boîtes à criquets ! Je suis ensuite allé dans deux jardins classés par l'UNESCO : le jardin du bosquet du lion (nommé ainsi car les structures en pierre sont censées faire penser à des têtes de lions) et celui du maître des filets (je n'ai pas très bien compris l'origine du nom, mais il se réfère aux fil de la pensée car on y tenait d'importantes discussions). Ce sont des jardins assez beaux, avec des plans d'eau, de nombreux pavillons contenant du mobilier (d'époque, j'espère !) et des pieds de glycine. On peut aussi y voir des jardins miniatures avec de petits arbres, comme des bonsaïs, qui poussent sur une table de marbre entre des pierres. C'est bien agréable et il y a beaucoup de touristes (Québécois, Allemands...).

Je suis aussi passé par un petit temple et par les pagodes jumelles (bien plus petites que celles de samedi dernier et on ne peut pas monter dedans) où j'ai discuté en chinois... avec un mainate ! J'ai ensuite longuement marché dans les rues et le long de canaux. Suzhou est appelée la « Venise de l'Est » à cause de ses canaux, mais (sans être allé à Venise), je ne trouve pas que l'appellation soit méritée... Je ne suis peut-être pas allé aux bons endroits, mais dans la partie que j'ai visitée, il y a un canal par-ci, par-là, mais pas de quartier vraiment construit sur l'eau... J'ai goûté un plat local : c'est fait avec une pâte étirée en de gros fils qui sont soigneusement ordonnés puis frite dans l'huile. Pas mauvais mais un peu gras ! Mes collègues n'ont pas su me dire le nom...

Le jardin du bosquet du lion Le jardin du bosquet du lion Mini-jardin sur une table Les pagodes jumelles Pâtisserie frite dans l'huile Un canal Plan d'eau sur un canal Pont sur un canal

Dimanche 25 avril

J'ai passé une excellente après-midi avec une famille française charmante qui m'a invité à déjeuner (un vrai bon repas français, ça faisait longtemps !). Nous sommes allés nous baigner dans la piscince privée de la résidence qui dispose aussi d'un jacuzi, un hammam et un sauna, le tout dans un bâtiment particulièrement luxueux ! Super !

Vendredi 30 avril

Le Consulat nous avait demandé d'arriver vers 14h pour la réception de 16h45, car la municipalité de Shanghai devait bloquer la circulation, pour la sécurité du chef de l'État. Je suis donc arrivé à l'hôtel Hyatt vers 13h30 et j'ai attendu plus de 3 heures debout. Cependant, ça valait le coup, car j'étais au premier rang ! Il n'y avait pas de chaises et tout le monde est donc resté debout jusqu'à la fin. On m'a dit que 1000 invitations avaient été distribuées et il y avait en effet plusieurs centaines de personnes dans la salle de bal de l'hôtel. Notre président a d'abord fait un discours, avec même un peu d'humour, sans rien dire d'inattendu, mais en nous remerciant de travailler à Shanghai et en nous priant de communiquer notre dynamisme autour de nous quand nous rentrerions en France. Il a ensuite serré les mains du premier rang, dont la mienne ! Carla Bruni était présente mais n'a pas parcouru tout le premier rang ! Nous avons ensuite profité de rafraîchissements avec de bonnes choses à manger : sortes de roulés de printemps, sortes de toasts au saumon fumé, crevettes en beignets et cheese-cakes à l'abricot ! J'ai croisé quelques Français que je connaissais et également rencontré de nouvelles personnes. Un passionné de Wikipédia a uploadé davantage de photos  !

Ce soir, il y avait des centaines de milliers de personnes sur le Bund, pour le feu d'artifice d'inauguration de l'Exposition universelle, mais je n'y ai pas assisté car il y avait une veillée de louanges...

L'intérieur de l'hôtel Hyatt Une partie de la délégation française Monsieur Sarkozy serrant les mains Coupes de champagne pour la réception

Mai 2010

Samedi 1er mai

Comme m'ont dit mes collègues, « le printemps n'est pas venu, mais il est déjà reparti » ! En effet, en quelques jours, Shanghai a changé du tout au tout. Non pas à cause de l'Expo, mais à cause du temps. Il est maintenant magnifique et chaud et je retrouve les impressions que j'avais eues les premières semaines : celles d'une ville grouillante, animée et colorée, sonore et vivante. Le froid de l'hiver et la pluie du mois dernier (cinq jours sur sept) avaient mis de côté cette apparence. Je redécouvre des parfums et des odeurs que je n'avais pas senties depuis mon arrivée... Étonnant !

Mes collègues et moi avons pris le train ce soir pour partir vers la montagne jaune, dans la province de l'Anhui, non-loin de Shanghai, où se trouve aussi Suzhou. Il s'agit d'un train « K » et les couchettes ne sont pas séparées du couloir par un mur, comme c'est le cas dans les autres trains ! Il nous y amène en 15 heures, alors que le car n'en mettrait que cinq... mais le train est plus confortable pour dormir et laisse plus de temps pour discuter ! Nous sommes sept au total, dont une seule fille.

Dimanche 2 mai

Nous sommes arrivés à la gare de Huang Shan (la montagne jaune), mais il faut prendre un taxi pour aller à la gare routière et ensuite un bus pour le village de Hongcun où se trouve notre premier hôtel. Il faut payer un ticket d'entrée pour accéder au village ! Il est très joli, classé au patrimoine de l'UNESCO et comporte des bâtiments traditionnels que l'on peut visiter ainsi que plusieurs plans d'eau. Des jambons sèchent un peu partout, à portée des mains et des mouches !

On voit beaucoup de bambous, sous deux formes : à manger et à graver ! Les grosses tiges sont en effet trempée dans une préparation spéciale, ce qui les rend noires. Des artisans gravent ensuite des paysages dessus en faisant réapparaître la couleur du bois clair original et les vendent sur le marché de nuit.

J'ai goûté de la glace faite de graines de haricots. C'est tout vert mais sucré et très bon ! Au restaurant, l'anse en métal d'une théière en céramique a lâché et un collègue s'est légèrement brûlé. La serveuse lui a donné du dentifrice à la chlorophylle pour soigner la brûlure (bizarre) et, pour compenser, le patron va nous emmener à la montagne jaune en voiture pour un prix préférentiel ! Tout se négocie !

Dans l'hôtel, les toilettes « à la turque » (à la chinoise ?) servent aussi de douche. J'avais déjà entendu parler de ce système mais je ne l'avais pas encore observé... L'hôtel n'est pas exceptionnel, mais rien de catastrophique. Seulement la compagnie d'un cafard et d'une araignée...

Montagnes vues du train Rivière du village de Hongcun Vue du village de Hongcun Le lac du village de Hongcun

Lundi 3 mai

Nous nous sommes levés à 4h30 pour arriver au pied de la montagne à 6h et commencer la montée à 6h30. Il y a un escalier jusqu'à notre second hôtel, qui se trouve près du premier sommet, le « pic du bol » (car les rochers sont ronds au sommet), qui s'élève à 1486 m d'altitude. Nous sommes arrivés à l'hôtel à 11h30 et avons mangé dans la chambre, éreintés après plusieurs milliers de marches escaladées.

Nous avons ensuite fait une longue promenade sur les pics voisins. Les paysages sont vraiment magnifiques et impressionnants ! On se promène sur des escaliers accrochés à la paroi et sous lesquels se trouvent des à-pic verticaux de plusieurs centaines de mètres ! Les rochers sont par endroits nus et par endroits couverts de sortes de pins parasols. Ces montagnes sont une des sources d'inspiration des graphistes du film Avatar. Effectivement, c'est magnifique ! On se croirait sur la planète Pandora et on s'étonne presque que les montagnes ne volent pas !

Nous avons continué de grimper des dizaines de milliers de marches jusqu'à 20h30 puis vu un coucher de soleil un peu raté (trop de nuages) avant de retourner à l'hôtel. La plus belle pièce est le hall d'accueil, avec fauteuils, comptoir en marbre et même un aquarium ! Par contre, les chambres sont assez exécrables (matelas très fin posé sur des planches) et chères (900 Yuans pour une chambre de 6 personnes). Même l'image de la télévision est mauvaise alors que nous ne sommes qu'à quelques centaines de mètres d'un immense émetteur hertzien... Nous avons quand même regardé une partie d'Intervilles international, qui opposait des Chinois, des Russes et des Biélorusses (si j'ai bien compris) sur CCTV 5... C'est une des seules émissions françaises que l'on puisse voir ici, mais pas des plus hautement intellectuelles...

Vue de la montagne jaune Rocher de la montagne jaune Falaises de la montagne jaune Coucher de soleil sur la montagne jaune

Mardi 4 mai

Nous nous sommes de nouveau levés à 4h30 pour voir le lever du Soleil. Malheureusement, c'était aussi nuageux que la veille et nous n'avons pas vu le Soleil lui-même, seulement les nuages roses... Nous avons pris un petit-déjeuner assez basique, mais avec du Zhimahu (soupe de sésame) avant de nous recoucher pour une demi-heure. Nous avons enfin entrepris de monter jusqu'au plus haut pic, à 1864,8 mètres. Les escaliers sont exténuants. Nous avions le souffle coupé et devions nous arrêter toutes les 10 minutes pour récupérer...

J'ai été assez déçu par le haut de ce pic. En effet, en France, j'apprécie énormément le calme que l'on peut trouver en haut des montagnes que j'ai grimpées. Ici, c'est tout le contraire : l'escalier monte jusqu'en haut et du coup, ça ressemble plus à une autoroute qu'à un sommet. Des dizaines de personnes se bousculaient dans tous les sens pour être pris en photo à côté du panneau indiquant l'altitude et c'était tout sauf calme ! Il y avait même un vendeur qui gravait des médailles souvenir avec un outil électrique ! Le business et le tourisme avant tout ! Même le Coca passe de 3 à 10 Yuans la bouteille entre le bas et le haut de la montagne !

L'immense majorité des touristes sont des Chinois, mais nous avons croisé quelques autres nationalités (quelques Français et Américains) et même des Chinois francophone de Shanghai ! Ils m'ont expliqué que leur formation était payée par PSA et qu'ils avaient de bonnes chances d'être employés ensuite par ce groupe. Les Chinois ne se comportent pas toujours bien à mon goût et ils sont des dizaines à s'époumoner dès que la falaise d'en face est susceptible de produire un écho. Il y a des poubelles tous les 30 mètres jusqu'en haut de la montagne (!) mais ouvertes à tous les vents, donc ça pourrait être un peu plus propre... La montagne jaune est finalement plus un lieu touristique que naturel et c'est dommage, car un peu de calme permettrait d'apprécier encore davantage ces paysages magnifiques !

Des Chinois de tous âges montent la montagne, des bambins de 3 ans jusqu'aux grands-parents. Les moins courageux (mais pas les plus âgés) montent en chaise à porteurs ! Assez périlleux, à mon avis, quand les escaliers sont aussi raides ! Les porteurs m'ont l'air assez bien payés, car chaque section parcourue coûte au moins 100 Yuans. Pendant le retour, nous dormions tous dans le car qui nous emmenait à la gare ferroviaire. Le car dans lequel nous sommes montés était presque plein, mais le chauffeur a tenu à attendre quarante minutes pour que les deux dernières places soient occupées avant de partir ! Finalement, nous étions en surnombre et, ironiquement, un des employés a dû courir devant sur l'autoroute pendant quelques centaines de mètres à chaque sortie, pour vérifier qu'il n'y avait pas de policiers, embusqués !

Lever de soleil sur la montagne jaune Vue de la montagne jaune Notre groupe presque au complet Chaise à porteurs

Jeudi 6 mai

Grâce à une Chinoise Centralienne de Lyon, j'ai appris ce matin que d'une part, d'autres pavillons français ouvraient en marge de l'Expo 2010, dont un concernant Lille 3000 situé sur la rue de Nanjing (les Champs-Élysées de Shanghai) et d'autre part que Martine Aubry inaugurerait ce pavillon ce soir. Contrairement à ce que je pensais initialement, ce pavillon ne semble pas faire partie de l'Exposition universelle, mais, sauf si je me trompe sur ce point, je trouve cela manque un peu d'intégrité de laisser le doute planer... Il y a bien écrit « Exposition universelle 2010 » sur le dépliant, mais sans le logo et certainement sans lien juridique avec l'Expo. Ça me rappelle les contrefaçons que l'on reproche nous-même aux Chinois...

Je m'y suis donc rendu pour 18h30, mais je n'ai d'abord pas pu rentrer car je n'avais pas d'invitation. Le filtrage à l'entrée a cessé 15 minutes plus tard et j'ai pu visiter le pavillon. Ce n'est pas très intéressant : c'est juste une exposition d'art moderne avec, notamment, une copie de la Joconde faite avec des bobines de fil où elle se retrouve la tête en bas. On peut la voir dans le bon sens en regardant son reflet dans une boule de verre... La plupart des œuvres exposées ont un rapport avec le textile... mais pas avec l'innovation, à mon avis ! Une autre pièce, plus intéressante, expose différents types de fibres utilisées dans l'industrie spatiale (combinaisons des astronautes et fusée Ariane 5). Cette galerie est installée dans un ancien temple taoïste du 16è siècle... dont il ne reste qu'une statue reléguée dans un coin. Aucun respect pour la culture locale. C'est un peu comme organiser un défilé de mode dans une cathédrale...

Mme Aubry est finalement arrivée, mais elle ne serre pas les mains... En plus, elle a dit du mal de Wikipédia... Pas super cool... À la réception, j'ai retrouvé deux étudiantes du SICCAS et nous sommes allés nous promener sur le Bund, qui n'est qu'à quelques centaines de mètres de là. La municipalité a mis le paquet sur les éclairages !

Œuvre copiant la Joconde avec des bobines de fil Martine Aubry au pavillon de Lille 3000

Mercredi 12 mai

Aujourd'hui, j'ai mangé un mangoustan. C'est un fruit violet, plus petit qu'une balle de tennis, avec une chaire blanche un peu acide, pas mauvais du tout mais difficile à comparer avec un autre fruit. Bizarrement, mes collègues ne connaissaient pas ce fruit, ni même son nom en chinois alors que l'on peut en acheter dans la rue... j'ai acheté les miens à Carrefour.

Mes parents arrivent vendredi et tout est prêt pour notre voyage de quatre jours à Pékin la semaine prochaine !

Mangoustan Mangoustan ouvert

Vendredi 14 mai

Je suis allé chercher mes parents à l'aéroport ce matin, avec quelques déconvenues ! D'abord, leur avion arrivait à 6h40, mais j'ai appris pendant que j'étais dans le métro que la ligne 2 ne desservait l'aéroport... que de 9h à 16h ! Résultat, j'ai dû prendre un bus en catastrophe et je suis arrivé très en retard... Finalement, comme les vols en provenance de France n'arrivent pas du côté des arrivées internationales mais des départs locaux, j'ai dû traverser tout l'aéroport à pieds... Pas terrible.

Mes parents ont déjeuné au SICCAS puis nous sommes allés nous promener sur le Bund et rue de Nankin. Le temps était assez maussade... Dîner (très bon !) à « Ajisen Ramen ».

Samedi 15 mai

Nous avons visité l'Exposition universelle toute la journée. C'était très intéressant et très fatiguant aussi ! Il y avait un monde fou (plusieurs centaines de milliers de personnes) et beaucoup de queue devant la plupart des pavillons. Nous les avons presque tous vus extérieurement mais nous ne sommes entrés que dans quelques-uns, lorsque le temps d'attente nous paraissait raisonnable.

Au final, nous avons visité les pavillons du Turkménistan (intéressant, avec un peu d'artisanat local et beaucoup de vidéos), du Vietnam (très beau avec une structure en bambous à l'intérieur et à l'extérieur), de la France (long temps d'attente, mais ça vaut le coup car le contenu est bien fait et bien mis en valeur, centré autour des cinq sens et avec de nombreuses images de France), de l'Afrique (immense, avec un espace pour chaque pays, donc certains très beaux avec des maquettes de villages africains), du Luxembourg (structure en plaques métalliques à l'extérieur, en bois à l'intérieur), de la Finlande (high-tech et assez conceptuel, avec un thème de bulles repris un peu partout), de la République de Saint-Marin (petit, mais instructif) et enfin de Hongrie (très conceptuel : un culbuto censé représenter l'harmonie elle-même sous la forme d'un ying et d'un yang en 3D...).

Il fallait réserver à l'avance pour entrer dans le pavillon de la Chine. C'était évidemment le plus demandé, l'immense majorité des visiteurs étant des Chinois (95 millions sur 100 millions, selon les prévisions officielles). L'Exposition est tellement vaste qu'il est impossible d'espérer tout voir en une journée... sauf pour des centaines de Chinois qui font la queue à chaque pavillon, font tamponner leur passeport spécial Expo et repartent sans rien en avoir vu... très surprenant !

Danses devant le pavillon des Émirats arabes unis Intérieur du pavillon du Vietnam Intérieur du pavillon français Intérieur du pavillon du Malawi Intérieur du pavillon de l'Afrique Intérieur du pavillon finlandais Intérieur du pavillon de Saint-Marin Extérieur du pavillon français

Dimanche 16 mai

Aujourd'hui, nous avons visité le Shanghai Museum, qui présente en ce moment une exposition très intéressante sur Matteo Ricci, un Jésuite qui a eu une importance capitale dans l'histoire des relations entre la Chine et l'Occident. Nous étions catastrophés de voir que certains Chinois n'hésitent pas à toucher les peintures du 17è siècle avec leurs doigts malgré l'interdiction ! Nous avons bien sûr vu les autres salles, que j'ai déjà décrites, avant d'aller manger dans le restaurant de raviolis Wu Da Niang. Nous sommes allés nous promener le long du fleuve Huangpu par un temps assez agréable avant d'aller à la messe en chinois à la cathédrale, dont la façade, fraîchement refaite, est joliment éclairée la nuit.

Lundi 17 mai

Ce matin, nous sommes allés nous promener à Qibao old town, que j'ai déjà décrit le 21 novembre et le 23 janvier. Nous sommes ensuite allés manger dans un vrai restaurant chinois : aubergines et soupe au poulet et au bambou avant de nous rendre dans le parc Wusong où j'étais déjà allé le 7 mars. Cette fois-ci, c'était très fleuri et on avait toujours une belle vue sur les bateaux parcourant le Yangzi Jiang.

Ce soir, nous avons pris le train rapide pour Pékin. C'est toujours aussi confortable, ce qui permet de dormir assez correctement.

Mes parents à Qibao old town Fleurs de pavot et de coquelicots dans le parc Wusong

Mardi 18 mai

Nous sommes arrivés à Pékin vers 7h30 et nous avons pu avoir deux chambres dans l'hôtel où j'étais descendu en février. Nous avons visité les ruines de l'ancien palais d'été (voir le 12 février), un peu plus agréable qu'en février, car les jardins sont fleuris, mais le temps était moins beau aujourd'hui.

Cet après-midi, nous avons visité l'église Saint-Joseph de Wangfujing. Une averse diluvienne s'est abattue sur la ville pendant un bon quart d'heure, puis le temps est redevenu magnifique et nous avons pu nous promener dans le parc Zhongshan, près de la Cité interdite que nous visiterons demain. En nous promenant dans de petites rues très animées proches de la rue Wangfujing, nous avons constaté que les scorpions vendus sur des baguettes y sont encore vivants !

Mercredi 19 mai

Nous avons visité la Cité interdite toute la matinée. C'est assez épuisant car le lieu est immense et qu'il y a un monde fou, mais les bâtiments sont magnifiques, surtout par beau temps comme aujourd'hui.

Après le déjeuner au KFC de la rue Wangfujing, nous avons retrouvé mon amie du Burundi pour visiter l'église du Saint-Sauveur, les tours de la cloche et du tambour et le lac Qianhai. Nous avons ensuite mangé du canard laqué dans un restaurant. C'était très bon et servi avec des petites crêpes et des lamelles de concombre.

Jeudi 20 mai

Ce matin, nous voulions aller à une section de la grande muraille appelée « Mutianyu ». Les renseignements trouvés sur Internet disent qu'il existe un bus municipal permettant de rejoindre ce lieu depuis le centre-ville en 1h30 sans changer de bus. Cependant, arrivés sur place, nous avons été assaillis par de nombreux chinois qui voulaient nous y emmener soit en taxi sans licence, soit en minibus, pour plusieurs centaines de Yuans alors que le bus municipal ne devait pas coûter plus de quelques dizaines de Yuans. De plus, tous ces gens nous ont assuré qu'il n'existait pas de bus pour cette destination. Sûrs de nos renseignements, nous avons suivi l'opposé de leurs conseils et nous avons bien trouvé l'arrêt de la ligne 936, mais nous sommes malheureusement arrivés trop tard pour le bus.

Nous avons donc décidé de reporter au lendemain notre visite et de nous rendre d'abord au Poly Art Museum où nous avons encore vu des bronzes et des statues de différentes dynasties puis sur le site olympique pour voir le « nid d'oiseau » et le « cube d'eau ».

Je me suis enfin rendu sur le campus de l'École Centrale de Pékin dans l'espoir de prendre le bâtiment en photo, mais malgré l'aide de plusieurs étudiants chinois très sympathiques, je suis arrivé trop tard et il faisait déjà trop nuit pour avoir une photo satisfaisante.

Bronze au Poly Art Museum Mes parents devant le « nid d'oiseau » sur le site olympique 2008

Vendredi 21 mai

Nous nous sommes levés tôt pour arriver à l'arrêt de bus 936 à 7h30 et être sûrs d'avoir une place dans le bus de 8h. Celui-ci est malheureusement arrivé à 8h55, visiblement après être tombé en panne ! Le voyage prévu pour durer 1h30 a duré plus de 2h30, car le bus s'arrêtait partout pour prendre des gens... Ça nous a coûté 16 Yuans par personne, bien moins cher que ce que réclamaient les faux taxis d'hier ! Nous sommes finalement arrivés sur les lieux où nous avons été assaillis par les vendeurs de souvenirs. Nous nous sommes promenés sur la muraille en y montant en téléphérique et en redescendant à pieds. Au total, nous avons payé 250 Yuans (téléphérique + entrées).

Nous avons repris le bus à 15h et nous sommes arrivés à Pékin à 18h, donc nous avons décidé d'aller directement à la gare, en passant par l'hôtel pour récupérer nos valises. On nous a fait monter dans le train 40 minutes avant le départ et nous avons partagé notre compartiment avec une petite fille chinoise très sage et sa tante.

Samedi 22 mai

Nous sommes arrivés à la gare de Shanghai à 7h30, en n'ayant pas trop mal dormi, malgré un bruit un peu trop élevé car des Chinois ont parlé fort dans le couloir pendant tout le début de la nuit... Nous avons visité le marché au thé de Tian Shan ce matin.

Cet après-midi, nous nous sommes promenés dans des rues typiques, un peu sales et très animées, avec des boutiques, des vendeurs ambulants, des ventes de fruits et de poissons presqu'à même le sol, etc. Ce genre de quartiers est progressivement remplacé par des immeubles modernes. Même si les conditions de vie y semblent difficiles, la ville perd un peu de son histoire et de son charme quand ils disparaissent...

Ce soir, dîner dans un restaurant où j'étais déjà allé avec mes collègues. Au menu : lotus nature, lotus fourré au riz sucré, maïs soufflé et bière Harbin. Que des bonnes choses !

Dimanche 23 mai

Après la messe francophone, nous nous sommes promenés dans le parc Fuxing, près de l'église Saint-Pierre, dans l'ancienne concession française. Ce parc a été créé en 1909 et était à l'origine réservé aux Français. Nous avons aussi marché dans le parc Zhongshan, près du SICCAS où de nombreux retraités faisaient voler des cerfs-volants et dansaient.

J'ai accompagné mes parents à l'aéroport de Pudong et je suis rentré en Maglev (train à lévitation magnétique). C'est un peu cher (50 Yuans), mais c'était le seul moyen de le photographier. Les affiches prétendent qu'il peut atteindre les 431 km/h, mais l'afficheur à bord n'est pas monté au-dessus de 301 km/h...

Le Maglev Le Maglev

Jeudi 27 mai

Ces derniers jours, la température est montée très haut (plus de 30°C), mais ça s'est à présent bien rafraîchi car il pleut !

Aujourd'hui, quatre de mes collègues célébraient l'obtention de leur diplôme (master pour les uns, doctorat pour les autres) et nous sommes donc tous allés au restaurant, accompagnés par plusieurs professeurs. Certains ont beaucoup bu, en particulier de l'alcool de riz à 52° ! Ils avaient apporté six bouteilles de 500 mL valant chacune 355 Yuans ! C'était un restaurant prestigieux, avec de la nourriture de qualité (soupes, diverses viandes dont du crapaud), malheureusement trop épicée. J'ai trinqué comme tout le monde avec les professeurs à l'alcool de riz puis je suis vite passé à la bière. Certains ont vraiment trop bus et étaient malades en sortant...

Samedi 29 mai

Le temps n'étant pas trop mauvais, je suis allé me promener à Pudong et je suis monté dans la Jin Mao Tower. Le bâtiment est situé au numéro 88 d'une rue et cela coûte 88 Yuans de monter au sommet, au 88è étage. Cependant, on peut monter gratuitement dans certains des étages inférieurs, ce que j'ai fait. La vue sur Shanghai n'est pas mal et on a accès à un salon luxueux au dessus duquel il y a un vide de 30 étages ! C'est très impressionnant.

Je suis ensuite allé dans les mêmes rues animées que samedi dernier, mais sans pluie cette fois-ci. On y est vraiment très dépaysé, surtout au milieu des marchés où les animaux (canards, poules, poissons, grenouilles et tortues) sont traités sans ménagement ! J'ai pu prendre de belles photos de l'église Saint-François-Xavier où j'ai rencontré Louis-Marie, un jeune français récemment arrivé que j'ai ensuite emmené à l'église Saint-Joseph. Nous avons pu discuter de nos points de vue religieux et c'était très intéressant ! Nous sommes aussi allés voir un lilong (quartier fermé traditionnel datant d'entre 1850 et 1950) que le livre Promenades au cœur de l'ancienne concession française conseillait, mais il était en complète rénovation et nous n'avons pas pu y entrer. J'ai peur que cette rénovation détruise l'aspect ancien et historique du lieu, car les lilongs restaurés que l'on peut voir dans d'autres quartiers ressemblent à de bêtes bâtiments modernes, au détail près qu'ils sont en briques.

Shanghai vu depuis la Jin Mao Tower Rue animée près de l'église Saint-François-Xavier Canards dans une bassine Vendeuse de poisson

Dimanche 30 mai

Après la messe francophone, je me suis rendu à la basilique de She Shan, qui a rouvert après d'importants travaux de restauration. J'espérais y retrouver l'étudiant que j'avais rencontré hier, mais nous ne nous sommes pas vus... J'ai pu visiter l'église et revisiter l'observatoire construit par les Jésuites. Il faisait un temps magnifique et le lieu est très calme, contrairement à mon open-space où l'on travaille vraiment dans de mauvaises conditions sonores...

Je suis ensuite allé me promener dans le parc Lu Xun, près du stade de Hongkou où avait lieu un match de football. De nombreuses personnes vendaient des billets à la sauvette tout autour du stade. Au vu des réactions des passants, ça devait être des contrefaçons ou des billets périmés !

Juin 2010

Mercredi 2 juin

Mon groupe de travail au SICCAS a été invité à un voyage à Nantong, une ville située un peu au nord de Shanghai, juste de l'autre côté du Yangzi Jiang. Nous sommes partis ce matin à 9h et avons traversé le Yangzi Jiang sur le pont de Sutong, le plus long pont à haubans au monde. Nous avons pris un bon déjeuner au restaurant avant de nous rendre à notre hôtel. La chambre était très grande, avec même une table et quatre chaises. J'ai suivi la moitié du groupe qui partait visiter le musée de Nantong pendant que mes collègues restaient à l'hôtel pour jouer aux cartes (quel intérêt ? Ils passent déjà la moitié de leurs soirées à jouer aux cartes, pas besoin de partir en voyage pour ça...). Le musée m'a un peu déçu. Il présente des objets, maquettes et animaux empaillés pour expliquer les spécificités de cette région. Malheureusement, certaines collections semblent dater de la création du musée (1905), et ça fait un peu vieillot ! Pour les objets vraiment anciens, il y a bien une description (« bronze » pour un bronze, « carved stone » pour une pierre gravée, etc. donc extrêmement minimaliste) mais qui n'inclut même pas l'âge de l'objet où l'époque dont il provient...

Nous avons ensuite tous dîné au restaurant et j'étais à la table des professeurs et de leurs épouses ! Nous avons bien trinqué, avec de la bière et pas d'alcool fort. Nous avons enfin fait une promenade nocturne en bateau sur le canal qui entoure la ville. Le guide municipal a donné beaucoup d'explications, mais évidemment, tout en chinois !

Repas au restaurant La chambre d'hôtel Nantong, de nuit

Jeudi 3 juin

Le programme de la matinée était de monter à une colline où se trouve un temple bouddhiste et sa pagode. Nous avons pu y admirer une belle vue sur le Yangzi Jiang, large comme une mer à cet endroit puis nous promener dans les jardins avant de rentrer à Shanghai.

Le groupe comprenait cinq enfants de quatre ans, très mignons mais parfaitement insupportables ! Ils se sont mis à hurler dans le hall de l'hôtel pour voir lequel allait faire le plus de bruit ! Les employées étaient catastrophées et leur lançaient des regards noirs mais ne sont pas intervenues. Les parents (mes professeurs et leurs collègues) regardaient simplement leurs enfants en souriant et en attendant qu'ils s'arrêtent !

Vue du Yangzi Jiang Les participants au voyage

Samedi 5 juin

Louis-Marie et moi avons passé la journée à Hangzhou. J'ai dû me lever à 5h du matin pour que nous prenions le train rapide de 7h10 (54 Yuans). Nous avons commencé par visiter la cathédrale, mais il nous a fallu près de trois heures et 8 km de marche pour la trouver, en demandant à de très nombreuses personnes (en chinois et en anglais). Les indications données par Google Maps étaient très insuffisantes et l'édifice se trouvait bien plus au nord que ce que nous avions prévu.

Nous avons ensuite fait un tour presque complet du lac de l'Ouest où des étudiants chinois nous ont abordé pour nous poser des questions. Ils prétendaient étudier l'anglais pour devenir interprètes, ce qui nous a semblé douteux vu leur niveau d'anglais... D'après la nature de leurs questions (dans quel hôtel logeons-nous ? que pensons-nous des aménagements ? qu'avons-nous pensé de la gare ?), il s'agirait plutôt de jeunes payés par le gouvernement pour questionner les touristes. Ils ont tenu à enregistrer notre conversation avec un téléphone portable et, sachant cela, nous n'avons bien sûr pas donné d'opinion négative...

Nous sommes montés dans la pagode Leifeng (40 Yuans), d'où l'on a une très belle vue sur le lac de l'Ouest et les collines environnantes. Nous avons visité le musée de la soie, assez complet et j'ai même pu voir des vers à soie vivants, de tout près (énormes) ! Nous avons continué à marcher jusqu'au fleuve Qiantang avant de rentrer, fatigués, à la gare. Nous avons marché plus de 12 km autour du lac de l'Ouest jusqu'au fleuve donc plus de 20 km dans la journée !

Le lac de l'Ouest vu de la pagode Leifeng Jardiniers dans un parc

Dimanche 6 juin

Après la messe francophone, je suis allé à Saizeriya, une chaîne japonaise de restaurants italiens que Louis-Marie m'a fait découvrir. On peut, pour 25 Yuans, y manger une pizza accompagnée de boissons à volonté (Coca, autres sodas, café, thé et même milk tea et chocolat chaud !) ! Il y en a plusieurs à Shanghai dont un très près du SICCAS !

Cet après-midi, j'ai visité le jardin Yu (40 Yuans), qui ressemble assez à ceux de Suzhou, avec ses bassins, salles et pavillons. J'ai pu suivre la visite avec un groupe de Français et discuter un peu avec eux. Leur guide chinois parlait très bien français (il a vécu en France), mais a plus parlé de botanique que de l'histoire du jardin...

J'ai dîné à Saizeriya, avec, cette fois-ci, spaghetti carbonara et boissons à volonté pour 16 Yuans !

Le jardin Yu Le jardin Yu

Jeudi 10 juin

Mercredi prochain, le 16 juin, c'est la fête des bateaux-dragons. Le gouvernement accorde trois jours de congés, lundi, mardi et mercredi, mais en compensation... on doit travailler samedi et dimanche prochain ! Pas de problème pour moi, si ce n'est qu'on ne me l'a dit qu'aujourd'hui et encore, parce que j'ai posé la question ! J'ai bien fait de ne pas acheter aujourd'hui mes billets pour aller samedi à Nankin... J'irai finalement mardi.

Un petit article en anglais en passant : ici : certains Américains commencent à s'inquiéter de leur retard en ce qui concerne le transport ferroviaire. Les États-Unis investissent en ce moment 13 milliards de dollars dans ce domaine, pendant que la Chine a prévu d'en dépenser 1000 milliards d'ici 2020... Le nouveau train à grande vitesse chinois ira à 380 km/h et reliera Shanghai à Pékin en 4 heures contre 10h actuellement.

Vendredi 11 juin

Le SICCAS a installé un écran plat assez grand dans la salle de sport et j'ai pu regarder ce soir la cérémonie d'ouverture de la coupe du monde de football. La qualité de l'image est décevante, sans doute à cause d'une mauvaise réception (ce n'est pas de la TNT !). Nous n'étions que 6 pour voir la cérémonie, alors qu'il y a 630 personnes qui travaillent sur le site... La cérémonie n'a duré que 40 minutes, l'heure suivante étant occupée par des danses sur le thème de la coupe du monde, mais filmées à Pékin et à la présentation des équipes. Pour le match Afrique du Sud - Mexique, nous étions une vingtaine. Les chinois crient quand il y a de l'action, mais sans plus. C'est équivalent à l'animation qu'il y a quand des matches de basket sont rentransmis le midi à la cantine du SICCAS.

Le match France-Uruguay est à 2h30 du matin... Je vais essayer de le voir quand même !

Lundi 14 juin

J'ai profité de mon premier jour de congé pour aller me promener dans Shanghai. Malheureusement, depuis une bonne semaine, le temps est très étrange : le ciel est blanc et très lumineux, mais la visibilité très mauvaise. Ce n'est pas vraiment comme du brouillard, ni comme de la pollution, mais c'est sans doute un mélange des deux... Aujourd'hui, ça a évolué en pluie et j'ai écourté ma promenade.

Mardi 15 juin

J'ai passé ma journée à Nankin. La ville se situe à environ 300 km au Nord-Ouest de Shanghai et il faut 2h30 pour y aller en train rapide (93 Yuans l'aller simple). La ville est construite autour de deux lacs et au pied de la montagne pourpre. J'ai pu me promener longuement à pieds et voir la cathédrale et les anciens remparts de la ville. Les rues sont moins présentables qu'à Shanghai : ça a l'air moins développé, au moins dans les endroits du centre-ville que j'ai vus. Les Chinois pêchaient dans le fleuve malgré la pollution apparente mais il y avait aussi quelques petits hérons qui guettaient le poisson, en centre-ville !

Le temps était aussi bouché qu'à Shanghai, avec une température de plus de 30°C mais sans pluie. Malgré la luminosité éblouissante, il on ne pouvait que deviner les gratte-ciels de l'autre côté du lac... Je suis passé devant le restaurant Gourmet Mansion, très original puisque les tables sont situées dans des wagons de trains, eux-mêmes à l'intérieur du bâtiment. Devant le bâtiment, une locomotive à vapeur fraîchement repeinte est exposée et j'ai pu monter dessus et prendre de nombreuses photos !

Enfin, je suis monté à la montagne pourpre, en accès libre. J'étais déçu, je n'ai pas pu voir la ville du haut de la montagne, tellement l'atmosphère était épaisse... J'ai bien failli rater mon train, car je suis arrivé tard en haut de la montagne, mais cela ne m'inquiétait pas, puisque je comptais prendre le téléphérique pour redescendre. Mais étrangement, lorsque j'ai voulu acheter un billet pour utiliser ce téléphérique, on m'a répondu catégoriquement que c'était trop tard car il venait de fermer, alors qu'il était encore en train de fonctionner... J'ai finalement redescendu la montagne à toute vitesse (1h contre 2h30 pour monter) et quand je suis arrivé en bas, le téléphérique fonctionnait toujours (à vide)...

Il est possible que je retourne dans cette ville samedi 26 pour terminer ma visite.

L'atmosphère de Nankin près du lac Locomotive à vapeur à Nankin

Mercredi 16 juin

Ce matin, Louis-Marie et trois de ses collègues m'ont accompagné à Zhujiajiao, une ville d'eau située à une centaine de kilomètres à l'Ouest de Shanghai. Le lieu est très agréable et bien plus vaste que Qibao, même s'il est tout aussi touristique, avec des dizaines de boutiques et bondé (beaucoup de chinois, mais également un grand nombre d'étrangers, dont des Français). Nous nous sommes promenés le long des canaux et dans les petites rues commerçantes et avons négocié divers objets avec plus ou moins de succès !

L'après-midi, je suis allé avec Louis-Marie au Century Park où nous espérions faire du pédalo sur le lac. Malheureusement, il n'y avait que des bateaux à moteur électrique et tous particulièrement lents. Nous en avons loué un (40 Yuans de l'heure) mais avec regrets...

Canal à Zhujiajiao Bateaux sur le lac de Century Park

Lundi 21 juin

J'ai rendu mon rapport final au professeur Wang vendredi soir et j'ai donc pu obtenir l'autorisation d'aller à l'Exposition universelle aujourd'hui. C'est la fête de la musique, présidée par la France et j'espérais donc assister à des manifestations particulières. Première bonne nouvelle : j'ai pu bénéficier du tarif étudiant avec ma carte de Centrale Lille et payer 100 Yuans au lieu de 160 ! Il y avait évidemment un monde fou et comme il faisait très chaud (pas loin de 35°C), c'était assez pénible de faire la queue en plein soleil...

J'ai donc passé pas mal de temps à me promener entre les pavillons et je n'ai visité que ceux où j'estimais l'attente raisonnable : Argentine et Brésil (un peu décevants, relativement peu de choses à voir et presque tout sur des écrans...), Mexique (déjà plus de vrais objets, notamment une baleine et un bateau faits en cristaux de sel et divers objets d'art, précolombiens et plus récents dont une toile de Frida Khalo), Chili (assez impressionnant au point de vue de l'architecture, avec des grandes formes ovoïdes en bois), Nouvelle-Zélande (moyen, présente la vie dans une mégalopole occidentale), Pacifique (avec des danseuses vahinés ; tout semble basé sur le tourisme et certains pays invitent explicitement à faire des investissements chez eux), Corée du Nord (pour voir à quoi ça peut ressembler ! Assez étonnant : il n'y a presque rien dans le pavillon à part une jolie fontaine représentant des enfants et une colombe, trois vases peut-être anciens et quelques vidéos qui cherchent à justifier que les gens sont heureux dans ce « paradis pour le peuple » ! Sans commentaire !) et Grèce (très peu de choses, presque que des écrans...).

Enfin, j'ai vue le pavillon espagnol et j'ai été extrêmement impressionné : non-seulement il est exceptionnel extérieurement (structure tubulaire recouverte de sortes de feuilles tressées) mais le contenu, divisé en trois salles, est particulièrement réussi. La première salle est un immense tunnel dont les murs forment un écran sur lequel sont projetées les images. Je pense que c'est l'histoire ancienne de l'Espagne qui est représentée, de la naissance du monde (orage, océan), de la vie (os qui descendent du plafond !), conquête arabe (mosquée de Grenade), Reconquista (troupeau de chevaux), ère chrétienne (encensoir qui parcourt les murs), le tout accompagné par une vraie danseuse, qui fait sensation (à raison) auprès des Chinois ! La deuxième salle montre l'évolution de la société dans les deux derniers siècles à travers l'évolution technologique de diverses inventions (train, cinéma...) et du commerce, de la mode, etc. Les écrans sont soit très longs soit très hauts, disposés d'une manière qui fait qu'on ne les voit pas tous en même temps, mais les objets (train, etc.) passent d'un écran à l'autre et se superposent entre les époques. Impressionnant ! Enfin, la dernière salle représente le futur, avec une maquette de bébé géante (assis, environ 5 mètres de haut) qui tourne la tête, ouvre et ferme les yeux, change d'expression et, je crois, réagit à la direction du bruit ambiant ! Les écrans situés autour présentent des petites animations où ce bébé est mis dans diverses situations (école, environnement...) qui montrent que l'Espagne investit avec succès dans son avenir. Bluffant ! Les Chinois semblent adorer (il faut dire qu'ils sont fascinés par les bébés européens quand ils en voient, alors un géant !). Du coup, le pavillon français me paraît bien décevant en comparaison... Il montre quelques aspects de la France, mais sans réel caractère innovant et sans rien montrer de vraiment inédit...

Quelques points négatifs sur l'Expo : d'abord, je trouve qu'il est très difficile de trouver un renseignement. En effet, les « points informations » signalés sur le plan correspondent juste à des écrans qui diffusent la même information en boucle. Quand on a une question précise, on aimerait bien avoir un interlocuteur... Il m'a été impossible d'obtenir le planning de la journée de la fête de la musique et je n'ai donc vu aucune manifestation particulière, à part un groupe (chinois !) qui jouait du djembé devant le pavillon français... J'espérais assister à un concert et aucun des 8 responsables à qui j'ai demandé n'était au courant ! Il m'a fallu deux heures pour apprendre que le concert n'était pas sur le site de l'Expo mais dans Shanghai. Si j'avais eu le programme, je l'aurais sur tout de suite... Enfin, la plupart des pavillons ouvrent jusqu'à 22h, mais les vendeurs de Coca et de pain s'arrêtent tous à 20h... J'ai marché pendant 12h d'affilée presque sans m'arrêter et je pensais avoir le droit de dîner... Eh non ! Sauf dans les restaurants qui sont bien plus chers...

Chinois faisant tamponner son passeport Chanteur du Pacifique
Danseuse dans le pavillon espagnol Bébé géant dans le pavillon espagnol

Mardi 22 juin

J'ai négocié une contrefaçon d'iPhone pour un ami dans un « fake market ». Prix de départ : 1200 Yuans pour un modèle 3G avec le wifi, 900 Yuans prix d'ami. Nous avons longuement négocié pour l'emporter à 350 Yuans seulement. L'appareil ressemble beaucoup à un iPhone, avec un écran tactile et des icônes de menu comme sur l'iPhone et le wifi fonctionne bien. Malheureusement, les logiciels sont très différents : impossible de lancer Safari, il est remplacé par une version bêta d'Opera Mini, simplement préinstallée. Il faut finir l'installation soi-même par wifi. Les autres logiciels ont des traductions mal faites en français et ne sont pas très convaincants voire même inutiles pour la plupart (jeux, animations)... Mais le problème le plus grave reste le stockage : au lieu des 32 Go annoncés, le téléphone n'a que 29 Mo de mémoire et encore, occupés à 90 % par les logiciels ! Il ne reste que quelques centaines de kilo-octets pour stocker les photos de piètre qualité prises par l'un des deux capteurs (9 Ko la photo !). Heureusement, il est possible d'ajouter une carte micro-SD à l'intérieur. Petit détail amusant : au dos de l'appareil, la pomme est légèrement différente du logo d'Apple et il n'est pas écrit « iPhone » mais simplement « Phone » en dessous.

Si quelqu'un souhaite en acheter (ce qui n'est pas mon cas, je préfère mettre ces 35€ dans du matériel de qualité avec une garantie), il faut faire attention au fait qu'il existe différents modèles, certains avec wifi et certains sans, et même d'autres avec un récepteur TV ! La capacité de stockage réelle peut être vérifiée dans une des icônes du menu (« Documents », il me semble) avant l'achat...

Vendredi 25 juin

Un collègue m'a prévenu mercredi que le professeur Wang voulait que je fasse une présentation de mon travail devant mes collègues. J'ai donc passé mes deux derniers jours à préparer ce rapport. Mes collègues et le professeur Wang se sont déclarés très satisfaits de mon travail. En effet, même si mes recherches n'ont donné aucun résultat positif (toutes les expériences se sont soldées par des échecs, car le matériau refuse obstinément de cristalliser), j'ai bien respecté le processus scientifique, ce qui fait que le collègue qui reprendra le travail pour des études complémentaires gagnera énormément de temps (8 mois) en ne refaisant pas les mêmes expériences, dont on connaît à présent les résultats.

Samedi 26 juin

J'ai passé la journée à Nankin avec Louis-Marie. Le temps était plus dégagé que la dernière fois. Nous avons visité la porte de Chine, une structure fortifiée appartenant aux remparts de la ville, qui datent de la dynastie Ming. Nous avons ensuite visité la tour du tambour et celle de la cloche avant d'aller voir le tombeau Ming sur la montagne pourpre. C'est assez bizarre car ce tombeau est fait en béton, un peu comme un bunker de la seconde guerre mondiale... rien de bien traditionnel et aucune explication en anglais...

Mieux vaut ne pas se perdre ! Le tombeau Ming

Dimanche 27 juin

La messe francophone (la dernière de l'année scolaire) s'est terminée par un verre de l'amitié où les familles qui rentrent en France (et moi !) ont fait leurs adieux à celles qui restent. Je suis ensuite allé faire du dépannage informatique chez un couple français et ses deux enfants avec qui j'ai même joué au Monopoly !

Mardi 29 juin

Je suis sur le point de partir : la valise est faite et pesée (26 kg réduits à 23 pour 20 maximum ! J'espère que ça passera !), les cartes de transport et de cantine rendues ainsi que les clés, la carte bancaire ICBC détruite... Je ne suis pas fâché de rentrer, car mon travail est bel et bien terminé ainsi que mes visites de la ville et des environs. Il pleut depuis environ une semaine et il fait très chaud (plus de 30°C)...

Mercredi 30 juin

Je suis bien rentré ! Seul point noir : j'ai perdu mes clés, sans doute dans le bus pour l'aéroport !

© 2008-2018 Pierre-Yves Guerder